Arbrealettres

Poésie

Archive for 5 mars 2015

La pierre brûlante (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



La pierre brûlante
La lampe au loin
Les dahlias calcinés
Le bonheur est dans nos mains
Depuis le premier jour.

(Jean Rousselot)

 

 

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Je resterai celui que vous aimez (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



Je resterai celui que vous aimez, que j’aime
Qui ne choisit jamais ce qui doit être à lui.

La clarté, chaque jour, se lève tout au fond
Des écorces nocturnes,
Eveillant des héros sans regard et sans voix,
La clavicule en feu, le givre au bord du toit.

Avec elle qui reste au niveau de la terre,
Ecarte l’aventure
Et brûle jusqu’au soir ce que je sais de moi,
Il n’est besoin de rien, que d’avoir cette fièvre
Et d’entendre en moi-même le lent travail du jour.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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On dessine une bouche (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



On dessine une bouche
Et des mains
Pour se plaindre
Pour ne pas être seul
Pour se faire mal avant
De mourir
La figure penche
On n’y regarde point
Il y avait si peu à faire
La couleur est superflue
Tout ce qui brûle renaît
Et sa place est parmi nous
Il m’appartient
De refaire la pitié l’amour
De feindre le sommeil pour corriger le rêve
Nous sommes toujours d’ici
N’importe où.

(Jean Rousselot)

 

 

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TA MAIN… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



Ta main, plus chaude que la mienne,
Etait dans ces nuits blanches
Le fantôme de mes peines.
En face, le mur aveuglé
Ecoutait l’averse, écoutait
Le sang noir
Ruisseler de coeurs lointains.

Les mots depuis longtemps
Ne suffisent plus.
Dans les couloirs moisis
Tu retrouveras nos pas.
Sur les fleurs gauches des cloisons
Nos regards.
Il ne reste plus rien.
Mais la mémoire continue.
Ton chapeau est sur le lit,
La douleur est repartie,
Mais le soleil réchauffe encore
Des épaules rondes dans l’escalier.

La tête sur le poing, aveuglé de silence
Je n’oublierai jamais le sang qui m’appelait.
Je me retournerai quand tu seras parti
Je t’attendrai jusqu’au matin.

(Jean Rousselot)

 

 

 

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IL Y AVAIT DES FEMMES… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



Il y avait des femmes, grandes et maternelles.
Mystère de leurs jupes douces sur mes bras nus.
Et le soleil ! Les guêpes, prisonnières du couchant,
Glissaient parmi les peines anciennes de la vitre,
Traversaient le losange que chaque été reforme,
Immerge dans la crête transparente des bois.
Un fleuve qui éclate sans troubler mon sommeil
Et s’allonge sans bruit sur le plâtre. Des surprises
Dans les lauriers mouillés. Et puis de ferroviaires
Aventures, au petit jour, tandis que brûlent
Le dernier visage, la dernière porte.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

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TON FRONT SOUS MES DOIGTS (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



Ton front sous mes doigts,
Comme un fleuve chaleureux,
Comme le neuf aubier.
Ton front couronné de chemins
Où jamais je n’accompagne
Mon ombre.

Sous les feuilles, je cherche ainsi
La terre,
Pour que ma joie ne puisse
A droite, à gauche, s’en aller,
Pour qu’elle reste en moi
Dans ma liberté de pierre.

(Jean Rousselot)

 

 

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L’AMI MORTEL (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



L’AMI MORTEL
A Bernard Milleret.

Chaque matin son pas m’éveille
Dans cette poitrine de plomb
Où le soleil, grand fauve blond,
Se fait attendre et m’émerveille.

Tout le jour, son pas traîne long
Dans les couloirs. Je tends l’oreille :
Qui de nous deux l’autre surveille
Ou le désire ? — c’est selon…

Mais vainement à le surprendre
Je m’efforce : il a dû m’entendre :
Rien qu’une fleur sur le plancher…

Rien qu’une fleur au coeur de suie
Qui me parle de mon péché !
— Puis le soir ramène la pluie…

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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LE VENT SE LEVE AVEC LE JOUR… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



LE VENT SE LEVE AVEC LE JOUR…
A Maurice Fombeure.

Le vent se lève avec le jour
Et fait le tour de la maison
Où la douleur sommeille encore
Entre les bras qui l’on bercée
A l’ombre des futaies du sang.

Le vent se lève avec le jour
Et crache noir dans la rosée
Sur les chalands aux longes molles
Sur les ferrailles oubliées
Qui recommencent d’exister.

Le vent se lève avec le jour
Et sous l’aisselle un vieux soleil
Qui roule à travers la mémoire
Comme un morceau de pain rouillé
Sur les dalles de la prison.

L’homme ne tardera plus guère
On l’entend geindre et se débattre
Dans le cilice de sa chair
Et réchauffer de son haleine
L’oeuf purulent de son amour.

(Jean Rousselot)

 

 

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LES FLEUVES BLEUS DU FEU… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



Les fleuves bleus du feu
Déchirent la campagne laiteuse.
On entend craquer les os
De la terre
Qui se met à sentir
Comme une femme en amour.
Bonne sueur de joie
Remontant les grilles de la pluie,
Bonnes larmes
Et larmes pour les jambes des femmes
Inquiétantes colombes.

(Jean Rousselot)

 

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Je suis riche de soirs et d’aurores (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



 

Antoine Calbet (3)

Je suis riche de soirs et d’aurores,
De chants, de parfums, de clarté ;
Quel fruit cueillerais-je encore
Au verger de ta beauté ?

Je suis ivre d’étés et d’automnes,
De fleurs, de fruits et de vins ;
Tu m’as fait de toi-même aumône :
Qu’aurais-je imploré demain ?

Mon rêve est réalisé
(L’avais-je rêvé si beau ?)
Et pourtant mon cœur est brisé,
Et je songe qu’on rêve au tombeau.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Antoine Calbet

 

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