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Poésie

Articles Tagués ‘s’immobiliser’

Ouvrir les mains (Roberto Juarroz)

Publié par arbrealettres le 1 avril 2013



Il ne suffit pas de lever les mains,
Ni de les abaisser
ou de dissimuler ces deux gestes
sous les embarras intermédiaires.

Aucun geste n’est suffisant,
même s’il s’immobilise comme un défi.

Reste une seule solution possible:
ouvrir les mains
comme si elles étaient des feuilles.

(Roberto Juarroz)

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S’immobiliser. Entrer dans la lenteur des choses (Jacques Ancet)

Publié par arbrealettres le 2 février 2013



 

Carl Larsson when-the-children-have-gone-to-bed(1)

S’immobiliser. Entrer dans la lenteur des choses,
disait-il. Perdre la voix et ce qui va avec.
Convoquer les ombres pour en tirer une lumière.
Peu importe ce qu’elle révèle. L’important
tient dans ce presque rien — un silence, un bruit de pages
et, de l’un à l’autre, la navette du désir

(Jacques Ancet)

Illustration: Carl Larsson

 

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On le prend sur le fait, le changement ruisselant des humeurs (Henri Michaux)

Publié par arbrealettres le 7 octobre 2012



 

On le prend sur le fait, le changement ruisselant des humeurs.
Tout à coup, la joie est là, révélée, avant qu’on ne l’ait sentie.
Il ne faut plus que la reconnaître. Mais quelques minutes plus tard,
sans se briser, elle ralentit, s’immobilise en quelque embrouillamini,
où elle trouve une attache forte et dont elle ne peut se défaire,
rôdant autour sans profit.
[...]
Lentement, une mélancolie, traversant une mélancolie, rencontre
plus loin une mélancolie qui se fond et se rallonge en une nouvelle mélancolie.
Les chars sont embourbés. Tout afflige. Tout « repousse ».
Mélancolie ne désemplit plus.

(Henri Michaux)

Découvert chez Lara ici

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Il ne suffit pas (Roberto Juarroz)

Publié par arbrealettres le 10 août 2012



Il ne suffit pas de lever les mains
Ni de les abaisser
ou de dissimuler ces deux gestes
sous les embarras intermédiaires..

Aucun geste n’est suffisant,
même s’il s’immobilise comme un défi.

Reste une seule solution possible :
ouvrir les mains
comme si elles étaient des feuilles.

(Roberto Juarroz)

 

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Vieille boîte à conserves (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 2 janvier 2012



 

vieille boîte à conserves
qui plusieurs secondes roula son vide froid
chancela sur elle-même puis s’immobilisa
sous le ciel émaillé d’étoiles.

(Jean Follain)

 

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LE VOYAGE (Tomas Tranströmer)

Publié par arbrealettres le 29 décembre 2011




LE VOYAGE

Dans la station de métro.
Le coude à coude entre les affiches
dans une lumière morte au regard égaré.

Le train arriva pour emmener
les visages et les porte-documents.

À la prochaine, l’obscurité. Nous étions assis
comme des statues dans ces voitures
qui dérapaient dans les cavernes.
Contraintes, rêveries, servitudes.

On vendait les nouvelles de la nuit
aux arrêts situés sous le niveau de la mer.
Les gens étaient en mouvement, chagrins et
taciturnes sous le cadran des horloges.

Le train transportait
les pardessus et les âmes.

Dans tous les sens, des regards
lors du voyage dans la montagne.
Et nul changement en vue.

Près de la surface pourtant, les bourdons
de la liberté s’étaient mis à vrombir.
Nous sortîmes de terre.

Une seule fois, le pays battit
des ailes avant de s’immobiliser
à nos pieds, vaste et verdoyant.

Les épis de blé arrivaient en vol
au-dessus des quais.
Terminus! J’étais allé
bien au-delà.

Combien étions-nous encore? Quatre,
cinq, à peine plus.

Et les maisons, les routes, les nuages,
les criques bleues et les montagnes
ouvrirent leurs fenêtres.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Une goutte de rosée (Claude Esteban)

Publié par arbrealettres le 26 juillet 2011


graphisme-rosée-toile

 

Elle est sublime, la petitesse
d’une goutte de rosée

saisissez-la quand elle tremble
encore sur un pétale

et que le temps s’immobilise et que l’infime
vous accorde l’infini.

(Claude Esteban)

 

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LA GRÂCE DE L’INSTANT (Robert Momeux)

Publié par arbrealettres le 25 avril 2011



LA GRÂCE DE L’INSTANT

Quand le jour s’immobilise
Quand muet le soleil pose ses ombres bleues
A peine l’herbe encore un peu bouge frémit
Et le vent retient son souffle
Une femme apparaît alors dans le sentier
Grande grave elle emplit toute l’étendue
Elle se tait elle a les yeux ouverts
Ou bien c’est un oiseau qui vient de loin
Il ne fait que passer
Et l’on ne sait les distinguer dans la lumière
On ne sait pas lequel est le plus vrai
Femme ou oiseau c’est même image dans le songe
Un glissement dans l’air un mouvement sans bruit
Comme un geste d’appel
Comme un serment enfin tenu
Dans le temps fugitif qui voudrait bien s’asseoir
Enfin un peu dans le prodige de l’instant

(Robert Momeux)


Illustration

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