Eau claire entourant de ses bras le village
Longs jours d’été où tout n’est que poésie
Sans crainte vont et viennent les couples d’hirondelles…
(Du Fu)
Publié par arbrealettres le 17 juin 2013
Eau claire entourant de ses bras le village
Longs jours d’été où tout n’est que poésie
Sans crainte vont et viennent les couples d’hirondelles…
(Du Fu)
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Publié par arbrealettres le 14 juin 2013
Les pas entendus
le corps, les visages, les mains
se fondent au village
à grands arbres sculptés.
Il n’y a plus de temps à perdre
répète une voix.
Ce sont pourtant les mêmes pas
que dans la glaise des matins
où brillaient le cuivre et l’étain.
L’avenir se cache dans les plis
des rideaux figés
le pain fait la chair.
(Jean Follain)
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Publié par arbrealettres le 7 juin 2013
L’enfant au miroir
(A Mlle Emilie Bascans)
Si j’étais assez grande,
Je voudrais voir
L’effet de ma guirlande
Dans le miroir.
En montant sur la chaise,
Je l’atteindrais ;
Mais sans aide et sans aise,
Je tomberais.
La dame plus heureuse,
Sans faire un pas,
Sans quitter sa causeuse,
De haut en bas,
Dans une glace claire,
Comme au hasard,
Pour apprendre à se plaire
Jette un regard.
Ah ! c’est bien incommode
D’avoir huit ans !
Il faut suivre la mode
Et perdre un temps !…
Peut-on aimer la ville
Et les salons !
On s’en va si tranquille
Dans les vallons !
Quand ma mère qui m’aime
Et me défend,
Et qui veille elle-même
Sur son enfant,
M’emporte où l’on respire
Les fleurs et l’air,
Si son enfant soupire,
C’est un éclair !
Les ruisseaux des prairies
Font des psychés
Où, libres et fleuries,
Les fronts penchés
Dans l’eau qui se balance,
Sans nous hausser,
Nous allons en silence
Nous voir passer.
C’est frais dans le bois sombre,
Et puis c’est beau
De danser comme une ombre
Au bord de l’eau !
Les enfants de mon âge,
Courant toujours,
Devraient tous au village
Passer leurs jours !
(Marceline Desbordes-Valmore)
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Publié par arbrealettres le 30 mai 2013
Dans un village des montagnes,
La solitude de l’hiver
S’augmente encore,
Si l’on songe qu’ont disparu
Même les regards humains, même les herbes.
(Minamoto no Muneyuki Ason)
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Publié par arbrealettres le 29 mai 2013
Bleuet et Coquelicot
—Encore une journée de bonheur qui vient de s’écouler
ma chère Bleuette.
—Et qui recommencera demain, ma chère Coquelicot.
—Regrettes-tu ton ancienne forme?
—Non.
—Ni moi, non plus.
—Nous avons bien fait de choisir ce modeste village
pour y vivre tranquillement.
Le bonheur n’est qu’aux champs.
—Avec Lucas qui est si bon.
—Et avec Blaise, qui joue si bien de la musette.
—Rien n’est doux au monde comme d’être femme.
—Pour être heureuse, il faut avoir un coeur.
Puis les deux jeunes filles se mettaient devant leur miroir.
—Ne suis-je pas plus jolie que lorsque j’étais simple bleuet?
demandait l’une.
—Qui ne me préférerait à tous les coquelicots de la terre?
répondait l’autre.
Voilà ce que la bergère Brune et la bergère Blonde
se disaient chaque soir, après quoi elles s’embrassaient,
et s’endormaient jusqu’aux premiers roucoulements de leurs tourterelles.
(J.J. Grandville)
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Publié par arbrealettres le 23 mai 2013
Complainte d’un certain dimanche
L’homme n’est pas méchant, ni la femme éphémère.
Ah! fous dont au casino battent les talons,
Tout homme pleure un jour et toute femme est mère,
Nous sommes tous filials, allons!
Mais quoi! les Destins ont des partis-pris si tristes,
Qui font que, les uns loin des autres, l’on s’exile,
Qu’on se traite à tort et à travers d’égoïstes,
Et qu’on s’use à trouver quelque unique Évangile.
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Moi je veux vivre monotone.
Dans ce village en falaises, loin, vers les cloches,
Je redescends dévisagé par les enfants
Qui s’en vont faire bénir de tièdes brioches;
Et rentré, mon sacré-coeur se fend!
Les moineaux des vieux toits pépient à ma fenêtre,
Ils me regardent dîner, sans faim, à la carte;
Des âmes d’amis morts les habitent peut-être ?
Je leur jette du pain : comme blessés, ils partent!
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Moi je veux vivre monotone.
Elle est partie hier. Suis-je pas triste d’elle?
Mais c’est vrai ! Voilà donc le fond de mon chagrin!
Oh! ma vie est aux plis de ta jupe fidèle!
Son mouchoir me flottait sur le Rhin….
Seul. — Le Couchant retient un moment son Quadrige
En rayons où le ballet des moucherons danse,
Puis, vers les toits fumants de la soupe, il s’afflige…
Et c’est le Soir, l’insaisissable confidence…
Ah! jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Faudra-t-il vivre monotone?
Que d’yeux, en éventail, en ogive, ou d’inceste,
Depuis que l’Être espère, ont réclamé leurs droits!
Ô ciels, les yeux pourrissent-ils comme le reste?
Oh! qu’il fait seul! oh! fait-il froid!
Oh! que d’après-midi d’automne à vivre encore!
Le Spleen, eunuque à froid, sur nos rêves se vautre!
Or, ne pouvant redevenir des madrépores,
Ô mes humains, consolons-nous les uns les autres.
Et jusqu’à ce que la nature soit bien bonne,
Tâchons de vivre monotone.
(Jules Laforgue)
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Publié par arbrealettres le 2 mai 2013
Toujours
De l’homme, non?
Le coeur ne saurait être connu:
Mais, dans mon village natal,
Les fleurs, de jadis
Exhalent toujours le parfum.
(Ki no Tsurayuki)
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Publié par arbrealettres le 21 avril 2013
Je songe à ce village …
Je songe à ce village assis au bord des bois,
Aux bois silencieux que novembre dépouille,
Aux studieuses nuits, – et près du feu je vois
Une vieille accroupie et filant sa quenouille.
Toi que j’ai rencontrée à tous les carrefours
Où tu guidais mes pas, mélancolique et tendre,
Lune, je te verrai te mirant dans le cours
D’une belle rivière et qui commence à prendre.
(Jean Moréas)
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Publié par arbrealettres le 15 avril 2013
LE FATUM
La lumière vespérale
de ton village du nord,
son soleil terreux,
pèseront toujours sur ton coeur.
(Pier Paolo Pasolini)
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Publié par arbrealettres le 15 avril 2013
L’ÉPICIER
Que la lumière rasante
du soleil sur ton village
ne t’illusionne, tu as la force
d’un Faust de plume.
(Pier Paolo Pasolini)
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