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Poésie

Articles Tagués ‘sonner’

Maussaderie (Charles Cros)

Publié par arbrealettres le 22 mai 2013



Carlo Carra_05
 

Maussaderie

A notre époque froide, on ne fait plus l’amour.
Loin des bois endormeurs et loin des femmes nues
Les pauvres vont, cherchant ces sommes inconnues
Que cachent les banquiers, inquiets nuit et jour.

C’était bien bon l’odeur des pains sortant du four,
C’était bien beau, dans l’ouest, l’éclat doré des nues,
Quand les brumes d’automne étaient déjà venues,
Alors qu’on ramenait les boeufs las du labour !

Les aspirations n’étaient pas étouffées,
Et dans la ville heureuse on voyait des trophées,
On entendait sonner la victoire au tambour.

On rêvait d’or, d’azur, de fêtes à la cour,
Et du prince Charmant, filleul des belles fées.
A notre époque froide, on ne fait plus l’amour !

(Charles Cros)

Illustration: Carlo Carra

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Tout est chemin (Guy Lévis Mano)

Publié par arbrealettres le 21 mai 2013



 

Martin Jarrie _yeux

Tout est chemin où tu peux vaguer monstre et ange
selon qui sait ou ne sait pas
Homme si savoureux de toi et autant d’autrui
qui pourrais savoir la prière et la sainteté si les cloches
sonnaient à l’heure dite

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Martin Jarrie

 

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Un couple là-bas s’endort (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 8 mai 2013



Odd Nerdrum

 

Un couple là-bas s’endort
dans la barque de la mort.
Ne vous pressez pas, vous dis-je,
nous attendons un prodige.
Cannelure des colonnes
c’est de vous que sortit l’homme :
or au fond des propylées
la gorge était profilée.
Pins odorants de soleil
pour qui sonna le sommeil ?

(Georges Libbrecht)

Illustration: Odd Nerdrum

 

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Exil doré (Jean Royère)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



 

Duy Huynh -   (26)

Exil doré

J’ai retiré mon âme au manoir du Silence ;
J’ai fait derrière moi sonner les gonds d’airain.
Nul ne viendra troubler ma solitude immense,
Nul ne viendra souiller mon vierge souterrain !

Les rumeurs de la vie expirent à ma porte :
Mon parc est sans ramage et mon mur sans échos.
J’ai ravagé les nids que le printemps m’apporte,
Et, de mon lourd donjon, j’ai chassé les corbeaux.

Nulle clarté d’emprunt n’illumine mes salles,
Ni lustres aux plafonds, ni torches aux piliers ;
Seuls, les rayons du jour, bondissant sur les dalles,
Ruissellent à travers mes larges escaliers.

Puis, la Nuit lentement accroche ses pans d’ombre
Aux chapiteaux massifs des pilastres géants ;
Le manoir, tout entier, dans les ténèbres sombre,
Partout on voit s’ouvrir des abîmes béants.

J’aime mes murs déserts comme un rustre ses landes ;
J’y savoure, à l’écart, la douceur du relais,
Les Heures, le front ceint de fleurs et de guirlandes,
Y tissent mon destin d’allégresse et de paix.

Et je ne suis pas seul dans ce palais féerique,
Bien que nul importun n’y pénètre jamais,
Car le Rêve y déploie, étrange et magnifique,
Sa verte frondaison en superbes forêts.

(Jean Royère)

Illustration: Duy Huynh

 

 

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Je chante haut pour m’entendre (Francis Vielé-Griffin)

Publié par arbrealettres le 25 avril 2013



 

George Grosz , The Wanderer, 1934 z

Je chante haut pour m’entendre,
Car la nuit est noire et sans voix;
- La route est molle et la terre est tendre
Il a plu trois jours sur les bois.

Je frappe le sol en cadence
Du bout de mon bâton ferré
- Ici, l’ombre des bois est si dense
Qu’en plein jour on n’y verrait.

