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Poésie

Articles Tagués ‘tendre’

Révolte (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Révolte

Le site est d’une beauté surprenante
et j’en exalte à la fois l’aspect sauvage et l’abord délicat
Je contemple des barques
dans tous les ports de la côte
et je vois l’île se détacher
pour disparaître à l’horizon
sur une mer
qui répudie le rivage

Captif je brise les chaînes
et sur les murailles je griffonne ton nom
et je tague les pierres
pour y inscrire mes révoltes

Sur la pointe extrême qui vacille
je revois
tout proche
l’horizon sur la ligne des ténèbres
Sur une terre s’épanouit la récolte
qu’élabore
la circulation de la sève
et sur un ciel de lavande
j’émascule le soleil
et châtre tous les astres
pour qu’ils ne se reproduisent

Je tends les bras pour me guider dans le vide
Je n’effacerai rien
et lancerai un cri dans le silence

Mon corps palpite
et mon cœur bourdonne
tandis que l’eau s’agite
pour franchir la torpeur des villages
où la kermesse bat son plein

Avec la saison qui déborde d’allégresse
et la période qui s’achève
il est grand temps
que je dévore à pleine dents
la portion de nourriture
qui m’est concédée
par la sollicitude des instances
qui se penchent sur ma sénilité future

(Jean-Baptiste Besnard)

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Fleur (Rilke)

Publié par arbrealettres le 12 mai 2013



Fleur

De ton rêve trop plein,
fleur en dedans nombreuse,
mouillée comme une pleureuse,
tu te penches sur le matin.

Tes douces forces qui dorment,
dans un désir incertain,
développent ces tendres formes
entre joues et seins.

(Rilke)


Illustration: Zinaida Serebriakova

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L’irremplaçable (Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013


 

Une rose seule, c’est toutes les roses
et celle-ci: l’irremplaçable,
le parfait, le souple vocable
encadré par le texte des choses.

Comment jamais dire sans elle
et que furent nos espérances,
et les tendres intermittences
dans la partance continuelle.

(Rilke)

 

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De ton rêve trop plein (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013



De ton rêve trop plein,
fleur en dedans nombreuse,
mouillée comme une pleureuse,
tu te penches sur le matin.

Tes douces forces qui dorment,
dans un désir incertain,
développent ces tendres formes
entre joues et seins.

*

Rose, toute ardente et pourtant claire,
que l’on devrait nommer reliquaire
de Sainte-Rose…, rose qui distribue
cette troublante odeur de sainte nue.

Rose plus jamais tentée, déconcertante
de son interne paix; ultime amante
si loin d’Ève, de sa première alerte ,
rose qui infiniment possède la perte.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

 

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La Passante d’Été (Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013



La Passante d’Été

Vois-tu venir sur le chemin la lente, l’heureuse,
Celle que l’on envie, la promeneuse?
Au tournant de la route il faudrait qu’elle soit
Saluée par de beaux messieurs d’autrefois.

Sous son ombrelle, avec une grâce passive,
Elle exploite la tendre alternative:
S’effaçant un instant à la trop brusque lumière,

Elle ramène l’ombre dont elle s’éclaire.

(Rilke)


Illustration

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Comme un verre de Venise (Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013



Comme un verre de Venise
sait en naissant ce gris
et la clarté indécise
dont il sera épris,

ainsi tes tendres mains
avaient rêvé d’avance
d’être la lente balance
de nos moments trop pleins.

(Rilke)


Illustration

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Une rose seule, c’est toutes les roses (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013



Une rose seule, c’est toutes les roses
et celle-ci: l’irremplaçable,
le parfait, le souple vocable
encadré par le texte des choses…

Comment jamais dire sans elle ,
ce que furent nos espérances,
et les tendres intermittences
dans la partance continuelle.

*

T’appuyant, fraîche claire
rose, contre mon oeil fermé —,
on dirait mille paupières
superposées

contre la mienne chaude.
Mille sommeils contre ma feinte
sous laquelle je rôde
dans l’odorant labyrinthe.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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Ce soir mon coeur fait chanter des anges (Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013



Ce soir mon coeur fait chanter
des anges qui se souviennent…
Une voix, presque mienne,
par trop de silence tentée,

monte et se décide
à ne plus revenir;
tendre et intrépide,
à quoi va-t-elle s’unir?

(Rilke)


Illustration: Fabienne Contat

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Par trop de présence (Rilke)

Publié par arbrealettres le 10 mai 2013


chandelle

 

C’est le paysage longtemps, c’est une cloche,
c’est du soir la délivrance si pure;
mais tout cela en nous prépare l’approche
d’une nouvelle, d’une tendre figure…

Ainsi nous vivons dans un embarras très étrange
entre l’arc lointain et la trop pénétrante flèche:
entre le monde trop vague pour saisir l’ange
et Celle qui, par trop de présence, l’empêche.

(Rilke)

 

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Ce soir mon coeur fait chanter des anges qui se souviennent (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 10 mai 2013



Ce soir mon coeur fait chanter
des anges qui se souviennent…
Une voix, presque mienne,
par trop de silence tentée,

monte et se décide
ne plus revenir;
tendre et intrépide,
à quoi va-t-elle s’unir?

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Calirezo

 

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