Arbrealettres

Poésie

Archive for 4 février 2015

LE VILLAGE À L’OUEST (Guo Xiangzhen)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2015



LE VILLAGE À L’OUEST

Proches ou lointains, que de temples
Au village à l’ouest, huit ou neuf foyers
Où pourrai-je vendre les poissons que j’ai pêchés
Pour acheter du vin et le déguster au fond des roseaux

(Guo Xiangzhen)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A gorge déployée (Jean-Pascal Dubost)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2015



A gorge déployée
je me gave de silence.

(Jean-Pascal Dubost)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Les rideaux de saveurs se déchirent (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2015



les rideaux de saveurs
se déchirent
secrets secrétés
avec des joies paresseuses
d’huile
à descendre le verre

morsure

falaises de pulpe
au revif des salives

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sous un habit de fleurs, la Nymphe que j’adore (Vincent Voiture)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2015



 

Sous un habit de fleurs, la Nymphe que j’adore,
L’autre soir apparut si brillante en ces lieux,
Qu’à l’éclat de son teint et celui de ses yeux,
Tout le monde la prit pour la naissante Aurore.

La Terre, en la voyant, fit mille fleurs éclore,
L’air fut partout rempli de chants mélodieux,
Et les feux de la nuit pâlirent dans les Cieux,
Et crurent que le jour recommençait encore.

Le Soleil qui tombait dans le sein de Thétis,
Rallumant tout à coup ses rayons amortis,
Fit tourner ses chevaux pour aller après elle.

Et l’Empire des flots ne l’eût su retenir ;
Mais la regardant mieux, et la voyant si belle,
Il se cacha sous l’onde et n’osa revenir.

(Vincent Voiture)

Illustration: Wilfred Gabriel de Glehn

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

D’un sommeil plus tranquille à mes Amours rêvant (Théophile de Viau)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2015



 

D’un sommeil plus tranquille à mes Amours rêvant
J’éveille avant le jour mes yeux et ma pensée,
Et cette longue nuit si durement passée,
Je me trouve étonné de quoi je suis vivant.

Demi désespéré je jure en me levant
D’arracher cet objet à mon âme insensée,
Et soudain de ses voeux ma raison offensée
Se dédit et me laisse aussi fol que devant.

Je sais bien que la mort suit de près ma folie,
Mais je vois tant d’appas en ma mélancolie
Que mon esprit ne peut souffrir sa guérison.

Chacun à son plaisir doit gouverner son âme,
Mytridate autrefois a vécu de poison,
Les Lestrigons de sang, et moi je vis de flamme.

(Théophile de Viau)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

C’est le champ de l’orage (Jean de Sponde)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2015



 

C’est le champ de l’orage : hé ! commence d’apprendre
Que ta vie est de Plume, et le monde de Vent.

(Jean de Sponde)

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Si j’avais comme vous, mignardes colombelles (Jean de Sponde)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2015



 

Jonathon Earl Bowser CelestialApparition-3

Si j’avais comme vous, mignardes colombelles,
Des plumages si beaux sur mon corps attachés,
On aurait beau tenir mes esprits empêchés
De l’indomptable fer de cent chaînes nouvelles,

Sur les ailes du vent je guiderais mes ailes,
J’irais jusqu’au séjour où mes biens sont cachés,
Ainsi, voyant de moi ces ennuis arrachés,
Je ne sentirais plus ces absences cruelles.

Colombelles, hélas ! que j’ai bien souhaité
Que mon corps vous semblât autant d’agilité,
Que mon âme d’amour à votre âme ressemble :

Mais quoi ! je le souhaite, et me trompe d’autant.
Ferais-je bien voler un amour si constant
D’un monde tout rempli de vos ailes ensemble ?

(Jean de Sponde)

Illustration: Jonathon Earl Bowser

 

Jonathon Earl Bowser

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tristesse pourquoi pas (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2015



Tristesse pourquoi pas
mais non
tristesse vitre sale crachant sa vilenie
sur tous les paysages
non tristesse
dent pourrie interdisant tout sourire
non tristesse tache de gras sur
la soie naturelle de cette mer
de cet air
Tristesse ah pourquoi pas
avance sur
moi mais joue de la harpe
couvre-moi de deuil
sans courber mes épaules
sois une auréole
de lumière noire sur ma tête

***

Tristeza ah porque nâo

Tristeza ah porque nâo
mas nâo
tristeza vidro sujo a cuspir sua vileza
sobre todas as paisagens
nâo tristeza
dente podre a proibir qualquer sorriso
nâo tristeza nôdoa de gordura sobre
a seda natural deste mar
deste ar
Tristeza ah porque nâo
avança sobre
mim mas toca harpa
cobre-me de luto
sem vergar meus ombras
sê uma auréola
de negra luz sobre a minha cabeça

(Teresa Rita Lopes)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’amour de mes pensers (Pierre de Marbeuf)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2015



 

Alphonse Mucha XG [1280x768]

L’amour de mes pensers …

L’amour de mes pensers, comme de son pinceau,
Vous peint à mon esprit, si je clos ma paupière,
Je vous vois en dormant, si je suis sans lumière,
Pour m’éclairer de nuit vous êtes mon flambeau.

Si je suis sur la terre, ou si je suis sur l’eau,
Vous me suivez sur terre, et dessus la rivière,
Car je vous vois toujours et devant et derrière
La croupe du cheval, la poupe du bateau.

Encor que de mon corps le vôtre soit absent,
A mon esprit toujours votre corps est présent :
Concevez-vous cela, ma divine maîtresse ?

Si pénétrer les corps par son agilité
Est la propre action de la divinité,
L’amour m’avait bien dit que vous étiez déesse.

(Pierre de Marbeuf)

Illustration: Alphonse Mucha

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Haie claire des cils (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2015



haie claire des cils
tant ta douceur
vers le miroir

gorge de labour riche
aux longs déplacements musqués
de la lenteur

tes pêches appétits
soudain pétrels
plongeants

la peau
serrures des mains
qui s’écartent comblées

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :