J’ai peur de la hauteur
Je suis tombé d’en haut
J’ai peur du feu
Je me suis souvent brûlé
J’ai peur de la séparation
J’ai été souvent blessé
Je n’ai pas peur de la mort
Je ne suis jamais mort
Même pas une fois
(Abbas Kiarostami)
Publié par arbrealettres le 14 mai 2013
J’ai peur de la hauteur
Je suis tombé d’en haut
J’ai peur du feu
Je me suis souvent brûlé
J’ai peur de la séparation
J’ai été souvent blessé
Je n’ai pas peur de la mort
Je ne suis jamais mort
Même pas une fois
(Abbas Kiarostami)
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Publié par arbrealettres le 5 mai 2013
Artibonite
Qu’attends-tu pour chanter des psaumes d’abeilles,
Qu’attends-tu pour étoiler tes yeux d’accents nouveaux
La récolte est sevrée de rires si tes mains
ne s’y prêtent point,
La rizière pleure sans ton coeur d’argile
qui bat au ralenti,
gémit, se ronge, jusqu’au sang
parce que tes pas ont déserté ses allées
tes eaux ne jouent plus entre ses vallonnements
Qu’attends-tu pour reprendre l’alléluia
des maïs d’or
Regarde le soleil écrire l’espoir
du joyeux labeur
mouillé de sueur, nourri du lait
de la terre
Chante les cloches
danse ta ronde
jusqu’à ce que ton coeur tourne,
ta tête tourne
et que tu tombes saoulé de cris
de plaisir et d’amour.
(Jacqueline Beaugé-Rosier)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2013

PAYSAGE DE RURALE DOULEUR
Des fruits tombent doucement sur la terre serrée
et le vieillard
au trop court capuchon d’enfant
suit le chemin
d’un pas menu jusqu’à l’extrême.
Un petit jardin de cives
tremblote sous les étoiles.
A l’habitation du tournant
une roue bleue au mur s’appuie,
le charron et ses aides
forment, mangeant debout, un groupe muet
semblant attendre pour réduire
dans un dernier effort
la misère et la peur du monde.
(Jean Follain)
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Publié par arbrealettres le 26 avril 2013
Je perçus des Funérailles, dans mon Cerveau,
Un Convoi allait et venait,
Il marchait – marchait sans fin – je crus
Que le Sens faisait irruption –
Puis quand tous furent assis,
Un Office, comme un Tambour –
Se mit à battre – on eût dit
Que mon esprit devenait gourd –
Puis j’entendis soulever une Caisse
Et de nouveau crisser dans mon Âme
Des pas, avec ces mêmes Bottes de Plomb,
Puis l’Espace – sonna le glas,
Comme si tous les Cieux étaient une Cloche,
Et l’Être, rien qu’une Oreille,
Et le Silence, et Moi, une Race étrange
Ici naufragée, solitaire –
Puis une Planche dans la Raison, céda,
Et je tombai, tombai encore –
Je heurtais un Monde, à chaque plongée,
Et Cessai de connaître – alors –
Combien obscurs les Hommes, les Pléiades,
Avant qu’un ciel soudain
Révèle qu’à jamais l’Un d’eux
Est soustrait à la vue –
Membres de l’Invisible, ils existent,
Sous nos yeux écarquillés,
Dans l’Immensité du Possible,
Insaisissables, comme l’Air –
Pourquoi ne pas Les avoir retenus ?
Les Cieux en souriant,
Frôlent nos Têtes désappointées,
Sans une syllabe –
(Emily Dickinson)
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Publié par arbrealettres le 24 avril 2013
SUICIDE
(Peut-être parce que tu ne savais pas la géométrie)
L’adolescent ne se connaissait plus,
il était dix heures du matin.
Son coeur lentement s’emplissait
d’ailes brisées et de fleurs de chiffon.
Il nota qu’il ne lui restait
sur les lèvres qu’une parole.
Comme il ôtait ses gants, il tomba
de ses mains une cendre fine.
Du balcon se voyait une tour
il se sentit balcon et tour.
Il vit pour sûr le regarder
la montre captive en son boîtier.
Et son ombre étendue en paix
sur le divan de blanche soie.
Et le garçon, géométrique et roide,
d’un coup de hache brisa le miroir
Cependant qu’un grand jet d’ombre
inondait la chimérique alcôve.
(Federico Garcia Lorca)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2013
L’attente
Du monde invisible et d’aurore
Où me guidaient mes anges pieux,
Qui viendra me rouvrir les yeux ?
Voici le jour. Je rêve encore.
Le doux enchantement des airs
Qui passent sur les roseraies,
Dans mes prunelles azurées
Vient comme une aube au fond des mers.
Heures et choses incertaines ;
Au loin, dans des bosquets de fleurs,
Me chantent mes divines soeurs,
Et j’écoute leurs voix lointaines.
Je tremble et de joie et d’effroi.
Nue, en ma chevelure blonde,
J’attends que le soleil m’inonde,
Et qu’une ombre tombe de moi.
(Charles Van Lerberghe)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2013
La fleur d’azalée
en tombant a délaissé
deux trois étamines
(Shikin)
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Publié par arbrealettres le 21 avril 2013
Vous m’avez dit, tel soir…
Vous m’avez dit, tel soir, des paroles si belles
Que sans doute les fleurs, qui se penchaient vers nous,
Soudain nous ont aimés et que l’une d’entre elles,
Pour nous toucher tous deux, tomba sur nos genoux.
Vous me parliez des temps prochains où nos années,
Comme des fruits trop mûrs, se laisseraient cueillir ;
Comment éclaterait le glas des destinées,
Comment on s’aimerait, en se sentant vieillir.
Votre voix m’enlaçait comme une chère étreinte,
Et votre coeur brûlait si tranquillement beau
Qu’en ce moment, j’aurais pu voir s’ouvrir sans crainte
Les tortueux chemins qui vont vers le tombeau.
(Emile Verhaeren)
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