Articles Tagués ‘voix’
Publié par arbrealettres le 25 mai 2013

A la Rochecourbière
L’air écoute:
Nul bruit ne l’amuse.
Un soleil blanchi
Sur un ciel dénudé.
La distance fait
Trembler les champs.
Nous marchons sur un sol
Sec, et percevons
Ou croyons percevoir
La voix des pierres:
Silence des oiseaux.
***
At La Rochecourbière
An alertness of air
No sound impedes.
A whitened sun
On the naked sky.
Distance disturbs
Trembling fields.
We step on the dry
Earth an hear
Or strain to hear
The voice of stone,
The silence of birds.
(Michael Edwards)
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Les oreilles d’Amaranthe
Oreilles, la nature en coquillant qui gire
Vos petits ronds voutés de long et de travers,
Fait en vous un dédale, où bien souvent je perds
Le langage amoureux que pour vous je soupire.
Ô portes de l’esprit, par où le doux Zéphyre
Fait entrer sur son aile et l’amour et mes vers,
Chastes chemins du coeur qui toujours sont ouverts
Pour ouïr les discours d’un pudique martyre,
Oreilles l’abrégé de toutes les beautés,
Petits croissants d’amour, accroissez les bontés
De ma chère Amaranthe, afin qu’elle m’allège !
Mais quoi par vos faveurs pourrais-je la toucher ?
Ma voix qui n’est que feu n’ose vous approcher,
Pource que vous avez la blancheur de la neige.
(Pierre de Marbeuf)
Illustration: Charles Edward Perugini
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Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Dieu tu m’as donné la voix,
Dieu c’était pour m’en servir,
si j’ai trop parlé parfois
c’était de choses à dire.
qui pourrait y contredire ?
J’ai parlé selon ma foi.
Engageons-nous dans l’humain,
tout le reste est comédie,
dans la dangereuse vie
marchons la main dans la main.
La mère donne le sein
à l’image de Marie
et c’est la source de vie
c’est la source du matin.
J’en reviens toujours à l’âme :
qui peut dire ce qu’elle est
et qui peut dire son drame ?
Nous sommes les fils des femmes
dans un Monde imaginé.
Qui connaît l’autre côté ?
(Georges Libbrecht)
Illustration: Siegfried Zademack
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Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Roulez tambours, et grondez voix du Saint-Esprit : la jeune fille
nue a plus d’un tour dans son sac.
Peur à la peur, l’odeur s’est tue et le fonctionnaire en retraite se porte bien.
Dans son arbre généalogique il dépiste le gène chromosome et
sait extraire les coucous de sa famille.
Sûr de lui, il remonte la lourde pluie pour aller briser à Soissons ce qui reste du vase.
"Insistez dans l’inspiration " — commandait le gymnasiarque -
" et expirez à volonté. "
Je crains le crocodile et la plume trempée dans le lacrymatoire.
Dans le non-sens que de richesse de savoir !
(Georges Libbrecht)
Illustration: Audrey Kawasaki
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Publié par arbrealettres le 14 mai 2013
LA VOIX
Ah ! cette cantatrice:
sa voix l’élevait sur la pointe de l’orteil.
Elle ne pesait plus et se maintenait très bien,
je l’ai dit, sur la pointe de l’orteil.
Un soir elle chanta plus fort, monta dans les airs
et on ne la revit jamais.
(Norge)
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Publié par arbrealettres le 11 mai 2013

Ceux qui sont aimés mènent une vie difficile et pleine de dangers.
Ah, que ne se surmontent-ils pas pour aimer à leur tour ?
Autour de celles qui aiment il n’est que sécurité.
Plus personne ne les soupçonne
et elles-mêmes ne sont plus capables de se trahir.
En elles le secret est devenu intangible.
Elles le clament tout entier comme des rossignols,
il ne se divise pas.
Leur plainte ne vise qu’un seul ;
mais la nature entière y joint sa voix ;
c’est la plainte sur un être éternel.
Elles se jettent à la poursuite de celui qu’elles ont perdu,
mais dès les premiers pas, elles l’ont dépassé,
et il n’y a plus devant elles que Dieu.
Leur légende est celle de Byblis qui poursuit Caunos jusqu’en Lycie.
La poussée de son cœur lui fit parcourir des pays innombrables
sur les traces de celui qu’elle aimait,
et finalement elle fut à bout de forces.
Mais si forte était la mobilité de son être que
lorsqu’elle s’abandonna,
par delà sa mort elle reparut en source,
rapide, en source rapide.
(Rilke)
Illustration: William Bouguereau
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Publié par arbrealettres le 11 mai 2013
Ce soir mon coeur fait chanter
des anges qui se souviennent…
Une voix, presque mienne,
par trop de silence tentée,
monte et se décide
à ne plus revenir;
tendre et intrépide,
à quoi va-t-elle s’unir?
(Rilke)
Illustration: Fabienne Contat
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Publié par arbrealettres le 10 mai 2013

Ce soir mon coeur fait chanter
des anges qui se souviennent…
Une voix, presque mienne,
par trop de silence tentée,
monte et se décide
ne plus revenir;
tendre et intrépide,
à quoi va-t-elle s’unir?
(Rainer Maria Rilke)
Illustration: Calirezo
Publié dans poésie | Tagué: (Rainer Maria Rilke), ange, chanter, coeur, intrépide, monter, revenir, s'unir, se décider, se souvenir, silence, soir, tendre, tentée, voix | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 8 mai 2013

La voix de l’éclair te parle,
Renoue avec le passé
sous l’averse et la tempête
dans la nuit des girouettes
en prose et cristal français
tu ne comprends pas sa flamme.
Invente pour chaque image
l’énigme au double visage :
du dehors ou du dedans
lequel est le plus prenant ?
(Georges Libbrecht)
Illustration: Ettore Aldo Del Vigo
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Publié par arbrealettres le 7 mai 2013
Mon coeur est à celui dont le coeur est à Dieu:
je ne peux pas aimer quelqu’un d’autre que Dieu.
Mon coeur a chancelé quand j’ai vu ton regard,
la terrible douceur qui vient de ton regard.
La foudre soulignait ce que disait le ciel:
le dieu dans la beauté nous parle un peu plus fort.
La beauté durcissait le feu de ton regard,
la foudre soutenait à peine ton regard,
la beauté reculait devant la vérité.
La foudre répétait sa menace admirable:
le tonnerre éclatait au centre de mon âme,
l’orage me jurait que tu étais vivant.
Mon âme a relevé le défi des étoiles:
le tonnerre a fini par entendre ma voix,
et mon amour profond comme le désespoir.
J’ai voulu que mon coeur devienne la beauté,
mon coeur est devenu l’éclair que je voyais.
(Lydie Dattas)
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