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Poésie

Articles Tagués ‘souvenir’

J’arrive et touche le bord (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 19 mai 2013



Ferdinand Hodler view-into-infinity.jpg!HD

j’arrive et touche le bord,
souvenir, ô ma patrie,
au pas cadencé des morts
les couples dansent leur vie.
Monde je te vois et crée
l’autre Monde à nia façon.
toute forme que j’agrée
devient un collier de sons :
variables étiquettes
les mots couvrent leur objet,
je les classe dans ma tête
univers imaginé.
Je dis : oeillet, rose thé,
mais la fleur n’est plus derrière,
tous les jardins en jachère
il me faut les rebêcher.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ferdinand Hodler

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Retrouvailles fugitives (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Retrouvailles fugitives

Alors que s’achève le temps des caresses
L’asile de nos amours clandestines
Reverdit chaque année.

Dans le verger des souvenirs
Où ils mûrissent trop
Au point de pourrir
Je te retrouve toujours fraîche
Et j’essuie de nouveau
Sur tes joues
Les larmes du crépuscule
Et de ton cœur silencieux
Montent de muets cris d’amour
Alors qu’à travers la brume de l’horizon
Nos regards étreints touchent
La colline couronnée de soleil

Une côte de vent et de pluie
Se dessine dans mon esprit
Où je te revois
Ecrasant sous tes pieds menus
Tous les coquillages de la grève.
Dans les embruns tu venais
Fille naturelle de la mer
Me sauver du naufrage.
Maintenant l’oiseau vole solitaire
Entre l’écume et le nuage
Et le sable sec recouvre
Tes pas qui s’imprimaient
Dans le sable mouillé
A la frontière des eaux
Pour me laisser un message d’adieu
Avant de retourner dans les profondeurs de l’oubli.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Confession (Nedjmhartine Vincent)

Publié par arbrealettres le 13 mai 2013


 


 

Andrius Kovelinas -  (2)

Confession

Les lambeaux de notre amour mitigé
Accrochés aux poutres de mes souvenirs
Imprimés en moi éternellement.
Ce savant mélange, ce savant désordre
Cette passion étonnée, détonnée
Cet étrange amalgame de souvenirs
Ce synchronisme parfait, cet élan
Ce lien spirituel, primitif, basique
Donnent à ma vie du relief.
Vie sacralisée, saturée, colorée.
Oui, je t’aime. Oh! Que je t’aime!
Les fibres de mon corps, tendues
Vers un seul être, une seule âme.
Mon grand amour, mon tout amour.
Pourtant, je te confesse:
L’obésité de mon amour pour toi,
Me bloque la respiration. Asphyxie.
Criw, craw, criw, craw!
Gorge raclée, souffle court!
Cet amour cataclysme m’anéantira
Cet amour volcan me consumera.
Si je dois t’aimer, je ne dois exister.
Je ne puis me résoudre à disparaître.
Je t’aimerai de loin, plus fort encore

(Nedjmhartine Vincent)

Illustration: Andrius Kovelinas

 

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Et puis il y a ces draps (Farah-Martine Lhérisson)

Publié par arbrealettres le 12 mai 2013



 

Jacques Damville (7)

Et puis il y a ces draps
qui font glisser
mes souvenirs
cette lampe de chevet s’en va
mais … reviens
je la veux l’image du tableau
d’en face
je la porterai en écharpe
elles se sont perdues mes
croisières

(Farah-Martine Lhérisson)

Illustration: Jacques Damville

 

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L’offrande de tes raisins si tendres (Tahar Bekri)

Publié par arbrealettres le 12 mai 2013



Yan Vita

 

Les treilles ont suspendu leur âme
Au-dessus des ruelles
Il me souvient
L’offrande de tes raisins si tendres

Cascade de l’eau sans ailes!

(Tahar Bekri)

Illustration: Yan Vita

 

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PORTRAIT INTÉRIEUR (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013



PORTRAIT INTÉRIEUR

Ce ne sont pas des souvenirs
qui, en moi, t’entretiennent;
tu n’es pas non plus mienne
par la force d’un beau désir.

Ce qui te rend présente,
c’est le détour ardent
qu’une tendresse lente
décrit dans mon propre sang.

Je suis sans besoin
de te voir apparaître;
il m’a suffi de naître
pour te perdre un peu moins.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Michael Cheval

 

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Approche (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 10 mai 2013



Approche, dernière chose que je reconnaisse,
mal incurable dans l’étoffe de peau; [...]
Naïvement pur d’avenir, je suis
monté sur le bûcher trouble de la douleur,
sûr de ne plus acheter d’avenir
pour ce coeur où la source était muette.
Suis-je encore, méconnaissable, ce qui brûle?
Je n’y traînerai pas de souvenirs.
Ô vie, ô vie; être dehors.
Et moi en flammes. Nul qui me connaisse
Suis-je encore, méconnaissable, ce qui brûle ?
Je n’y traînerai
pas de souvenirs.
O vie, ô vie : être dehors.
Et moi en flammes. Nul qui me connaisse.

(Dernière annotation dans son Journal)

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Ethan Cranke

 

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Portrait intérieur (Rilke)

Publié par arbrealettres le 10 mai 2013



Portrait intérieur

Ce ne sont pas des souvenirs
qui, en moi, t’entretiennent;
tu n’es pas non plus mienne
par la force d’un beau désir.

Ce qui te rend présente
c’est le détour ardent
qu’une tendresse lente
décrit dans mon propre sang.

Je suis sans besoin
de te voir apparaître;
il m’a suffi de naître
pour te perdre un peu moins.

(Rilke)

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Il n’y a pas d’absence (Anne Michaels)

Publié par arbrealettres le 7 mai 2013



 

Ettore Aldo Del Vigo -   (3)

Il n’y a pas d’absence
s’il persiste au moins le souvenir de l’absence.

(Anne Michaels)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Dans la filature des saisons (Maggy De Coster)

Publié par arbrealettres le 5 mai 2013



 Sol Halabi - (12)

Dans la filature des saisons
J’ai déposé la laine du soir
Et les anneaux des souvenirs
Accrochés à la dentelle du temps
S’entrelacent
Quand l’haleine du vent
Décoiffe la végétation endormie

Sur le ciré de ton corps
Se déposent les larmes de l’infante
Qui s’évaporent dans la brume crépusculaire
Et les pas du silence s’avancent
Dans le vestibule de la nuit se déployant
Timidement

(Maggy De Coster)

Illustration: Sol Halabi

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