Articles Tagués ‘sourire’
Publié par arbrealettres le 24 mai 2013
La mélancolie de Pierrot
Le premier jour, je bois leurs yeux ennuyés….
Je baiserais leurs pieds,
À mort. Ah! qu’elles daignent
Prendre mon coeur qui saigne!
Puis, on cause…. — et ça devient de la Pitié;
Et enfin je leur offre mon amitié.
C’est de pitié, que je m’offre en frère, en guide;
Elles, me croient timide,
Et clignent d’un oeil doux :
« Un mot, je suis à vous! »
(Je te crois) Alors, moi, d’étaler les rides
De ce coeur, et de sourire dans le vide
Et soudain j’abandonne la garnison,
Feignant de trahisons!
(Je l’ai échappé belle!)
Au moins, m’écrira-t-elle?
Point. Et je la pleure toute la saison….
— Ah! j’en ai assez de ces combinaisons!
Qui m’apprivoisera le coeur! belle cure …..
Suis si vrai de nature
Aie la douceur des soeurs!
Oh viens! suis pas noceur,
Serait-ce donc une si grosse aventure
Sous le soleil? dans toute cette verdure…
(Jules Laforgue)
Illustration: Antoine Watteau
Publié dans poésie | Tagué: (Jules Laforgue), abandonner, amitié, apprivoiser, aventure, écrire, étaler, baiser, boire, causer, cligner, coeur, doux, ennuyé, frère, guide, mélancolie, mort, nature, oeil, offrir, pied, pitié, pleurer, prendre, rides, saigner, soleil, sourire, timide, verdure, vide, vrai, yeux | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 10 mai 2013

Là-bas, n’est-ce pas un sourire ? Vois, ce qu’il y a là-bas
dans les champs qui débordaient d’abondance,
n’est-ce pas ce que nous-mêmes laissons modestement fleurir
quand nous l’invitons à venir sur notre visage ?
***
Ist dort nicht Lächeln? Siehe, steht dort nicht
in Feldern, die von Fülle übergingen,
was wir zu einem kleinen Aufblühn bringen,
wenn wirs bemühn in unser Angesicht?
(Rainer Maria Rilke)
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Publié par arbrealettres le 5 mai 2013
Tout tourne
c’est la ronde qui tourne
sourire de femme
fauteuil rouge
tourne moulin moulin rouge
ta présence mille
ton absence une
Tourne mon présent renversé sur mon passé
comme un couvercle sur un plat vide
Le monde tourne
mon coeur tourne
Une étoile fixe
mon espoir
(Janine Tavernier)
Illustration: Mitsuo Shiraishi
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Publié par arbrealettres le 3 mai 2013

Soirée près de la lampe
Lorsque tu voudras bien déposer ce journal,
Et glisser ton regard vers le mien qui te guette,
Tu sauras que mon coeur amoureux et loyal
Est demeuré pareil au jour de sa conquête.
Alors tu me feras un récit machinal
De quelque fait nouveau, sans importance au fond,
En t’écoutant j’aurai ce sourire amical
Qui, tu le sais trop bien, cache un amour profond.
(Mona Guérin-Rouzier)
Illustration: Alexander Gorenstein
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Publié par arbrealettres le 3 mai 2013

Sagesse
Ne me regarde pas
de peur que tu reviennes.
Laisse-moi avec ma lourde chaîne,
ma puissance d’aimer,
et mes désirs,
et mon grand rêve
tel un arc-en-ciel immense
se déroulant dans la nuit.
Ne me regarde pas
de peur que de mes yeux, le diamant humide
ne se reflète dans le lac profond des tiens
et que mon sourire figé ne t’émeuve.
Je ne veux pas de ta pitié.
Ne me regarde pas,
Sinon tu reviendras.
Il ne faut pas.
Prends le vaste arc-en-ciel,
fais-en l’écharpe qui soutiendra ton coeur;
Ne me regarde plus.
(Emmeline Carriès-Lemaire)
Illustration: Asit Kumar Patnaik
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Publié par arbrealettres le 3 mai 2013

Confiance
Ils s’aiment en silence, et leur coeur se consume;
En attendant toujours l’instant qui doit venir.
Ils souffrent, mais pourtant ils n’ont pas d’amertume,
Ils savent que demain leur tourment va finir.
Ils savent que demain les Heures merveilleuses
Viendront sonner pour eux la fête de l’Amour
Et qu’Elles souriront aux belles amoureuses
Qui pleurent dans la nuit en espérant le jour.
Et dans le soir, fiévreusement, leurs bras se tendent
Bien qu’ils soient séparés, ils se parlent tout bas.
Ils disent doucement que leurs âmes s’attendent,
Et qu’il est des amours que l’on ne détruit pas.
(Ida Faubert)
Illustration: Asit Kumar Patnaik
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Publié par arbrealettres le 1 mai 2013

LIBÉRATEUR
Que j’ai de peine, ô temps,
à te dérober tes joyaux
— tant et tant de joyaux ! —
tes silences — à cor
et à cri, dans l’allégresse
ou dans l’aigre lumière !
Comme ils brillent
sur mes mains en sang,
écrasées par les masses
qu’il leur faut écarter,
supporter, déchirer,
pour en extraire un sourire,
une fleur, une étoile,
une larme, une illusion !
***
LIBERTADOR
¡Con qué dificultad, tiempo,
te voy robando tus joyas
—¡tantas joyas, tantas!—,
tus silencios — entre carro
y grito, entre bailoteo
y luz agria!-
¡Cómo brillan
sobre mis manos sangrientas
y aplastadas de las moles
que tienen que separar,
que soportar, que rajar,
hasta sacar la sonrisa,
la florecilla, la estrella,
la lágrima, la ilusión!
(Juan Ramón Jiménez)
Illustration: Remedios Varo Uranga
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Publié par arbrealettres le 1 mai 2013

Ce jour, ce jour
où je regarderai la mer — tranquilles, elle et moi —
livré à elle ; toute mon âme
— écoulée enfin en mon OEuvre pleine —
sûre à jamais, comme un grand arbre,
sur la rive du monde ;
dans la sécurité de cime et de racine
du grand oeuvre accompli !
— Ce jour où naviguer
Sera être au repos, car j’aurais
travaillé tant et tant sur moi-même !
Ce jour, ce jour
où la mort — houle noire ! — ne me flattera plus
— et où, sans fin, je sourirai à tout —,
car, ô mes ossements, ce que je lui aurai
laissé de moi sera si peu de chose !
***
¡Ese día, ese día
en que yo mire el mar —los dos tranquilos—,
confiado a él; toda mi alma
—vaciada ya por mí en la Obra plena—
segura para siempre, como un árbol grande,
en la costa del mundo;
con la seguridad de copa y de raíz
del gran trabajo hecho!
— ¡Ese día, en que sea
navegar descansar, porque haya yo
trabajado en mí tanto, tanto, tanto!
¡Ese día, ese día
en que la muerte — ¡negras olas! — ya no me corteje
—y yo sonría ya, sin fin, a todo—,
porque sea tan poco, huesos míos,
lo que le haya dejado yo de mí!
(Juan Ramón Jiménez)
Illustration: Guy Baron
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Publié par arbrealettres le 25 avril 2013

D’autres viendront par la prée
S’asseoir au banc de la porte;
Tu souriras belle et parée,
Du seuil, à ta jeune escorte:
Ils marcheront à ta suite
Aux rayons de ton printemps
- Qu’ont-ils à courir si vite?
Moi, j’eus, aussi, leurs vingt ans
Ils auront tes sourires
Et ta jeunesse enchantée…
Qu’importe? qu’en sauront-ils dire:
Moi seul, je t’aurai chantée.
(Francis Vielé-Griffin)
Illustration: Abdalieva Akzhan
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2013

Ô Lumière,
Qui fis mes yeux d’azur
Et d’humide splendeur,
Comme de pures et claires
Fleurs des airs !
Ô Désir, qui créas ces lèvres,
Qu’entr’ouvre un sourire
Et qu’un baiser soulève !
Ô Amour,
Qui façonnas de tes mains
Douces et blanches
Cette coupe de mon sein,
Où, à l’entour d’une fleur close,
Court une branche
De bleu jasmin !
(Charles Van Lerberghe)
Illustration: Christiane Vleugels
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