Articles Tagués ‘silence’
Publié par arbrealettres le 25 mai 2013

A la Rochecourbière
L’air écoute:
Nul bruit ne l’amuse.
Un soleil blanchi
Sur un ciel dénudé.
La distance fait
Trembler les champs.
Nous marchons sur un sol
Sec, et percevons
Ou croyons percevoir
La voix des pierres:
Silence des oiseaux.
***
At La Rochecourbière
An alertness of air
No sound impedes.
A whitened sun
On the naked sky.
Distance disturbs
Trembling fields.
We step on the dry
Earth an hear
Or strain to hear
The voice of stone,
The silence of birds.
(Michael Edwards)
Publié dans poésie | Tagué: (Michael Edwards), air, alertness, écouter, bird, blanchi, distance, disturb, hear, impede, marcher, naked, oiseau, percevoir, pierre, sec, silence, sky, sol, soleil, sound, starin, stone, sun, trembling, voice, voix, whitened | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 24 mai 2013
Evanescence noisette. Un filet d’eau dans la gouttière.
Lumière athlétique de la mer sur le seuil de la pierre,
Sur la mer aussi, et sur le calme des pignons et des toits.
Lucarnes blanchies. Haies brûlantes comme l’âtre.
Chaises à quatre pattes. Un dressoir garni sous l’épart.
Poésie fossile de la plaque et de l’ardoise.
Le désir en ses douves, somnolent, tranquille -
Pareil au cormoran repu sur le rocher de midi,
Exilé, accordé au grand scintillement.
Entre à nouveau dans tout cela, adulte de la solitude,
Passeur du silence, présence précise
Que tu avais sentie se dérober la première fois.
***
Hazel stealth. A trickle in the culvert.
Athletic sealight on the doorstep slab,
On the sea itself, on silent roofs and gables.
Whitewashed suntraps. Hedges hot as chimneys.
Chairs on all fours. A plate-rack braced and laden.
The fossil poetry of hob and slate.
Desire within its moat, dozing at ease –
Like a gorged cormorant on the rock at noon,
Exiled and in tune with the big glitter.
Re-enter this as the adult of solitude,
The silence-forder and the definite
Presence you sensed withdrawing first time round.
(Seamus Heaney)
Publié dans poésie | Tagué: (Seamus Heaney), ardoise, évanescence, cormoran, désir, eau, exilé, filet, fossile, lucarne, lumière, mer, noisette, pierre, poésie, repu, se dérober, silence, solitude, somnolent, toit | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 24 mai 2013
Résignation
Parasite insensé d’une obscure planète,
Dans l’infini tonnant d’éternelles clameurs,
Sur un point inconnu j’apparais et je meurs,
Et je veux qu’aussitôt tout le sache, et s’arrête!
Je veux que pour un cri perdu dans la tempête
Les océans soudain sèchent leurs flots hurleurs,
Et que pour apporter sur ma tombe des fleurs,
Les soleils en troupeaux accourent de leur Fête!
Pauvre coeur insensé! brise-toi, tu n’es rien.
Et bien d’autres sont morts dont le coeur fut le tien,
Et la terre elle-même ira dans le silence.
Tout est dur et sans coeur et plus puissant que toi.
Souffre, aime, attends toujours et [ ....... ] danse
Sans même demander l’universel Pourquoi.
(Jules Laforgue)
Illustration: William Blake
Publié dans poésie | Tagué: océan, fleur, aimer, toujours, puissant, cri, mort, souffrir, perdu, attendre, infini, éternelle, silence, briser, obscure, tombe, pourquoi, accourir, clameur, universel, insensé, tempête, planète, troupeaux, flots, résignation, (Jules Laforgue), hurleur, parasite | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 24 mai 2013
Résignation
Parasite insensé d’une obscure planète,
Dans l’infini tonnant d’éternelles clameurs,
Sur un point inconnu j’apparais et je meurs,
Et je veux qu’aussitôt tout le sache, et s’arrête!
Je veux que pour un cri perdu dans la tempête
Les océans soudain sèchent leurs flots hurleurs,
Et que pour apporter sur ma tombe des fleurs,
Les soleils en troupeaux accourent de leur Fête!
Pauvre coeur insensé! brise-toi, tu n’es rien.
Et bien d’autres sont morts dont le cœur fut le tien,
Et la terre elle-même ira dans le silence.
Tout est dur et sans coeur et plus puissant que toi.
Souffre, aime, attends toujours et danse
Sans même demander l’universel Pourquoi.
