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Poésie

Archive for 4 mars 2015

Atys changé en pin (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



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Atys changé en pin

Un jeune pin tendu vers l’essence divine
Fait des signes au ciel avec ses longues mains.
Sa cime cherche un dieu, mais ses lentes racines
Dans mon corps ténébreux creusent de lents chemins.

(François Mauriac)

Illustration

 

 

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Une ligne de sable (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



Une ligne de sable, un renflement de dune,
Une frange d’écume et de varech : la mer…
Le doux trait des sourcils sur ta paupière brune
Et l’obscure forêt au bord du front désert :
Ton visage éclairé du feu de deux prunelles,
Étoiles de ma nuit dont les flammes jumelles
Quand tu dors vont brûler sur un autre univers,
Atys, je confonds tout dans un unique songe :
Enfant qui me dévaste, océan qui me ronge.

(François Mauriac)

Illustration: Frédéric Bazille

 

 

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Un siècle (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



Un siècle, j’attendrais la seconde où nos corps
Insulteront le ciel de leurs soifs confondues.
Si j’épuise une vie à guetter ta venue,
L’espace d’un baiser me donnera la mort.

(François Mauriac)

 

 

 

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Si j’embaumais en moi l’amour (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



Si j’embaumais en moi l’amour que je te voue,
Si je te couchais, morte, avec les autres morts,
La terre frémirait toujours de jeunes corps,
La lueur de ton sang rougirait d’autres joues.

Si je crevais mes yeux, tous les yeux inconnus
Du monde flamberaient dans ma nuit éternelle,
Et mon esprit rapace irait brûler ses ailes
Aux grands phares vivants que je ne verrais plus.

(François Mauriac)

 

 

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Ténèbre des caresses (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



Désormais, chaque jour est un renoncement
A la fatigue double et aux doubles paresses.
Ne vous refermez plus jamais sur mon tourment,
Ténèbre des caresses.

(François Mauriac)

Illustration

 

 

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L’artiste (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



L’artiste est doué de sens plus aigus que les autres hommes,
il voit, il sent, il appréhende tout un univers hors de la portée commune;
il est pareil à de petits enfants, dans les prairies,
à qui rien n’échappe de la vie infinie sous les grandes herbes.

(François Mauriac)

Illustration

 

 

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Je songe à tel ou tel (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



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Je songe à tel ou tel à qui j’apporte une unique brassée;
et la flamme vacillante n’éclaire plus que mon vieux visage
redevenu jeune tout à coup par la grâce du poème que je me récite à mi-voix
et qui ne vivra plus dans aucune mémoire humaine quand je me serai endormi.

(François Mauriac)

 

 

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Le moindre vent sèche les routes (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



Tu t’étonnes, coeur vieillissant,
de survivre à tant de déroutes?

La plus grande douleur
n’est jamais qu’un passant.

Le moindre vent sèche les routes.

(François Mauriac)

Illustration: Claude Cordier 

 

 

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Un poète est un enfant qui ne meurt pas (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



Au départ de tout destin poétique,
il y a le songe.
Je doute si aucun enfant a transposé la vie
plus que je ne l’ai fait.
C’est d’ailleurs commun à cet âge.

Mais ai-je jamais interrompu cette transposition?
Un poète est un enfant qui ne meurt pas,
un enfant qui survit,
privé des anges tutélaires de l’enfance,
un enfant sans garde-fou,
en proie à toutes les passions d’un coeur d’homme,
d’une chair d’homme,
à toute l’obscure frénésie du sang.

(François Mauriac)

Illustration: Mélusine Thiry

 

 

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Ô paix de ce pays d’ici (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



 

Graham Gercken 1960 -  Australian Impressionist Landscape painter -  (27) [1280x768]

Ô paix de ce pays d’ici
Où jadis nous nous aimâmes
Par nos corps et par nos âmes,
Ô paix de ce pays d’ici !

Le crépuscule dans les arbres
Dont tous les oiseaux sont fous
De s’être aimés comme nous,
Le crépuscule dans les arbres !

Et ce fleuve sous la forêt
Où, soeur folle des automnes,
Tu cueillais les anémones,
Et ce fleuve sous la forêt !

Sais-tu ce que nous dit le fleuve
Qui pleurait dans les roseaux
– Soupirs des vents et des eaux –
Sais-tu ce que nous dit le fleuve ?

Il nous dit : Craignez la forêt
Dont au carrefour des doutes
On ne connaît plus les routes.
Il nous dit : « Craignez la forêt ! »

Mais nous n’avons pas peur des arbres
Lourds du tumulte des vols
Et des chants des rossignols ;
Mais nous n’avons pas peur des arbres.

O paix de ce pays d’ici,
La voix des eaux est mensonge,
Et tu ne peux être un songe,
O paix de ce pays d’ici.

(Stuart Merrill)

Illustration: Graham Gercken

 

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