Mots
cathédrales du creux
nous mettrons nos vitraux
aux calcites du silence
(Werner Lambersy)
Publié par arbrealettres le 3 mai 2013
Mots
cathédrales du creux
nous mettrons nos vitraux
aux calcites du silence
(Werner Lambersy)
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Publié par arbrealettres le 8 avril 2013

L’HEURE D’INSPIRATION
C’est l’heure où, dans les bois, le rossignol, qui veille,
Prodigue de ses chants la plaintive merveille :
Où, de ses rendez-vous égayant les déserts,
L’amour a des aveux, plus doux que ces concerts :
Où les eaux du ruissel, que le vent contrarie,
Font, en se débattant, naître la rêverie.
C’est l’heure, où dans le thym s’appellent les grillons :
Où, comme des esprits, d’inquiets papillons
Viennent voir, aux vitraux qu’enflamment nos lumières,
Si nous parlons des morts, au moins dans nos prières.
C’est l’heure, où sur la mousse, au feu du ver luisant,
Les sylphes font pousser des fraises, en dansant.
Échos capricieux de leurs folles cadences,
Les feux-follets dans l’air se font des confidences :
La fleur pompe du soir la molle humidité :
Le ciel d’étoiles d’or sable l’obscurité,
Et cet or, réfléchi dans une onde courante,
Reproduit le Pactole et sa richesse errante.
Des nuages foncés, qui bordent l’horizon,
La lune, en se levant, disperse la prison :
L’azur bruni des cieux descend sur la verdure :
Une ombre transparente a baigné la nature,
Et d’un charme inconnu l’imprègne, en l’effleurant :
C’est l’heure, où l’on devient poète, en l’admirant.
(Jules Lefèvre-Deumier)
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Publié par arbrealettres le 2 mars 2013
HIÉROGLYPHE
J’ai trois fenêtres à ma chambre :
L’amour, la mer, la mort,
Sang vif, vert calme, violet.
Ô femme, doux et lourd trésor !
Froids vitraux, odeurs d’ambre.
La mer, la mort, l’amour,
Ne sentir que ce qui me plaît…
Femme, plus claire que le jour !
Par ce soir doré de septembre,
La mort, l’amour, la mer,
Me noyer dans l’oubli complet.
Femme ! femme ! cercueil de chair !
(Charles Cros)
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Publié par arbrealettres le 27 octobre 2012
Le vin nouveau
Le soleil allume en clair-obscur
L’ombre du frêne dans l’ombre d’or
Du petit bois; les vitraux
De l’église aux histoires mortes
Vibrent sous le rire des cloches,
Et l’ample robe d’une femme
En aventure fait au passage frémir
La saillie du chemin dans les herbes.
Je te quitte parce que tu n’es plus
Personne, a-t-elle dit à son amant
Devant un carafon de vin nouveau
Dont la splendeur réchauffait la pièce.
Elle marche en souriant, laissant
Aussi glisser des larmes sur ses lèvres.
(Hédi Kaddour)
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Publié par arbrealettres le 30 septembre 2012

DE L’AUTRE CÔTÉ
Années et minutes font l’amour.
Masques verts sous la pluie.
Eglise aux vitraux obscènes.
Trace bleue sur le mur.
Je ne connais pas.
Ne reconnais pas.
Obscur. Silence.
(Alejandra Pizarnik)
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Publié par arbrealettres le 2 septembre 2012

Nuages
Nulle chose au monde qui n’ait été
nuage. Nuage, les cathédrales,
vitraux bibliques et roc monumental,
que rasera le temps. Et l’Odyssée,
changeante comme la mer. Et distincte
chaque fois que nous l’ouvrons. Ton visage
dans le miroir reflète une autre image
et le jour un incertain labyrinthe.
Nous sommes ceux-là qui partent. Profus
le nuage qui s’efface au couchant
est à notre semblance. Constamment
la rose en autre rose se transmue.
Tu es nuage et mer, tu es oubli.
Tu es aussi les choses qui t’ont fui.
(Jorge Luis Borges)
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Publié par arbrealettres le 18 février 2012

Le jour s’éteint dans les vitraux d’or endurci
Et de bleu clair auquel l’air du ciel collabore.
L’église est grise; elle devient tout incolore;
Et déjà les vitraux ont un aspect transi,
Eux qui tantôt encor blasonnaient le silence.
Nul bruit. Devant l’autel, la lampe se balance
Du mouvement lassé d’une tête d’enfant
Qui, très blonde, voulant dormir, se dodeline.
L’église, contre l’ombre, à peine se défend;
Un reste d’encens plane en pâle mousseline
Qui fil à fil se désagrège dans les nefs;
Quelques cierges ont par instants des éclats brefs
De flamme horizontale et dont l’ombre s’évente.
Dans les vitraux foncés, s’est amarré le soir;
Translucide tantôt, leur verre est presque noir,
Bassins d’une eau froidie et qui se désargente !
Volupté de cette ombre et de subodorer
La maladive odeur des églises : bougies,
Encens fané, nappes du culte défraîchies,
Et les cires qui sont mortes de se pleurer !
(Georges Rodenbach)
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Publié par arbrealettres le 27 janvier 2012

