Lueurs, sans formes.
Les choses tombent,
comme aspirées
- table, lampe, fauteuil, lit -,
perdent leur nom.
Halo, vapeur.
Vallée sans bords.
(Jacques Ancet)
Publié par arbrealettres le 25 mai 2013
Lueurs, sans formes.
Les choses tombent,
comme aspirées
- table, lampe, fauteuil, lit -,
perdent leur nom.
Halo, vapeur.
Vallée sans bords.
(Jacques Ancet)
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Publié par arbrealettres le 9 mai 2013

Pour naître j’ai posé l’orange sur une grande table de bois
Etant sûr de notre silence
je suis resté autour d’elle à découper l’après-midi.
(Christian Viguié)
Publié dans poésie | Tagué: (Christian Viguié), après-midi, bois, découper, naître, orange, poser, rester, sûr, silence, table | 4 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 20 avril 2013
Au niveau de l’expérience ordinaire,
sentir pleinement que ceci est une chaise,
que ceci est une table
mais en même temps,
que c’est un miracle, une extase.
(Virginia Woolf)
http://images.google.fr/search?hl=fr&site=imghp&tbm=isch&source=hp&biw=1600&bih=745&q=van+gogh&oq=van+gogh&gs_l=img.3..0l10.2049.3798.0.4085.8.5.0.3.3.0.137.523.1j4.5.0…0.0…1ac.1.9.img.b6tirPGrF44
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Virginia Woolf), chaise, expérience, extase, miracle, ordinaire, pleinement, sentir, table | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 5 avril 2013

Les yeux ouverts
Il n’y a plus de temps, il n’y a plus d’espace,
J’ai tout examiné à travers la nuit blanche:
Et le narcisse sur ta table dans le vase,
Et la fumée bleue du cigare,
Et ce miroir, où, comme dans une eau pure,
Tu pourrais en ce moment te refléter.
Il n’y a plus de temps, il n’y a plus d’espace,
Et même toi, tu ne peux pas m’aider.
(Anna Akhmatova)
Publié dans poésie | Tagué: (Anna Akhmatova), aider, cigare, espace, examiner, fumée, narcisse, nuit, se refléter, table, temps, vase, yeux | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 5 avril 2013

Au soir, je suis devant ma table,
La page est blanche irrémédiablement.
Le mimosa a une odeur de Nice et de chaleur,
Un grand oiseau vole dans un rayon de lune.
Je refais en les serrant fort mes nattes,
Comme si demain j’avais besoin de nattes.
Je regarde par la fenêtre, sans tristesse,
La mer et les langues de sable.
Quelle n’est pas la force d’un être humain
Qui ne demande pas même de la tendresse !
Je ne peux soulever mes paupières lasses,
Quand il prononce mon nom.
(Anna Akhmatova)
Publié dans poésie | Tagué: (Anna Akhmatova), blanche, chaleur, fenêtre, force, humain, langue, lune, mer, mimosa, natte, nom, odeur, oiseau, page, paupière, prononcer, rayon, regarder, sable, serrer, soir, table, tendresse, tristesse | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 9 mars 2013
Le vieillard
il se tait devant la grande table
ses enfants parlent plaisantent
ses petits enfants jouent et se chamaillent
quels souvenirs sombrent dans ses yeux vides?
(Alain Jean-André)
Publié dans poésie | Tagué: (Alain Jean-André), jouer, parler, plaisanter, se chamailler, se taire, sombrer, souvenir, table, vide, vieillard, yeux | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 3 mars 2013
Une orange sur la table
Ta robe sur le tapis
Et toi dans mon lit
Doux présent du présent
Fraîcheur de la nuit
Chaleur de ma vie
(Jacques Prévert)
Publié dans poésie | Tagué: (Jacques Prévert), alicante, chaleur, doux, fraîcheur, lit, nuit, orange, présent, robe, table, tapis, toi, vie | 4 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 17 février 2013

