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Poésie

Articles Tagués ‘voleur’

Le voleur rencontre un renard (Taïgi)

Publié par arbrealettres le 15 mai 2013



Le voleur
rencontre un renard,
dans le champ de melons.

(Taïgi)

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J’eusse aimé que tu me suives (Piero Bigongiari)

Publié par arbrealettres le 16 avril 2013



 

feu-rouge

J’eusse aimé que tu me suives

Voulais-je que tu me suives, ou
que tu délaisses mes traces ? Au moment où
le feu est passé au rouge
j’ai traversé, voleur que pourchassaient
ses remords. J’ai laissé derrière moi
les grandes rues, j’ai filé par les sentiers
sans issue. Je me suis retrouvé
sur des ravins de soleil, et là, sur des pics
vertigineux, j’ai attendu
que les digues eussent calmé les eaux
troublées du coeur.

(Piero Bigongiari)

 

 

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Mais j’ai peur parce que bientôt… (Anna Akhmatova)

Publié par arbrealettres le 6 avril 2013




Après tout ce vent et ce froid,
Il faisait bon se chauffer près du feu.
Je n’ai pas fait attention à mon coeur,
Et on me l’a volé.

La fin du nouvel an se prolonge solennelle,
Roses du nouvel an, vos tiges sont humides.
Dans ma poitrine on ne sent plus
Le tremblement des sauterelles.

On sait bien qui est le voleur.
Je l’ai reconnu à ses yeux.
Mais j’ai peur parce que bientôt… bientôt…
Il va rapporter son butin lui-même.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Mandragore (Armand Lanoux)

Publié par arbrealettres le 15 mars 2013



Mandragore

Mandragore naquit des larmes
d’un amant à l’orme pendu
d’un amoureux las des alarmes
d’un amour qui s’était perdu.

Alors la secrète racine
prit forme de femme et de fleur
et promit des amours faciles
sous la lanterne des voleurs.

Vint le jour où la Mandragore
trouvant un chevalier charmant
connut les fourmis qui dévorent
le cœur de ceux qui sont amants.

Bel ami de la Mandragore
ta fiancée est le malheur
et les oiseaux du mal picorent
ta bouche et le cœur de ton cœur.

Viens avec moi homme que j’aime
mange la pomme qui endort
je suis la mauvaise sirène
qui mène aux noces de la mort.

(Armand Lanoux)


Illustration

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Si je suis avec mon Amour (Renée Vivien)

Publié par arbrealettres le 11 mars 2013



Je ne crains pas les coups du sort,
Je ne crains rien, ni les supplices,
Ni la dent du serpent qui mord,
Ni le poison dans les calices,
Ni les voleurs qui fuient le jour,
Ni les sbires ni leurs complices,
Si je suis avec mon Amour.

Je me ris du bras le plus fort,
Je me moque bien des malices,
De la haine en fleur qui se tord,
Plus caressante que les lices ;
Je pourrais faire mes délices
De la guerre au bruit du tambour,
De l’épée aux froids artifices,
Si je suis avec mon Amour.

Haine qui guette et chat qui dort
N’ont point pour moi de maléfices ;
Je regarde en face la mort,
Les malheurs, les maux, les sévices ;
Je braverais, étant sans vices,
Les rois, au milieu de leur cour,
Les chefs, au front de leurs milices,
Si je suis avec mon Amour.

Blanche Amie aux noirs cheveux lisses,
Nul Dieu n’est assez puissant pour
Me dire : " Il faut que tu pâlisses ",
Si je suis avec mon Amour

(Renée Vivien)

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DIAMANT ENFUMÉ (Charles Cros)

Publié par arbrealettres le 2 mars 2013



 

Audrey Kawasaki YouComeFirst

DIAMANT ENFUMÉ

Il est des diamants aux si rares lueurs
Que, pris par les voleurs ou perdus dans la rue,
Ils retournent toujours aux rois leurs possesseurs.
Ainsi j’ai retrouvé ma chère disparue.

Mais quelquefois, brisée, à des marchands divers
La pierre est revendue, à moins qu’un aspect rare
Ne la défende. En leurs couleurs, en leurs éclairs,
Ses débris trahiraient le destructeur barbare.

Aussi, je n’ai plus peur, diamant vaguement
Enfumé, mais unique en ta splendeur voilée,
De te perdre. Toujours vers moi, ton seul amant,
Chère, tu reviendras des mains qui t’ont volée.

(Charles Cros)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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DIAMANT ENFUMÉ (Charles Cros)

Publié par arbrealettres le 28 février 2013



 

Anne-Marie Zilberman (4)

DIAMANT ENFUMÉ

Il est des diamants aux si rares lueurs
Que, pris par les voleurs ou perdus dans la rue,
Ils retournent toujours aux rois leurs possesseurs.
Ainsi j’ai retrouvé ma chère disparue.

