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Articles Tagués ‘vase’

Je voudrais respirer les mots (Jean-Michel Maulpoix)

Publié par arbrealettres le 3 juin 2013



 

Alexander Daniloff _studente_60x60

Je voudrais respirer les mots comme on respire le parfum des fleurs.
Les cueillir sur le papier et les disposer en bouquets dans des vases si transparents
qu’on en oublierait l’eau.
Alors on se prendrait à croire que ces mots-fleurs coupés se tiennent debout tout seuls…
Le livre dont je rêve, ce serait cela: un bouquet de fleurs parfumées
plantées dans une eau invisible.
Une sorte de miracle.
Comme on en rencontre précisément dans les livres.
Des fleurs sans histoire et sans ombre.
Et pourquoi pas sans tiges, suspendues comme des étoiles au ciel.
Ou comme des papillons.

(Jean-Michel Maulpoix)

Illustration: Alexander Daniloff

 

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Roulez tambours (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 19 mai 2013


 


Audrey Kawasaki i5

 

Roulez tambours, et grondez voix du Saint-Esprit : la jeune fille
nue a plus d’un tour dans son sac.
Peur à la peur, l’odeur s’est tue et le fonctionnaire en retraite se porte bien.
Dans son arbre généalogique il dépiste le gène chromosome et
sait extraire les coucous de sa famille.
Sûr de lui, il remonte la lourde pluie pour aller briser à Soissons ce qui reste du vase.
"Insistez dans l’inspiration " — commandait le gymnasiarque -
" et expirez à volonté. "
Je crains le crocodile et la plume trempée dans le lacrymatoire.
Dans le non-sens que de richesse de savoir !

(Georges Libbrecht)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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Une tristesse inexprimable (Ossip Mandelstam)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Une tristesse inexprimable
A ouvert deux yeux immenses.
Le vase de fleurs s’éveillant
Nous éclabousse de cristal.

Toute la chambre est imprégnée
De langueur — délicieux remède
Penser qu’un si petit royaume
A englouti tant de sommeil.

Il n’y a qu’un peu de vin rouge
Et qu’un peu de soleil de mai —
La blancheur des doigts les plus fins
Émiette le mince biscuit.

(Ossip Mandelstam)

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La fleur sauvage de la paroi (Tilemachos Chytiris)

Publié par arbrealettres le 17 avril 2013



La fleur
sauvage de la paroi
jamais moi je ne la couperais
c’est vous qui l’avez arrachée
et maintenant vous dites la tenir au frais
dans un vase en verre,
illusions
la fleur est morte
il faut le savoir
et il est inutile
voire nuisible dirais-je
d’avoir comme ornement
la mort

(Tilemachos Chytiris)

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CHOSE PAUVRE (Georges Themelis)

Publié par arbrealettres le 13 avril 2013



 

Salvador Dali __ solitude-anthropomorphe

CHOSE PAUVRE

Si je n’avais ce prétexte
Couverture qui couvre en dissimulant le fantôme
Cet habit sépulcral et mortuaire
Je pourrais traverser le filet, me transpercer moi-même,
passer dans un autre corps, dans un autre prétexte.
Nuage indéchirable, corps resplendissant.

Si je n’avais un vêtement lourd comme une armure

Lambeaux par lambeaux j’enlèverais la peau
Morceau par morceau je déc ouvrirais la poitrine,
le corps,
Pour dévoiler mon être, pour te contenir dans mon âme

Je me suis dénudé jusqu’au fond jusqu’à mes
ossements ultimes, je suis resté exténué et sans force.

Tu peux maintenant, si tu le veux, me briser
Comme un vase de terre vide
Faire de moi une chose pauvre, une poignée de terre.

(Georges Themelis)

Illustration: Salvador Dali

 

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Les yeux ouverts (Anna Akhmatova)

Publié par arbrealettres le 5 avril 2013




Les yeux ouverts

Il n’y a plus de temps, il n’y a plus d’espace,
J’ai tout examiné à travers la nuit blanche:
Et le narcisse sur ta table dans le vase,
Et la fumée bleue du cigare,
Et ce miroir, où, comme dans une eau pure,
Tu pourrais en ce moment te refléter.
Il n’y a plus de temps, il n’y a plus d’espace,
Et même toi, tu ne peux pas m’aider.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Marina Podgaevskaya

 

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Paroi (Gabrielle Althen)

Publié par arbrealettres le 11 mars 2013



Paroi

Nulle brèche sur la paroi du jour.
Nulle fenêtre d’osmose où commencer l’amour…
Dehors est un ovale intact,
impérissable œuf de plomb décomposé sur nos sols.
Et il y a la surface intérieure,
paysage rentré sous nos arches de sang.

La mer et la montagne s’évaporaient
lentement dans la brume.
Devant pesait le vase
sans périple du temps.

Si la jeunesse était le chemin
sous la peau de cette veine qui revient,
évasifs, d’un doigt parmi nos spirales sanguines,
nous réinventerions le jour,
et ses fêtes rétractiles sous l’arbre du dedans.

