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Articles Tagués ‘vaste’

CHANT DE L’EXPOSITION (Walt Whitman)

Publié par arbrealettres le 10 juin 2013




CHANT DE L’EXPOSITION

VIENS, Muse, quitte la Grèce et l’Ionie,
Je t’en prie fais une croix sur ces comptes démesurément surpayés,
Cette histoire de Troie et du courroux d’Achille, les vagabondages d’Enée et d’Ulysse,
Suspends l’écriteau « Changement de domicile » et « A louer »
sur les rochers de ton Parnasse neigeux,
Fais de même à Jérusalem, place l’écriteau tout en haut de
la porte de Jaffa et sur le mont Moriah,
De même sur les murs des châteaux allemands, français,espagnols, et dans les musées d’Italie,
Car sache qu’une sphère meilleure, plus neuve, plus active
t’attend, qu’un domaine vaste, inexploré te réclame.

(Walt Whitman)

 

 

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A la lisière du vaste été (Chen Hongshou)

Publié par arbrealettres le 6 juin 2013



Les arbres de l’infinie douleur
Les nuages de l’infinie joie
Se donnent parfois signe de vie
A la lisière du vaste été

(Chen Hongshou)

 

 

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Comme un Joyau Parmi des Ors Divergents (Emily Dickinson)

Publié par arbrealettres le 2 juin 2013


joyau

Ce premier Jour, où tu Me louas, mon Ange,
Me disant que j’étais forte -
Et pouvais être grande, si je voulais,
Ce Jour – d’entre les Jours -

Luit Central – comme un Joyau
Parmi des Ors Divergents -
Le Moindre – qui luisait derrière -
Et celui plus vaste – du Monde -

(Emily Dickinson)

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En toi la terre (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 17 mai 2013



En toi la terre

Petite
rose,
rose menue,
parfois,
minuscule et nue,
on dirait
que tu tiens
dans une seule de mes mains,
que je vais t’y emprisonner
et à ma bouche te porter,
mais
soudain
mes pieds touchent tes pieds et ma bouche tes lèvres,
tu as grandi,
tes épaules s’élèvent comme deux collines
et voici que tes seins se promènent sur ma poitrine,
mon bras parvient à peine à entourer la mince ligne,
le croissant de nouvelle lune de ta taille :
dans l’amour tu t’es déchaînée comme l’eau de la mer :
je mesure à peine les yeux les plus vastes du ciel
et je me penche sur ta bouche pour embrasser la terre.

(Pablo Neruda)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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La femme qui tremble (Siri Hustvedt)

Publié par arbrealettres le 13 mai 2013



Alice Pike Barney 29764

La femme qui tremble

[...]
Le moi est plus vaste que le narrateur qui dit Je.
Autour et en dessous de l’île de ce narrateur conscient de lui-même,
s’étend un vaste océan d’inconscient
— fait de ce que nous ne savons pas ou que nous avons oublié.
Une vérité étonnante faite de brume et de brouillard
et du fantôme non reconnaissable de la mémoire et du rêve —
une vérité qui ne peut être tenue dans mes mains,
car elle est toujours en train de s’envoler et de s’échapper,
et je ne peux pas dire si c’est quelque chose ou rien.
Je la poursuis avec des mots.
Même si elle ne peut être capturée.
Et parfois, de temps en temps,
j’imagine que je m’en suis approchée.
[...]

(Siri Hustvedt)

Illustration: Alice Pike Barney

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CRÉPUSCULE (Juan Ramón Jiménez)

Publié par arbrealettres le 1 mai 2013



 

Linda Noul   Lune rouge

CRÉPUSCULE

Un câble du télégraphe
coupe au ciel, exactement en deux
— oh nuage ! — sa poitrine rose.
— Quelle douleur ! —
Le ciel voit les étoiles,
et son coeur déborde
— oh lune ! — rouge et vaste.
— Quelle douleur ! —

***

CREPÚSCULO

Un cable del telégrafo
le corta al cielo, exactamente en dos
— ¡oh nube!— el pecho rosa.
—¡Qué dolor!—
Ve el cielo las estrellas,
y se le sale el corazón
— ¡oh luna!— rojo y grande.
—¡Qué dolor!—

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Linda Noul

 

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AMO ERGO SUM (Kathleen Raine)

Publié par arbrealettres le 26 avril 2013




AMO ERGO SUM

Parce que j’aime
Le soleil répand ses rayons d’or vivant
Répand son or et son argent sur la mer.

