Arbrealettres

Poésie

Archive for 9 mars 2015

Le pur amour (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2015



Pourtant, l’amour, le pur amour est beau
Et digne d’acceptation. Le feu est vif,
Que brûle le temple ou le lin. Un même éclat
Bondit dans la flamme du cèdre ou du foin.
Et l’amour est feu; et lorsque je dis
Je t’aime… note! Je t’aime! … en ton regard
Je me tiens transfigurée, glorifiée,
Consciente des rayons qui irradient
De mon visage vers le tien. Rien n’est bas
Dans l’amour le plus bas: Dieu accepte
L’amour des plus humbles créatures.
Et ce que je sens, parmi les moindres traits
De ce que je suis , brille en soi, et montre
Comme l’œuvre d’Amour parfait la Nature.

(Elizabeth Browning)

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Dis encore que tu m’aimes (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2015



Dis encore que tu m’aimes, une fois de
Plus encore. Bien que le mot répété
Te paraisse une chanson de coucou.

Souviens-toi que jamais sur les collines,
Vallées ou bois, sans accents de coucou
Ne vient le printemps dans toute sa verdure.

Aimé, dans l’obscurité accueillie
par l’esprit du doute, par le doute blessée
Je t’implore… « Dis que tu m’aimes . » Qui peut craindre
Trop d’étoiles, quand chacune tourne au ciel –
Trop de fleurs, quand chacune couronne l’an?

Dis que tu m’aimes… aimes … aimes – sonne l’écho
D’argent! – pour te rappeler seulement
De m’aimer en silence, de ton âme.

(Elizabeth Browning)

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Pour toi (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2015




J’ouvrirai pour toi
La barrière.

(Guillevic)

 Illustration: John Collier

 

 

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Une plume de la lune (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2015



 

Une plume de la lune
lutine le ver qui luit
elle allume pour chacune
la lunule brune et fuit.
Avec l’ut du luth tu luttes
pure lune sans appui
et les flûtes que vous fûtes,
roseaux, annulent l’ennui.

(Géo Libbrecht)

 

 

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Parce que tu as froid (Sabine Sicaud)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2015



 

David Alfaro Siqueiros enough-1961

Parce que tu as froid, ce soir,
Ne nie pas le soleil

(Sabine Sicaud)

Illustration: David Alfaro Siqueiros

 

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Aller dans les marchés (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2015



Aller dans les marchés
Voir légumes et fruits
Rappeler les forêts
Alourdies de girolles.

(Guillevic)

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Vous parler ? (Sabine Sicaud)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2015



Alex Colville 6

Vous parler ? Non. Je ne peux pas.
Je préfère souffrir comme une plante,
Comme l’oiseau qui ne dit rien sur le tilleul.
Ils attendent. C’est bien. Puisqu’ils ne sont pas las
D’attendre, j’attendrai, de cette même attente.

Ils souffrent seuls. On doit apprendre à souffrir seul.
Je ne veux pas d’indifférents prêts à sourire
Ni d’amis gémissants. Que nul ne vienne.

La plante ne dit rien. L’oiseau se tait. Que dire ?
Cette douleur est seule au monde, quoi qu’on veuille.
Elle n’est pas celle des autres, c’est la mienne.

Une feuille a son mal qu’ignore l’autre feuille,
Et le mal de l’oiseau, l’autre oiseau n’en sait rien.

On ne sait pas. On ne sait pas. Qui se ressemble ?
Et se ressemblât-on, qu’importe. Il me convient
De n’entendre ce soir nulle parole vaine.

J’attends, comme le font derrière la fenêtre
le vieil arbre sans geste et le pinson muet…
Une goutte d’eau pure, un peu de vent, qui sait ?
Qu’attendent-ils ? Nous l’attendrons ensemble.
Le soleil leur a dit qu’il reviendrait, peut-être…

(Sabine Sicaud)

Illustration: Alex Colville

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S’ils étaient parmi nous ceux du monde invisible ? (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2015



 

Alexandre Pavlenko  1974 - Ukrainian Pointillist painter (7) [1280x768]

S’ils étaient parmi nous ceux du monde invisible ?
Si l’objet que je touche allait vivre soudain,
si du sable montaient d’étranges créatures
et passaient cette porte où je suis attendu :
ceux d’hier dans mes yeux,
dans mon sang, les gestes que je trace
et le son de ma voix,
ceux d’hier par l’esprit et moi-même
au sein des apparences,
dans un tonnerre d’âmes et d’éclairs
à la rencontre de Dieu ?

(Géo Libbrecht)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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On n’oublie pas les yeux que la femme invente pour jouer à l’amour (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2015



 

Eduard Fleminsky 0

On n’oublie pas les yeux que la femme invente pour jouer à l’amour

Tes yeux perdus dans ce silence
fait d’horizon mêlé à la terre des montagnes
tes yeux sans feu ni lieu
tes yeux sans dieu ni foi
traînés parmi les pierres de cent villes entassées
entre l’abîme de ma voix et l’éternité d’un regard
je les soupèse de la main pour en faire sortir l’amertume
La nuit s’accroche au monde de toutes ses griffes
Il est là invisible comme la limite du ciel
debout dans sa puissance de roi des microbes
il y a tant d’obstination dans la fixité de ses yeux
qu’on dirait la tête morte d’un pharaon
dans son sarcophage de sable

On n’oublie pas les yeux que la femme invente
pour jouer à l’amour
On lui fait croire qu’elle est belle
en se noyant dans son regard
pour ne pas voir les rides que la vie dessine autour des lèvres
en s’en allant.

(Marc Alyn)

Illustration: Eduard Fleminsky

 

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Cimetière aérien (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2015



 

René Lannoy _Cimetiere-d-Arlinde-Gard

Cimetière aérien

Beau cimetière à tous vents,
en haut du mont vers la France,
dans mon manchon de silence,
je pense et me ressouviens.

Toi qui passes sur ma rive,
dis ton Ave, joins les mains.
La mort toujours en chemin
guette ceux qui veulent vivre.

Sonne le soir, le matin,
l’Angélus à la volée :
Je ne suis que la durée
sans hier et sans lendemain.

***

Chim’tière au vint (en dialecte picard)

Bieau chim’tière à tous lés vints
in heaut du Meont vers la France,
acouveiné dins l’silence
ej’busie et j’m’orsouviens.

Ta qui t’pourmèn’ d’zeur em’rife,
dis t’n’ave et jouins tés mains,
el’mort est toudis in qu’min
et guett’ « ceus’» qui veul’tent vife.

Séonn’ el’soir, séonn’ el’matin
l’Ingélus à plein’ volée,
je n’sus pus foqu’ que l’durée
sans hier et sans lind’main.

(Géo Libbrecht)

Illustration: René Lannoy

 

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