(Gabrielle Althen)


Illustration

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À NOUVEAU (Jacques Goorma)

Publié par arbrealettres le 15 janvier 2013



 

À NOUVEAU

À l’air de rien

Dire les choses
comme en passant
pour qu’elles restent

*

Aux lèvres de bois

La porte me profère
chaque fois que je sors

*

Aux mécontents

Ils vont à la source
avec un petit vase

*

A la recherche

La science
pour éviter l’imprévu
le poème
pour le rencontrer

*

Au réconfort

La musique de Bach
console de la douleur
qu’elle suscite

*

À l’âme

Ce peu de noir
au fond des yeux
et qui peut tout

*

Au poème

Une étincelle
dans la grange

(Jacques Goorma)

 

 

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CITÉS DISPARUES (Jaime Labastida)

Publié par arbrealettres le 10 janvier 2013


 


 

Teotihuacán

CITÉS DISPARUES

Le plus certain : le bruit effrayant
du silence. Où est restée Troie ?
Ensevelie. Où est Teotihuacán ?
Objet de tourisme. Et le Parthénon ?
Et l’Acropole ? Pierres lépreuses,
un peu d’air entre des colonnes gangrenées.
Venise ? Ensevelie sous la vase et le commerce.
Ainsi moururent Thèbes, aux portes
inhospitalières, et Palenque
dans son luxuriant catafalque de verdure.
Les pierres souffrent du cancer. L’ère
du pétrole a succédé enfin
à celle du fer. Et ce Mexique-là,
d’il y a à peine quelques heures,
celui dans lequel on pouvait dormir
et respirer, dans quel puits
de sang et de bitume nous enfonce-t-il ?
Tant de cités mortes,
avalées par des mers de cendre ?
Qui a élevé les murs de Corinthe ?
Ses portes ne s’ouvraient, dit-on,
que pour faire entrer
les épices. Et, au déclin du jour,
les volets se rapprochaient et la clef
enfermait non seulement la cité
mais aussi le temps et le savoir.
Ceux qui arrivaient trop tard ne trouvaient pas
les paroles du repos : le pont
avait divisé les hommes.
L’eau était muraille. L’air durcissait
subitement comme une roche vive. C’était un temps
tranquille celui de la langue qui vibrait
dans sa conversation d’azur, cette voix
qui glissait les mots comme un écho
de l’écho du feu, près du foyer
domestique, attentif, dans la pénombre certaine
des fantasmes. Les questions trouvaient
réponse. On nous l’a raconté: l’eau était cristal.
Les volcans avaient cessé de jeter
leur feu. Seulement neige et douceur, seulement
lumière et silence. Ah ! cités somptueuses,
perroquets solennels ! Maintenant nous marchons
dans leurs os, peut-être
dans leur intestin. Où sont
les esclaves ? Les rameurs,
où sont-ils ? Il y eut un jour ici des lacs.
Maintenant ce sont égouts et pourriture.

Y aura-t-il un autre temps semblable, mensonger ?
Et d’autres cités moins dures?
Mangerons-nous alors autre chose
que le temps cruel
et la cendre? Et comme aujourd’hui,
nos fils lutteront-ils contre les assassins ?
Chichén Itzá éblouira-t-elle,
somnambule, mortelle ?

D’autres viendront creuser pour nous chercher.
On sourira en voyant nos crânes.
La cité se fera rouille.
Et la poussière révérencieuse fera tomber
avec douceur et clarté
sa queue de topaze
dans la colère rouge des heures.

(Jaime Labastida)

Illustration

 

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Votre amour, madame (Nizar Kabani)

Publié par arbrealettres le 2 janvier 2013



 

alla chakir

Votre amour, madame, m’a fait entrer dans les cités de la tristesse
Et moi avant votre amour je ne savais ce qu’est les cités la tristesse
Je n’ai jamais su que les larmes sont de l’humain
Que l’humain sans tristesse n’était que l’ombre [souvenir] d’un humain

Votre amour m’a appris a être triste
Et depuis des siècles j’avais besoin d’une femme qui me rendrai triste
D’une femme ,dans ses bras que je pleurerai comme un oiseau
D’une femme , qui rassemblerai mes morceaux tel les pièces d’un vase [bocal] cassé
Votre amour madame, m’a enseigné les pires manières
Il m’a appris a regarder dans ma tasse plusieurs fois durant la nuit
A essayer les remèdes des guérisseurs et à frapper les portes des voyantes
Il m’a appris à sortir de chez moi pour errer dans les rues
Et à rechercher votre visage sous la pluie et dans la lumière des feux
A rassembler a partir de vos yeux des millions d’étoiles
O femme qui a perturbé le monde , O ma douleur, O douleur des Nays

Votre amour, madame, m’a fait entrer dans les cités de la tristesse
Et moi avant votre amour je ne savais ce qu’est les cités de la tristesse
Je n’ai jamais su que les larmes sont de l’humain
que l’ humain sans tristesse n’était que l’ombre [souvenir] d’un humain

Votre amour m’a appris a me comporter comme les petits enfants
A dessiner votre visage avec de la craie sur les murs
O Femme qui a bouleversé mon histoire
De par vous ,je suis écorché d’un artère à un autre
Votre amour m’a enseigné comment l’Amour change-t-il le cours du temps
Il m’a enseigné que lorsque j’aime, la terre cesse de tourner
Votre amour m’a enseigné des choses qui ne sont jamais venu a l’esprit

Alors j’ai lu les contes d’enfants
Je suis entrer dans les palais des rois génies
Et j’ai rêvé que la fille du sultan m’épousait
Celle aux yeux plus claire qu’une eau limpide
Celle aux lèvres appétissantes plus que les fleurs des grenades
Et J’ai rêvé que je l’enlevais tel que font les chevaliers
Et de lui offrir des quantités de perles et corail
votre amour,madame, m’a enseigné ce qu’est le délire
Il m’a enseigné comment le temps passe
sans que vienne la fille du sultan …

(Nizar Kabani)

Illustration: Alla Chakir 

 

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