Mais quelquefois, brisée, à des marchands divers
La pierre est revendue, à moins qu’un aspect rare
Ne la défende. En leurs couleurs, en leurs éclairs,
Ses débris trahiraient le destructeur barbare.

Aussi, je n’ai plus peur, diamant vaguement
Enfumé, mais unique en ta splendeur voilée,
De te perdre. Toujours vers moi, ton seul amant,
Chère, tu reviendras des mains qui t’ont volé.

(Charles Cros)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

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- Devant la Porte – (Emily Dickinson)

Publié par arbrealettres le 24 décembre 2012


jeanne-hebuterne-devant-une-porte-1919

J’avais passé – longtemps – loin de Chez moi -
Et à présent – devant la Porte -
Je n’osais ouvrir – de peur qu’un visage
De moi encore jamais vu

Ne me fixe impassible en ces lieux -
Seulement – une Vie que j’ai quittée -
Demeure-t-elle – toujours là?

Je rassemblai mon courage -
Scrutai longuement les Fenêtres -
Le Silence – comme un Océan déferla -
et se brisa à mon Oreille -

J’éclatai d’un rire Stupide -
A l’dée – de craindre une Porte -
moi qui avais affronté – Danger – et Deuils -
Et jamais tremblé – encore -

A la poignée j’ajustai – ma Main -
Avec d’inquiètes précautions -
De peur que la Porte Terrible ne bondisse -
et ne me cloue – au Sol -

Otai mes doigts, aussi prudemment que si c’était du Verre -

Et tendant l’Oreille – comme un Voleur
M’enfuis – en suffoquant – de la Maison.

(Emily Dickinson)

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LE BERGER ET LA MER (Jean de la Fontaine)

Publié par arbrealettres le 14 novembre 2012



 

LE BERGER ET LA MER

Du rapport d’un troupeau, dont il vivait sans soins,
Se contenta longtemps un voisin d’Amphitrite :
Si sa fortune était petite,
Elle était sûre tout au moins.
A la fin, les trésors déchargés sur la plage
Le tentèrent si bien qu’il vendit son troupeau,
Trafiqua de l’argent, le mit entier sur l’eau.
Cet argent périt par naufrage.
Son maître fut réduit à garder les Brebis,
Non plus Berger en chef comme il était jadis,
Quand ses propres Moutons paissaient sur le rivage :
Celui qui s’était vu Coridon ou Tircis
Fut Pierrot, et rien davantage.
Au bout de quelque temps il fit quelques profits,
Racheta des bêtes à laine ;
Et comme un jour les vents, retenant leur haleine,
Laissaient paisiblement aborder les vaisseaux :
"Vous voulez de l’argent, ô Mesdames les Eaux,
Dit-il ; adressez-vous, je vous prie, à quelque autre :
Ma foi! vous n’aurez pas le nôtre. "

Ceci n’est pas un conte à plaisir inventé.
Je me sers de la vérité
Pour montrer, par expérience,
Qu’un sou, quand il est assuré,
Vaut mieux que cinq en espérance ;
Qu’il se faut contenter de sa condition ;
Qu’aux conseils de la Mer et de l’Ambition
Nous devons fermer les oreilles.
Pour un qui s’en louera, dix mille s’en plaindront.
La Mer promet monts et merveilles ;
Fiez-vous-y, les vents et les voleurs viendront.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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LE CORBEAU VOULANT IMITER L’AIGLE (Jean de la Fontaine)

Publié par arbrealettres le 14 novembre 2012



 

LE CORBEAU VOULANT IMITER L’AIGLE

L’Oiseau de Jupiter enlevant un mouton,
Un Corbeau témoin de l’affaire,
Et plus faible de reins, mais non pas moins glouton,
En voulut sur l’heure autant faire.
Il tourne à l’entour du troupeau,
Marque entre cent Moutons le plus gras, le plus beau,
Un vrai Mouton de sacrifice :
On l’avait réservé pour la bouche des Dieux.
Gaillard Corbeau disait, en le couvant des yeux :
"Je ne sais qui fut ta nourrice ;
Mais ton corps me paraît en merveilleux état :
Tu me serviras de pâture."
Sur l’animal bêlant à ces mots il s’abat.
La Moutonnière créature
Pesait plus qu’un fromage, outre que sa toison
Etait d’une épaisseur extrême,
Et mêlée à peu près de la même façon
Que la barbe de Polyphème.
Elle empêtra si bien les serres du Corbeau
Que le pauvre animal ne put faire retraite.
Le Berger vient, le prend, l’encage bien et beau,
Le donne à ses enfants pour servir d’amusette.

Il faut se mesurer, la conséquence est nette :
Mal prend aux Volereaux de faire les Voleurs.
L’exemple est un dangereux leurre :
Tous les mangeurs de gens ne sont pas grands Seigneurs ;
Où la Guêpe a passé, le Moucheron demeure.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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