TERRE ET POÉSIE
La poésie, comme l’amour, charge de tout son contenu,
force à tous ses espaces le visage, le geste, le mot.
Sans elle, à l’instant d’être, ils seraient déjà morts —
ou cernés à jamais en leur étroite forme,
ce qui est mourir d’une autre façon.
Le roman prend corps pour ensuite se vêtir.
Prenant âme, la poésie demeure nue.
L’heure aride : des clefs sur la table et pas de porte à ouvrir.
La poésie suggère. En cela, elle est plus proche qu’on ne pense
de la vie, qui est toujours en deçà de l’instant qui frappe.
La poésie n’est pas la proie du poème.
Elle assiège et s’éclipse.
Nous laissant plus gravé dans l’argile, ou plus libre d’un anneau.
Lorsqu’on a pressenti, rien qu’une fois, l’immensité de l’aventure humaine,
on peut se demander quelle force nous retient dans l’étroit.
Quelle force est là, qui fait que nous poursuivons quand même la route
sans fomenter des bouleversements et sans abattre les murs ?
La poésie — si elle s’inscrit en nous — tout en admettant de nous regarder cheminer, nous délivre.
Parfois, se mirant dans l’un de nos destins,
elle nous découvre son envers terrestre qui est l’amour.
Alors, malgré les tiraillements, nous nous sentons sauvés ;
et en réalité nous le sommes, sauvés, ici et ailleurs.
Toujours un peu en amont du dernier poème vécu, la poésie ne saurait décevoir.
Je dis : un peu, car il faut apprivoiser l’impossible ;
vouloir qu’un passage existe, à portée de voix, à portée de regard.
Ce qui nous dépasse, et dont nous portons le grain aussi
certainement que nous portons notre corps, cela s’appelle : Poésie.
Le poème se nourrit de mouvements.
Son rythme est celui de la vague, son dessein est de traverser.
Hostile aux vérités à éclipses,
le poète n’est soucieux que de l’homme à la recherche de son visage enfoui.
La poésie est naturelle.
Elle est l’eau de notre seconde soif.
Il est vital pour le poète de lever des échos et de le savoir.
Nul mieux que lui ne s’accorde aux solitudes ;
mais aussi, nul n’a plus besoin que sa terre soit visitée.
Le poète séjourne hors des enceintes.
S’il ne rompait les digues,
comment joindrait-il ses terres à la terre, et la parole aux mots ?
Si l’appel du poème n’est pas contraignant, celui de la poésie est d’une haleine.
Fièvre perpétuelle qui brûle de devenir.
Pour en épeler les signes, la poésie endosse le monde dont elle est issue.
Mais à travers l’essaim des poèmes — intacte et pourtant remuée —
la poésie demeure au futur.
En sa terre labourée, le poète — pour un temps — s’apaise du cri qu’il pousse ;
poème dans sa nuit.
Le poète avance par saccades : coups d’aile et retombées.
L’expérience lui enseigne que la chute est le présage de l’essor ;
mais, au plus sombre d’une détresse, cette mémoire est de maigre secours.
Sauvegardons à ceux qui nous ont failli le mystère entier de leur visage.
Blessés et en cause, nous voici juges, les affublant du masque odieux.
Les faiblesses d’autrui, quand elles égratignent notre susceptible peau,
nous poussent à renier tout un passé d’entente.
Tourné vers la possession, nous sommes sans perspective et sans recours.
L’amour est toute la vie. Il est vain de prétendre qu’il y a d’autres équilibres.
Le dénué d’amour trace partout des cercles dont le centre n’est pas.
Le coeur se rit de l’absurde.
Sa vérité est au midi des contradictions.
L’amour comme la mort — qui naviguent hors du temps —
lissent nos fronts, affinent nos visages.
Au bord de ce qui est vaste, le regard n’erre plus.
Et le souffle, complice de l’angoisse et des jours, trouve enfin sa paix.
(Andrée Chedid)
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Andrée Chédid), absurde, affiner, amour, angoisse, apprivoiser, argile, aride, assiéger, aventure, âme, écho, éclipse, équilibre, cerne, charger, cheminer, clef, coeur, complice, corps, cri, décevoir, délivrer, détresse, destin, enseigner, entente, errer, espace, essaim, expérience, faiblesse, force, forme, frapper, front, futur, geste, grave, immensité, impossible, instant, labourée, libre, mémoire, mort, mot, mourir, nue, ouvrir, paix, passé, peau, poésie, porte, pressentir, proche, proie, regard, roman, s'accorder, s'apaiser, sauvé, solitude, suggérer, table, terre, tiraillement, vérité, vêtir, visage | 2 Commentaires »