Je guette des voix à l’orée
Plus pâle, là-bas, vers la plaine;
- Rien ne sonne à travers la forêt
Que ma voix et mes pas qui peinent.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: George Grosz

 

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Brouillard du matin (Kooku)

Publié par arbrealettres le 22 avril 2013



Brouillard du matin
pour assembler les journaliers
on sonne la conque

(Kooku)

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La cloche de midi sonne (Rigyû)

Publié par arbrealettres le 18 avril 2013



A s’attarder ici ou là
la cloche de midi sonne

(Rigyû)

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Les Horloges (Jules Lefèvre-Deumier)

Publié par arbrealettres le 6 avril 2013



 

Les Horloges

Les sabliers nous avertissent que nous devenons tous ce qui compte nos instants.
Les clepsydres nous disent qu’il n’y a pas dans ce monde une minute qui ne puisse être marquée par une larme,
et que les générations qui se succèdent ne sont rien de plus que des gouttes d’eau qui tombent.
Orateurs silencieux, les cadrans solaires nous mesurent avec l’ombre la durée de la lumière
et nous répètent sans cesse que peine et plaisir,
rien ne marche qui ne fasse partie de la mort.

Les sabliers, les clepsydres, les cadrans solaires ne parlaient à la pensée qu’en s’adressant aux yeux.
L’homme a trouvé que ce n’était point assez.
Il a forcé l’oreille d’entendre et d’écouter la fuite du temps.
Sans vouloir s’informer de ce qu’elles deviennent, il a mis des grelots au troupeau de ses heures,
et, grâce à cette heureuse invention, il peut de moment en moment entendre sonner le glas d’une portion de sa vie.

(Jules Lefèvre-Deumier)

 

 

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Sans le vouloir, les yeux demandent Grâce (Anna Akhmatova)

Publié par arbrealettres le 5 avril 2013


 

Sans le vouloir, les yeux demandent
Grâce. Que dois-je faire d’eux
Quand en ma présence on prononce
Un nom bref et qui sonne haut?

Je marche en suivant le sentier
Près d’un long tas de bûches grises.
Il passe ici un vent léger,
Capricieux, frais, comme au printemps.

Et le coeur las sent qu’on lui parle
En secret de ce qui est loin.
Je sais bien: il vit, il respire,
Il ose ne pas être triste.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Ademaro Bardelli

 

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DANS LES PAYSAGES (Gilles Vigneault)

Publié par arbrealettres le 4 avril 2013



 

DANS LES PAYSAGES

Dans les paysages
De mon passé sage
Toujours il manquait quelque chose
Ce n’était souvent rien qu’une rose
Un nuage… un oiseau…
Seul à ma fenêtre
Je les faisais naître
Jusqu’à leur donner les noms de l’Amour
Jusqu’à les attendre
Aux rendez-vous tendres
Qui faisaient chanter mes jours

Sonne, sonne, clocher de mon coeur
Sonne, sonne, mon enfance ailleurs

Aux néons sauvages
Qui me dévisagent
J’ai cru apporter quelque chose
En parlant simplement d’une rose
D’un nuage… d’un oiseau…
Ma fenêtre donne
Sur le faux automne
Des feux des klaxons et du temps plus court
J’ai perdu ma peine
La neige s’amène
Aux chemins des anciens jours

Femme, femme, retrouvez chaleur
Femme, femme, réchauffez mon coeur

Dans les paysages
De mon passé sage
Toujours il manquait quelque chose
Ce n’était souvent rien qu’une rose
Un nuage… un oiseau…
Seul à ma fenêtre
Je les faisais naître
Jusqu’à leur donner les noms de l’Amour
Jusqu’à les attendre
Aux rendez-vous tendres
Qui faisaient chanter mes jours

J’ai perdu ma peine
Ah! que me revienne
Le clocher des anciens jours…

(Gilles Vigneault)

 

 

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