Parce que j’aime
La terre sur son fuseau astral déroule
Sa danse qui fait naître l’extase.

Parce que j’aime
Les nuages voyagent dans le vent à travers de vastes ciels,
Les ciels vastes et beaux, bleus et profonds.

Parce que j’aime
Le vent souffle dans les voiles blanches,
Le vent souffle sur les fleurs, le doux vent souffle.

Parce que j’aime
Les fougères poussent vertes, et verte l’herbe, et verts
Les arbres transparents ensoleillés.

Parce que j’aime
Les alouettes jaillissent de l’herbe
Et toutes les feuilles sont pleines d’oiseaux qui chantent.

Parce que j’aime
L’air d’été frémit de milliers d’ailes,
Des yeux, bijoux par myriades, brûlent dans la lumière.

Parce que j’aime
Les coquillages irisés sur le sable
Prennent des formes fines et compliquées comme la pensée.

Parce que j’aime
Il est un chemin invisible à travers le ciel,
Les oiseaux passent par ce chemin, le soleil et la lune
Et toutes les étoiles voyagent par ce sentier la nuit.

Parce que j’aime
Il est une rivière qui coule toute la nuit.

Parce que j’aime
Toute la nuit la rivière coule, entre dans mon sommeil,
Dix mille choses vivantes dorment dans mes bras,
Et veillent en dormant, et passent immobiles.

***

AMO ERGO SUM

Because I love
The sun pours out its rays of living gold
Pours out its gold and silver on the sea.

Because I love
The earth upon her astral spindle winds
Her ecstasy-producing dance.

Because I love
Clouds travel on the winds through wide skies,
Skies wide and beautiful, blue and deep.

Because I love
Wind blows white sails,
The wind blows over flowers, the sweet wind blows.

Because I love
The ferns grow green, and green the grass, and green
The transparent sunlit trees.

Because I love
Larks rise up from the grass
And all the leaves are full of singing birds.

Because I love
The summer air quivers with a thousand wings,
Myriads of jewelled eyes burn in the light.

Because I love
The iridescent shells upon the sand
Take forms as fine and intricate as thought.

Because I love
There is an invisible way across the sky,
Birds travel by that way, the sun and moon
And all the stars travel that path by night.

Because I love
There is a river flowing all night long.

Because I love
All night the river flows into my sleep,
Ten thousand living things are sleeping in my arms,
And sleeping wake, and flowing are at rest.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Le Poète (Emily Dickinson)

Publié par arbrealettres le 26 avril 2013


le_poete_1_baumer

C’était un Poète – Ce
Qui extrait un sens surprenant
De Signes ordinaires -
Une si vaste Essence

Des espèces familières
Ayant péri à la Porte -
Qu’on s’étonne de ne pas Soi-même
L’avoir captée – d’abord -

D’Images, Révélateur -
Le Poète – Lui et nul autre -
Par Contraste – Nous investit -
D’une perpétuelle Pauvreté -

De la Partie – si inconscient – qu’un Vol -
Ne saurait le léser -
Lui-même – est pour Lui – un Trésor -
Au temps – étranger -

***

This was a Poet — It is That
Distills amazing sense
From ordinary Meanings —
And Attar so immense

From the familiar species
That perished by the Door —
We wonder it was not Ourselves
Arrested it — before —

Of Pictures, the Discloser —
The Poet — it is He —
Entitles Us — by Contrast —
To ceaseless Poverty —

Of portion — so unconscious —
The Robbing — could not harm —
Himself — to Him — a Fortune —
Exterior — to Time —

(Emily Dickinson)

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Son temple est vaste et morose (Francis Vielé-Griffin)

Publié par arbrealettres le 25 avril 2013



 

Anne-Marie Zilberman (12)

Son temple est vaste et morose;
Son culte est fébrile et sans fin;
La prière, sans une pause,
S’élève d’hier en demain;

Et seul le choeur varie:
Tantôt maintes voix, tantôt une,
Aux accords du vent se marient
Au-dessus de la grève et des dunes;

On chante de voix haute ou discrète
- Qui sait si le choeur s’en grossit
Qui sait si la voix qu’on se prête
Ne s’étouffe pas dans le bruit?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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Plus vaste est le temps (Milan Kundera)

Publié par arbrealettres le 20 avril 2013


 


 

Pedro Ruiz 1957 - Colombian painter -   (18)

Plus vaste est le temps que nous avons laissé derrière nous,
plus irrésistible est la voix qui nous invite au retour.

(Milan Kundera)

Illustration: Pedro Ruiz

 

 

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