Entre la chose d’écrire
Et le Verbe, entends le rire
d’un invisible témoin
qui te retient par la main.
(Georges Libbrecht)
Publié par arbrealettres le 16 mai 2013
Entre la chose d’écrire
Et le Verbe, entends le rire
d’un invisible témoin
qui te retient par la main.
(Georges Libbrecht)
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Publié par arbrealettres le 17 avril 2013
Ambiguïté du témoin
Quelle est cette souffrance qui s’étale,
comme sur une tranche de ce pain doux amer
que l’enfant approche de ses lèvres,
sur l’indolence que l’âme atteint
entre bonheur et douleur?
L’absence ? Non. Entre les pôles qui s’opposent,
magique, une alliance naît,
une tension, en équilibre peut-être.
Ou est-ce la mort lente des illusions,
la risée des sons suggérés
au sein des faux pardons des hypocrites ?
Ou alors est-ce la présence du tiers
qui se reforme, de celui qui assista
plus pressé peut-être que distrait
à notre conversation qui
se perdait entre les silences
jonchés déjà de consensus suspendus
et le sourire des sens déjà en éveil.
Avant de s’éloigner, il mêla
le plus ambigu des sourires à ses regards
qu’allumait le désir. S’il est resté
quelque chose de ce feu, tandis qu’il
s’éloignait, dans une étrange mélancolie,
un tison crépitait dans les cendres.
Tel témoignage est alors une erreur
dans la tendre incohérence de Vénus
si l’espace objectif de ce « lui »
trop vite enfui alors, vide,
se remplit des ombres de ce jeu faussé
de celui qui, entre le « moi » et le « toi » triche sur l’oubli.
Étrange clapotis des ondes amères
ce colloque confond et le toi et le moi
où l’éloquence de l’être est un adieu.
(Piero Bigongiari)
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Publié par arbrealettres le 10 avril 2013
Désapprendre les routes du petit jour
Inventer des commencements
Parce que la folie disparaît
Les soupirs se meurent
Dans ces nuits qui s’effondrent.
Désapprendre les routes
Où traînent les témoins aveugles,
La bande blanche qui sépare
La mémoire et l’amour.
(Emmelie Prophète)
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Publié par arbrealettres le 7 avril 2013
Et tous ces archipels de globes éphémères
S’enchevêtrent poussant leurs hymnes éperdus
Et nul témoin n’entend, seul au-dessus des sphères,
Se croiser dans la nuit tous ces sanglots perdus!
Et c’est toujours ainsi, sans but, sans espérance…
La Loi de l’Univers, vaste et sombre complot
Se déroule sans fin avec indifférence
Et c’est toujours l’universel sanglot!
(Jules Laforgue)
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Publié par arbrealettres le 18 mars 2013
Orléans Beaugency
Notre Dame de Félonie
pardonne pardonne.
Notre Dame des Dés pipés
Notre Dame de la Foi mentie
Notre Dame de la Folie
Notre Dame de l’Aveu truqué
Notre Dame de la Mariée vendue
Notre Dame de la Tricherie
Notre Dame de la Pureté perdue
Notre Dame de l’Amour fourgué
Notre Dame de l’inconsciente Cruauté
Notre Dame des faux Témoins des faux Amis
Notre Dame de la triste Vérité
Notre Dame du juste Mépris
Orléans Beaugency
Notre Dame de Félonie
pardonne pardonne
pour les femmes et pour les hommes
(Armand Lanoux)
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Publié par arbrealettres le 8 mars 2013