(Jules Laforgue)
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Jules Laforgue), aimer, apparaître, éternelle, clameur, coeur, cri, danser, hurleur, insensé, mourir, obscure, océan, parasite, planète, pourquoi, puissant, résignation, s'arrêter, silence, soleil, tempête, tombe, universel | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Il savait des choses dont la nuit seule apprivoise le langage
et il les semait dans sa nation attentive silencieuse
hâve occulte qui était son raisin et sa farine
Et ces choses étaient l’orange juteuse pour l’heure
jachère pour la clameur de la gorge taciturne
et pour la soif de sa nation qui le voulait homme roi
Le laurier de longue verdeur ne frémissait pas de sa connaissance
et de sa requête debout et de son geste multitude et immobilité
Quand la mémoire l’avait rejeté ce qu’il savait demeurait
Et il le savait dans sa peau et devant sa peau
Il le savait à mesure de l’ignorance
Et cela prenait coeur dans son silence
comme une goutte ailée de miel
pour se poser sur la bouche épouse
(Guy Lévis Mano)
Illustration: Dennis Wojtkiewicz
Publié dans poésie | Tagué: (Guy Lévis Mano), ailée, apprivoiser, attentive, épouse, bouche, clameur, coeur, debout, demeurer, farine, geste, gorge, goutte, immobilité, jachère, langage, laurier, mesure, miel, multitude, nuit, occulté, orange, peau, poser, prendre, raisin, savoir, semer, silence, soif, taciturne | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Il avait ressuscité l’homme. Il marchait à sa droite.
La parole de l’homme était trop haute et trop basse, avec de larges paliers de silence.
Alors il marcha à sa gauche. Et vit que la joue gauche de l’homme était couleur de terre.
Il se dit : il était temps. Encore un peu et la terre eût plaqué sur tout le corps sa teinte.
Il ne faut pas laisser le temps à la terre. Cet homme va toujours traîner un peu de mort sur lui…
(Guy Lévis Mano)
Illustration: Otto Dix
Publié dans poésie | Tagué: (Guy Lévis Mano), basse, corps, droite, gauche, homme, joue, marcher, mort, palier, parole, ressusciter, silence, teinte, temps, terre, traîner | 1 commentaire »
Publié par arbrealettres le 20 mai 2013

Si nous avions une vision et un sentiment aigus de toute la vie humaine ordinaire,
cela équivaudrait à entendre l’herbe pousser
et le coeur de l’écureuil battre,
et alors, nous mourrions de cette clameur
située de l’autre côté du silence.
Les choses étant ce qu’elle sont,
les plus rapides d’entre nous circulent bien emmitouflés
dans une épaisse couche de stupidité.
(George Eliot)
Illustration: ArbreaPhotos
Publié dans méditations | Tagué: (George Eliot), aigu, écureuil, battre, circuler, clameur, coeur, emmitouflé, herbe, mourir, ordinaire, pousser, rapide, sentiment, silence, stupidité, vie, vision | 3 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Analogiste précis
l’imaginaire fut pris.
Antinomie de l’espace
tu regardes par contraste
la distance était le but :
le futur ne revint plus
Mes chants seront de forêt
et de mer qui reste à boire,
mes chants seront de mémoire
de bateaux et leurs agrès.
L’homme entre les deux silences
aura des mots pour l’oiseau,
j’aurai des chants de conscience
qui ne parlent pas très haut,
vole, vole ma parole
et disparaisse sans bruit
dans le monde de l’esprit
qui la couvre bénévole.
Où donc le regard fuit-il
captant l’objet d’avant dire ?
L’image d’un trait subtil
dicte ce qu’il faut écrire.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu
Publié dans poésie, méditations | Tagué: (Georges Libbrecht), agrès, analogiste, écrire, bénévole, boire, but, capter, chant, conscience, contraste, dicter, dire, disparaître, distance, espace, esprit, forêt, image, imaginaire, mer, monde, parler, regarder, reste, revenir, silence, subtil | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Franchissons la Grande Horizontale et brisons la carapace.
Ô grâce, guide le voyage démesuré dans le labial des roses.
Eclair de ne pas être, incendie le phosphore des fosses nasales et
fonds peines et joies en de fins alliages.
Grand salut, mes aïeux, pour ces dahlias blancs, vos zones de silence
et le sommeil léger de votre éternité.
Grand salut, Terre-matrice avec tes seins, les clochers, jusqu’au
langage élargissant toutes les âmes en un Seul Dieu.
Epoque délirante, entends les accords volcaniques
(Georges Libbrecht)
Illustration
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), aïeux, accord, alliage, éclair, époque, briser, carapace, clocher, Dieu, entendre, franchir, grâce, horizontal, incendie, langage, phosphore, rose, salut, sein, silence, terre, volcanique, voyage, zone | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Et je force, je creuse
Vers plus de silence
Vers le grand
Le Total silence en ma vie
Où le monde
Je l’espère
Me révèlera quelque chose de lui…
(Guillevic)
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Guillevic), creuser, forcer, monde, révéler, silence, total | 12 Commentaires »