Douceur parfois d’aller le dimanche à l’église
Édulcorer ses yeux aux offices du soir,
Être l’Ame qui s’est carguée et qui s’enlise,
Être l’Ame soudain fraîche comme un parloir,
Cependant que l’encens, avec mélancolie,
En rubans bleus à notre enfance nous relie…
Et douceur pour les Yeux de retourner encor
Dans les vitraux profonds qui sont des jardins d’or
Où des anges, vêtus de lin, tiennent des palmes
Et de rigides lis comme des jets d’eau calmes.
Et douceur pour les Doigts, repris du culte ancien,
D’allumer sur le noir candélabre, à Complies,
Quelque cierge qu’on suit des yeux, qu’on sait le sien;
[...]
(Georges Rodenbach)
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Publié par arbrealettres le 26 janvier 2012

VEILLÉE DE GLOIRE
Quel orgueil d’être seul à sa fenêtre, tard,
Près de la lampe amie, à travailler sans trêve,
Et sur la page blanche où l’on fixe son rêve
De planter un beau vers tout vibrant, comme un dard
Quel orgueil d’être seul pendant les soirs magiques
Quand tout s’est assoupi dans la cité qui dort,
Et que la Lune seule, avec son masque d’or,
Promène ses pieds blancs sur les toits léthargiques.
L’orgueil de luire encor lorsque tout est éteint :
Lampe du sanctuaire au fond des nefs sacrées,
Survivance du phare au-dessus des marées
Dont on ne perçoit plus qu’un murmure indistinct.
L’orgueil qu’ont les amants, les moines, les poètes,
D’être en communion avec l’obscurité,
Et d’avoir à leur coeur des vitraux de clarté
Qui ne s’éteignent pas pendant les nuits muettes.
Quel orgueil d’être seul, les mains contre son front,
A noter des vers doux comme un accord de lyre
Et, songeant à la mort prochaine, de se dire :
Peut-être que j’écris des choses qui vivront !
(Georges Rodenbach)
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Publié par arbrealettres le 24 janvier 2012

Enfance ! éloignement d’où lui vient sa douceur
Nuance où la couleur s’éternise en sourdine,
Religieux triptyque ombré d’une patine
Qui met sur les fonds d’or son vernis brunisseur.
Jeunesse ! Enfance ! attrait des choses disparues;
Astres du ciel plus clairs dans l’étang bleu du coeur
Chanson d’orgue criard dont toute la langueur
Expire en sons blessés dans le lointain des rues.
Je veux vous évoquer la ville aux pignons noirs,
Vieille ville flamande où les paroisses proches,
Lorsque j’étais enfant, faisaient pleurer leurs cloches
Comme un adieu de ceux qui mouraient dans les soirs !
Je veux recomposer la maison paternelle
Avant l’absence, avant la mort, avant les deuils;
Les soeurs, jeunes encor, dormant dans les fauteuils
Et le jardin en fleur et la vigne en tonnelle.
Je veux revivre une heure à l’ombre des grands murs,
Dans le collège ancien où nos âmes placides
S’ouvraient comme une église aux profondes absides
Avec des vitraux d’or pleins de visages purs.
Je veux vous reporter à ces calmes années :
Je suis resté le même après bien des douleurs;
Le manteau de mon Ame a toutes ses couleurs
Mais mes yeux sont plus las que des roses fanées.
{…]
Qu’importe ! ma souffrance est bonne ! Je les plains
Ceux qui n’ont plus l’orgueil d’être mélancoliques,
En gardant comme moi les dévotes reliques,
Les reliques d’enfant dont mes tiroirs sont pleins.
Surtout qu’en toi, ma chère ancienne, je m’épanche
Dans un chuchotement de mon esprit au tien
Viens donc; allons-nous-en poursuivre l’entretien
Dans le jardin flétri de ma Jeunesse Blanche,
Dans ce jardin désert, dans ce jardin fermé,
Dans ce jardin fleuri de lis, piqué de cierges,
Où jadis s’avançaient d’incomparables vierges
Dont les lèvres soufflaient l’odeur du mois de mai.
Mais ce parc est en proie à l’insulte des ronces,
Et mes rêves anciens, dans les lointains glacés,
Tels que des marbres blancs, tendent leurs bras cassés
Et de leurs yeux éteints pleurent dans les quinconces.
Pauvre parc envahi par l’automne et le soir,
Qui souffre en évoquant son aurore abolie;
Il est morne, il est vide, et ma mélancolie
L’enferme tout entier comme un grillage noir !
(Georges Rodenbach)
Publié dans poésie | Tagué: (Georges Rodenbach), adieu, aurore, âme, église, éloignement, évoquer, bonne, cloche, couleur, douceur, enfance, enfant, enfermer, entretien, envahi, fanée, fleur, grillage, insulte, jardin, las, lèvres, manteau, mélancolie, morne, noir, orgue, parc, paroisse, plaindre, pleurer, religieux, relique, revivre, ronces, rose, s'épancher, s'éterniser, souffrance, vide, vierge, vigne, vitraux | Poster un commentaire »