Sous la forme d’un papillon
Je vole, après mon dernier souffle,
Vers les lieux que j’ai tant aimés,
Ces témoins de plaisirs célestes:
Sur les prairies, au bord des sources,
Autour d’un coteau, par le bois.
J’épie un couple d’amants tendres;
J’abaisse, du front de la belle,
Des fleurs qui l’ornent, mes regards;
Tout ce que la mort m’a ravi,
Là, je le revois en image
Et suis heureux comme je fus.
Muette, elle sourit, l’enlace;
Sa bouche à lui savoure l’heure
Que lui envoient des dieux propices,
S’ébat du sein jusqu’à la bouche,
De la bouche jusques aux mains,
Et je m’ébats autour de lui.
Elle me voit – ce papillon …
Tremblant de désir de l’aimé,
Elle fait un bond; je m’envole.
"Chéri, viens! Nous l’attraperons!
Viens donc! J’aimerais tant l’avoir,
Tant, ce petit rien diapré".
***
Schadenfreude
In des Papillons Gestalt
Flattr’ ich, nach den letzten Zügen,
Zu den vielgeliebten Stellen,
Zeugen himmlischer Vergnügen,
Ober Wiesen, an die Quellen,
Um den Hügel, durch den Wald.
Ich belausch’ ein zärtlich Paar.
Von des schönen Mädchens Haupte
Aus den Kränzen schau’ ich nieder;
Alles, was der Tod mir raubte,
Seh’ ich hier im Bilde wieder,
Bin so glücklich, wie ich war.
Sie umarmt ihn lächelnd stumm,
Und sein Mund genießt der Stunde,
Die ihm güt’ge Götter senden,
Hüpft vom Busen zu dem Munde,
Von dem Munde zu den Händen,
Und ich hüpf’ um ihn herum.
Und sie sieht mich Schmetterling.
Zitternd vor des Freunds Verlangen
Springt sie auf, da flieg’ ich ferne.
"Liebster, komm’, ihn einzufangen!
Komm’ ich hätt’ es gar zu gerne,
Gern das kleine bunte Ding."
(Goethe)
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Publié par arbrealettres le 26 janvier 2013
POUR FAIRE UN HOMME
Le nom, le prénom, la naissance,
les yeux, la taille, les cheveux,
— avec la blessure d’enfance —
fais-en un homme, si tu veux.
Une mesure d’existence,
de la douleur tassée au creux
de sa poitrine, un coup de chance,
le refrain qu’il chante le mieux.
Et je doute que le mot frère
le fasse un instant s’arrêter
si dans la main gauche il ne serre,
morceau de rouge fait pour mordre
loin de la patente et de l’ordre,
un témoin de sa liberté.
(Axel Toursky)
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Publié par arbrealettres le 14 novembre 2012

LA VIEILLE ET LES DEUX SERVANTES
Il était une vieille ayant deux Chambrières.
Elles filaient si bien que les soeurs filandières
Ne faisaient que brouiller au prix de celles-ci.
La Vieille n’avait point de plus pressant souci
Que de distribuer aux Servantes leur tâche.
Dès que Téthis chassait Phébus aux crins dorés,
Tourets entraient en jeu, fuseaux étaient tirés ;
Deçà, delà, vous en aurez ;
Point de cesse, point de relâche.
Dès que l’Aurore, dis-je, en son char remontait,
Un misérable Coq à point nommé chantait.
Aussitôt notre Vieille encor plus misérable
S’affublait d’un jupon crasseux et détestable,
Allumait une lampe, et courait droit au lit
Où de tout leur pouvoir, de tout leur appétit,
Dormaient les deux pauvres Servantes.
L’une entr’ouvrait un oeil, l’autre étendait un bras ;
Et toutes deux, très malcontentes,
Disaient entre leurs dents : "Maudit Coq, tu mourras."
Comme elles l’avaient dit, la bête fut grippée.
Le réveille-matin eut la gorge coupée.
Ce meurtre n’amenda nullement leur marché.
Notre couple au contraire à peine était couché
Que la Vieille, craignant de laisser passer l’heure,
Courait comme un Lutin par toute sa demeure.
C’est ainsi que le plus souvent,
Quand on pense sortir d’une mauvaise affaire,
On s’enfonce encor plus avant :
Témoin ce Couple et son salaire.
La Vieille, au lieu du Coq, les fit tomber par là
De Charybde en Scylla.
(Jean de la Fontaine)
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Publié par arbrealettres le 29 octobre 2012

OMBRES ANCESTRALES
Je te respire.
Je t’apaise pour que tu sortes de moi.
Je t’engourdis dans l’étendue
d’une lumière soeur.
Je te tète
jusqu’à la lie du désastre.
Le ciel pique une étoile errante
sur ma poitrine. Je vois le vent
comme un témoin, la nuit immense
qui est tombée
dans un dédale de chênes,
la distance.
Je te hante
jusqu’au seuil de douleur.
Je te vide de ta force.
Je te défie,
te déifie
pour rien et
pour personne.
Je deviens
ton nécessaire et plus violent
héritier.
(Paul Auster)
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