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Poésie

Archive for 4 mai 2015

La pluie dans l’âge sur tous (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



La pluie dans l’âge sur tous
comme tous à la pluie
promise à chacun contre lui-même sur les routes
attendue, inattendue, cherchant le sol

tenant nos sens, nos relations
entrant provisoirement dans nos phrases
où il était question de toute autre chose

la terre descend dans les maisons

Il pleut s’annonce ainsi impersonnel à tout moment
de jour comme de nuit
laissant filer la syntaxe dans la chute et l’écoulement.

(Georges Drano)

Illustration: Kazuya Akimoto

 

 

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D’autres paroles indiquaient un détour (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



D’autres paroles indiquaient un détour
produisant un récit dont nous ne savions rien

Prononcées par une voix qui tentait la jonction
elles soutenaient l’activité d’une autre étendue

Frappées de côté
En marge
Donnant de temps en temps l’indication d’un futur
d’un passé d’une continuité
sans geste sans écho
seulement disposées pour elles-mêmes sur les lignes.

(Georges Drano)

Illustration: Chantal Dufour

 

 

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Jour qui est la limite du discours (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



Jour qui est la limite du discours

traversant l’air et l’eau
lui-même n’est rien

jour à la journée pour le village
temps à la terre

jour au paysage
le sang monte à la parole
elle-même n’est rien

plus lointaines la lumière
la voix qui nomme.

(Georges Drano)

 

 

 

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Plus bas le passage contre le mur (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



Plus bas le passage contre le mur
plaçant contre le mur plus bas sur la page
en son commencement qui nous ramène à plus
De l’autre côté
l’accompagnement du dos qui s’éloigne
dans le mélange avec foule, distance
gestes innombrables à la confusion de tous
Plus bas le passage d’un mot à l’autre
foule distance regroupant le temps
de s’appeler au passage.

(Georges Drano)

Illustration: Leon Levinstein

 

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LES SOURCES (Elisée Reclus)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



LES SOURCES

C’est dans les vallées qui s’ouvrent à la base des montagnes,
ou même dans les plaines, au pied des hauteurs secondaires,
que les eaux jaillissantes se montrent en plus grande abondance.
Les sources sont la beauté de ces paysages discrets
où la nature apparaît tout entière dans un espace restreint.
Au bord du ruisseau, qui court en gazouillant et donne, pour ainsi dire, une voix caressante à la terre
on saisit d’un regard tout un ensemble gracieux qui charme et qui console.
Sans effort, on peut se sentir vivre avec les objets environnants qui semblent faits à la taille de l’homme ;
on est attendri et non pas opprimé, confondu d’admiration
comme à la vue des cataractes, des glaciers ou des vagues de la mer.

[…]

Qui décrira jamais l’ineffable beauté de la moindre source ?
Qu’elle s’épanche sous les arbres mystérieux, entre deux berges fleuries,
qu’elle sorte lentement de l’obscurité des grottes sous les blancs rochers calcaires,
ou bien qu’elle jaillisse en perles d’un fond de cailloux
et fasse danser les grains de sable sur ses gouttelettes,
chaque fontaine a son caractère spécial de grâce ou de beauté sévère.

(Elisée Reclus)

 

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La guerre à peine entendue dans la voix (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



La guerre à peine entendue dans la voix et d’autres
paroles qui n’étaient rien reviennent

Ecoute qui entend et n’entend pas d’autres paroles qui
n’étaient rien

La bouche qui remue dans sa toile et dénonce à peine
entendue la guerre ou se tait.

Et les arbres de moins en moins autour de nous
qui commencions des journées

dont personne ne parlait
Tout ce qui est touché s’entend plier

et verse à la question
la vieille répétition du travail accroché à la terre

La question est alors
qui parle à se parler.

Parlait disait si nous parlions parle reviens le dos
courbé pendant que tout tombe ; est-ce loin, loin attendant son heure ?

Disait dormait son mois de cendre, solitudes, bêlements
qu’on va souffler.

Disait, disait si le temps si la terre ici ou rien, le large
et le long parlant dans l’ombre avancée où l’on parle
et dit ce n’est rien.

0n disait c’était bien ma voix
couchée à l’image des phrases
elle me désignait
parlant sans me voir
avec des taches qui se fixaient en touchant terre
c’était l’alignement obstiné où la bouche est absente

Face contre face
je devais passer par elle régulièrement
obligé d’apparaître ou de disparaître
les yeux ouverts.

(Georges Drano)

Illustration: Erich Heckel

 

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Les maisons sont abandonnées (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



Les maisons sont abandonnées
une patience inconnue remplit la journée
la nuit le temps
nous reconnaissons un ensemble de bruits discrets
mal situés
un moment où l’on ne parle pas
Le jeu infini peut se joindre à l’espace
où chaque silhouette est l’histoire qu’elle se donne
close unie
d’un texte entier
sans autre action que le premier regard posé
sur le sol et la page.

(Georges Drano)

Illustration: Edward Hopper

 

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Hier sans volonté (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



Hier sans volonté
portant l’erreur d’un paysage
forêt que le temps marque
comme fut le temps en d’autres lieux
simulacre d’un jour ou la guerre
ou le travail
ou le hasard
Se chauffant ici et là
quelqu’un dit je vais parler
et rien ne change.

(Georges Drano)

Illustration: Michael Page

 

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LES MURAILLES DU VENT (René Guyomard)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



LES MURAILLES DU VENT

Les murailles du vent s’effeuillent
Et les sables sont noyés
L’or défunt attend le soleil
O notre course de comète
O la prison assignée
Partirons à nouveau
Le long des étendues
Où s’unissent sans espoir
Les vagues et l’orage ?

(René Guyomard)

 

 

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Aux vitres de notre âme apparaissent le soir des visages anciens (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



Aux vitres de notre âme apparaissent le soir
Des visages anciens demeurés dans le verre;
Leur souvenir, malgré le temps, y persévère,
Visages du passé qu’on souffre de revoir :
Fronts sans cesse pâlis; lèvres déveloutées;
Yeux couverts chaque jour d’ombres surajoutées
Et qui dans la mémoire achèvent de mourir…
Visage, d’une mère ou visage de femme
Qui jadis ont vécu le plus près de notre âme.
Encor si l’on pouvait un peu les refleurir
Ces faces, dans le verre, à peine nuancées
Et voir distinctement leurs traits dans nos pensées !
Faces mortes toujours près de s’évanouir
Et sans cesse émergeant, – sitôt qu’on les oublie, –
Au fil de l’âme, en des détresses d’Ophélie
Dont les cheveux de lin ont un air de rouir..
Ah ! comment essayer d’avoir un peu de joie
Quand les vitres de l’âme aimante sont de l’eau
Où reparaît sans cesse et sans cesse se noie
Un doux visage intermittent dans un halo !

(Georges Rodenbach)

Illustration: John Everett Millais

 

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