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Poésie

Articles Tagués ‘s’enfuir’

On y pense (Benoit Gastou)

Publié par arbrealettres le 15 mai 2013



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (37)

On y pense

On y pense tous mais on ne fait rien
Jamais le temps, toujours le retard
L’excuse se défile et le pardon s’enfuit
Des envies qui devancent nos regrets
En pleurs aisés trop vite séchés
J’y pense, tu y penses, tout le monde y pense
Je ne fais rien, tu ne fais rien, personne ne fait rien
On laisse comme ça et on ne change pas
Reste là.

(Benoit Gastou)

Découvert ici: ailleurssijysuis.wordpress.com

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

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Bagarre (Célie Diaquoi-Deslandes)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



 

palmiers

Bagarre

La lune se cache
Le visage couvert de balafres
Derrière le palmiste irrité
Des chevaux de nuage
S’enfuient effrayés
Sous le fouet de la pluie

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration

 

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La lune est au ciel (Anna Akhmatova)

Publié par arbrealettres le 6 avril 2013




La lune est au ciel, à peine vivante,
Parmi des nuages petits qui s’enfuient,
Au palais une sentinelle farouche
Regarde, irritée, l’horloge de la tour.

La femme infidèle rentre chez elle,
Son visage est pensif et sévère,
Mais dans l’étroite étreinte du rêve,
La femme fidèle brûle d’un feu violent.

Que m’importe? Il y a sept jours,
En soupirant, j’ai dit adieu au monde.
Mais on respire mal, et je me suis glissée dans le jardin
Pour voir les étoiles et toucher la lyre.

(Anna Akhmatova)

 

 

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OÙ (Gilles Vigneault)

Publié par arbrealettres le 3 avril 2013



 

Où sont donc les couleurs
Que mon oeil connaissait
L’herbe était verte
Le ciel gris
Un oiseau noir passait
Rasant la terre
Ce n’est pas une hirondelle
La pluie les parapluies
Ce n’est pas le merle
Qui siffle à tout propos
Ce n’est pas un étourneau
Pilleur et vite envolé
Un oiseau noir passait
Où donc est la chanson
Que je voyais venir
Grise comme patience
Lente comme le temps
Monotone et riante
Silencieuse et belle
Une chanson d’amour
De tendresse peut-être
Douce aussi

Où sont donc mes projets
D’où vient qu’un nom m’échappe
Et que je me taise
Soudain
D’où vient que je ne trouve plus
Le nom de cet oiseau
Le chant de ma chanson

Les mots d’amour
S’enfuient comme des étourneaux
L’herbe est pâle
L’été vient
Le ciel est traversé d’orages
Les couleurs elles-mêmes
Où sont les couleurs…
Les mots du langage…
Où êtes-vous…

(Gilles Vigneault)

 

 

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La Quenouille (Victor Hugo)

Publié par arbrealettres le 31 mars 2013




La Quenouille

L’enfant, voyant l’aïeule à filer occupée,
Veut faire une quenouille à sa grande poupée
L’aïeule s’assoupit un peu ; c’est le moment,
L’enfant vient par derrière, et tire doucement
Un brin de la quenouille où le fuseau tournoie
Puis s’enfuit triomphante, emportant avec joie
La belle laine d’or que le safran jaunit,
Autant qu’en pourrait prendre un oiseau pour son nid.

(Victor Hugo)

Illustration

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A l’antre du Réel (Bernard Pozier)

Publié par arbrealettres le 21 mars 2013



Entre les mots
écrits et tus
le temps

Entre la parole
et l’ombre de son retour
le blanc

Entre le senti
et le son de son oubli
le sens

Entre l’autre
et l’un unis
les corps

Entre l’âme
et l’autre
le coeur encore

Entre le réel
et son envers inouï
l’étrange

Entre ici et là
l’ailleurs de l’être
arrête

Entre jadis et demain
le pouls de vivre
déjà s’enfuit

(Bernard Pozier)

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Chanson de l’oiseleur (Jacques Prévert)

Publié par arbrealettres le 3 mars 2013



L’oiseau qui vole si doucement
L’oiseau rouge et tiède comme le sang
L’oiseau si tendre l’oiseau moqueur
L’oiseau qui soudain prend peur
L’oiseau qui soudain se cogne
L’oiseau qui voudrait s’enfuir
L’oiseau seul et affolé
L’oiseau qui voudrait vivre
L’oiseau qui voudrait chanter
L’oiseau qui voudrait crier
L’oiseau rouge et tiède comme le sang
L’oiseau qui vole si doucement
C’est ton coeur jolie enfant
Ton coeur qui bat de l’aile si tristement
Contre ton sein si dur si blanc.

(Jacques Prévert)


Illustration

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FRUITS ET LEGUMES (Umberto Saba)

Publié par arbrealettres le 22 janvier 2013



 

épicerie

FRUITS ET LEGUMES

Légumes, fruits, couleurs de la belle
saison. Quelques corbeilles où pour la soif
se laissent voir de douces pulpes crues.

Entre un enfant aux jambes nues,
impérieux, il s’enfuit.

L’humble échoppe
s’assombrit, elle vieillit comme
une mère.

Dehors, lui, au soleil
il s’éloigne, suivi de son ombre, léger.

(Umberto Saba)

Illustration: Alain Gaudin

 

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Je vous lâche (Balbino)

Publié par arbrealettres le 13 janvier 2013


 


 

fenetre -1

Je vous lâche

Je vous lâche
vous serez courageux.
Pour s’enfuir
il faut
être deux.
J’étais
seul.

Je suis sorti
pour
mes dernières courses.
Label 5
cigarettes
légères.
Il faisait beau
un enfant courait
rien n’aurait pu
l’arrêter.

La caissière
m’a regardé
derrière ses chiffres.
J’ai voulu
lui laisser
la monnaie.

J’ai ouvert la fenêtre
aérer
pour toujours
cette unique pièce

nous fumions
ensemble.

(Balbino)

 

 

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Sur le Balcon (Verlaine)

Publié par arbrealettres le 19 novembre 2012



Toutes deux regardaient s’enfuir les hirondelles :
L’une pâle aux cheveux de jais, et l’autre blonde
Et rose, et leurs peignoirs légers de vieille blonde
Vaguement serpentaient, nuages, autour d’elles.

Et toutes deux, avec des langueurs d’asphodèles,
Tandis qu’au ciel montait la lune molle et ronde,
Savouraient à longs traits l’émotion profonde
Du soir et le bonheur triste des cœurs fidèles.

Telles, leurs bras pressant, moites, leurs tailles souples,
Couple étrange qui prend pitié des autres couples,
Telles, sur le balcon, rêvaient les jeunes femmes.

Derrière elles, au fond du retrait riche et sombre,
Emphatique comme un trône de mélodrame
Et plein d’odeurs, le Lit, défait, s’ouvrait dans l’ombre.

(Verlaine)

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