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Articles Tagués ‘vent’

D’un vanneur de blé aux vents (Joachim du Bellay)

Publié par arbrealettres le 22 mai 2013



 

Jean-François Millet  Vanneur

D’un vanneur de blé aux vents

A vous, troupe légère,
Qui d’aile passagère
Par le monde volez,
Et d’un sifflant murmure
L’ombrageuse verdure
Doucement ébranlez,

J’offre ces violettes,
Ces lis et ces fleurettes,
Et ces roses ici,
Ces vermeillettes roses,
Tout fraîchement écloses,
Et ces oeillets aussi.

De votre douce haleine
Éventez cette plaine,
Éventez ce séjour,
Cependant que j’ahanne
A mon blé que je vanne
A la chaleur du jour.

(Joachim du Bellay)

Illustration: Jean-François Millet

 

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Rondeau de printemps (Charles d’Orléans)

Publié par arbrealettres le 22 mai 2013



 

Rondeau de printemps

Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n’y a bête ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie:
"Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie, "

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie,
Gouttes d’argent, d’orfèvrerie;
Chacun s’habille de nouveau.
Le temps a laissé son manteau.

(Charles d’Orléans)

Illustration: Piel-Colombo

 

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CIMETIÈRE AERIEN (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 19 mai 2013



 

Zdzislaw Beksinski  002445

CIMETIÈRE AERIEN

Beau cimetière à tous vents,
en haut du mont vers la France,
dans mon manchon de silence,
je pense et me ressouviens.
Toi qui passes sur ma rive,
dis ton Ave, joins les mains.
Le mort toujours en chemin
guette ceux qui veulent vivre.
Sonne le soir, le matin,
l’Angelus à la volée :

Je ne suis que la durée
sans hier et sans lendemain.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Zdzislaw Beksinski 

 

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Mer et forêt sont pareilles (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 19 mai 2013



 

mer  20090422_082443_

Mer et forêt sont pareilles,
pareils leurs sables de fond,
aussi leurs autels pareils,
pareilles leurs oraisons.
Voile au vent de la mémoire
atteindrons-nous le savoir,
l’Absolu dans le grimoire ?
Savoir c’est don de revoir.

(Georges Libbrecht)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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DERNIER COULOIR (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 19 mai 2013


 


Ettore Aldo Del Vigo -   (29)

 

DERNIER COULOIR

Avant tout : joie de servir
et de chanter si tu l’aimes,
avant tout : le seul désir
d’être pareil à toi-même
aux plages de ton poème
et d’éterniser l’instant.
Etre, avant tout, du voyage,
ne pas marchander le temps,
s’acharner dans les cordages
contre marées, contre vents.
Avant tout, s’en dégager
même si le masque est d’or,
toujours visière levée,
les bras nus et sans épée,
en attendant de partir
avant tout : joie de servir.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Devenir soi-même petit (Le Clézio)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Devenir soi-même petit,
si petit qu’on est à l’ombre d’une herbe et d’une fleur,
et vivre au soleil, dans la poussière,
sous le vent dans une seule journée
longue comme une saison.

(Le Clézio)


Illustration: Antoine de Saint-Exupéry

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L’impossible (Jules Laforgue)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



L’impossible

Je puis mourir ce soir! Averses, vents, soleil
Distribueront partout mon cœur, mes nerfs, mes moelles.
Tout sera dit pour moi! Ni rêve, ni réveil.
Je n’aurai pas été ici-bas, dans les étoiles!

En tous sens, je le sais, sur ces mondes lointains,
Pèlerins comme nous des pâles solitudes,
Dans la douceur des nuits tendant vers nous les mains,
Des Humanités soeurs rêvent par multitudes!

Oui! des frères partout! (Je le sais, je le sais!)
Ils sont seuls comme nous. — Palpitants de tristesse,
La nuit, ils nous font signe! Ah! n’irons-nous jamais?
On se consolerait dans la grande détresse!

Les astres, c’est certain, un jour s’aborderont!
Peut-être alors luira l’Aurore universelle
Que nous chantent ces gueux qui vont, l’Idée au front!
Ce sera contre Dieu la clameur fraternelle!

Hélas! avant ces temps, averses, vents, soleil
Auront au loin perdu mon coeur, mes nerfs, mes moelles,
Tout se fera sans moi ! Ni rêve, ni réveil!
Je n’aurai pas été dans les douces étoiles!

(Jules Laforgue)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Tu (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Tu

Tu opposes ton cœur ardent
A ma froide raison
Ton cœur aventureux
A mes angoisses.

Tu es le feu dans la cheminée
Qui brûle de tous ses tisons.

Tu es le vent sur la plaine
Qui emporte tout
Jusqu’au pied de la colline
Où le soleil se pose
Sur de mûres moissons.

Tu convoites l’espace
Avec tout ce qu’il contient.
Tu es l’incarnation de l’Etre.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Fabienne Contat

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Retrouvailles fugitives (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Retrouvailles fugitives

Alors que s’achève le temps des caresses
L’asile de nos amours clandestines
Reverdit chaque année.

Dans le verger des souvenirs
Où ils mûrissent trop
Au point de pourrir
Je te retrouve toujours fraîche
Et j’essuie de nouveau
Sur tes joues
Les larmes du crépuscule
Et de ton cœur silencieux
Montent de muets cris d’amour
Alors qu’à travers la brume de l’horizon
Nos regards étreints touchent
La colline couronnée de soleil

Une côte de vent et de pluie
Se dessine dans mon esprit
Où je te revois
Ecrasant sous tes pieds menus
Tous les coquillages de la grève.
Dans les embruns tu venais
Fille naturelle de la mer
Me sauver du naufrage.
Maintenant l’oiseau vole solitaire
Entre l’écume et le nuage
Et le sable sec recouvre
Tes pas qui s’imprimaient
Dans le sable mouillé
A la frontière des eaux
Pour me laisser un message d’adieu
Avant de retourner dans les profondeurs de l’oubli.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Impressions (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Impressions

Des soleils naufragés
S’égarent sur la terre
Une robe de mousse s’ouvre
Sur la plaie de l’écorce
Blessure de lumière charnelle
Qui fait les silences rugueux.

Le vent pousse les nuages
Mais les cailloux se désespèrent
De troubler les reflets de l’eau
Les cloches de la soif tintent
Dans une église d’arbres
Les papillons de la pluie
Accourent vers ma fenêtre

(Jean-Baptiste Besnard)

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