Arbrealettres

Poésie

Archive for 14 juin 2015

Légère libellule (Marianne Moore)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2015



Légère libellule
trop rapide pour que l’oeil
t’encage –
gemme contagieuse de virtuosité –
rends visible, la mentalité.
Tes joyaux de mobilité

révèlent
et voilent
une queue de paon.

(Marianne Moore)

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Léthargie (Nakahara Chûya)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2015



Léthargie

Ce qui est anéanti
Serait-ce mon coeur ?
Ce qui est anéanti
Seraient-ce mes rêves ?

De mémoire
Déjà plus
Marchant par les rues
Semblant de vertige

Oui, je n’ai plus aucune exigence
L’impression que vivre encore c’est mal…
Pourtant j’ai bien envie de vivre
Pourtant je n’ai plutôt aucune envie de mourir

Ah ah, quoi qu’il en soit
Vous autres vous disiez quelque chose
Je m’en souviens vaguement
Vous autres vous disiez donc quelque chose

(Nakahara Chûya)


Illustration: Gilbert Garcin

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L’oiseau (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2015



L’oiseau
s’ignore
dans le mot
oiseau

(Mathieu Bénézet)


Illustration: René Magritte

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L’insecte bascule le silence (Eric Poulet)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2015



L’insecte bascule le silence
sur la pierre fendue
du perron coulé dans l’écume
des pas sans âge

(Eric Poulet)


Illustration

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Visage (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2015



souvent
la lenteur
du mot
visage

(Mathieu Bénézet)


Illustration: Johannes Vermeer

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Le lieu où je suis, quel est-il? (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2015



Le lieu où je suis, quel est-il?
Ce n’est jamais le lieu où je me vois, où tu me vois.
Il est comme inapprochable, même de moi.
Non, ce qui se passe n’est pas ce qui se passe en ce moment.
Autre chose advient dans ce qui se passe.
Non hors de lui, non ailleurs qu’en lui,
mais en lui, comme ce qui se passe.

Le mystère de ce qui existe prend la forme de ce qui existe.
Il est pierre et feuille et arbre et ruisseau.
Il n’est justement ce mystère
que parce qu’il prend la forme de ce qui existe.

(Roger Munier)


Illustration

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Etre là (Jean-Luc Pouliquen)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2015



Être là
dans l’épaisseur du monde
les mains ouvertes
le coeur en éveil
Être là
sans autre désir
que la source
sans autre dessein
que l’amour.

(Jean-Luc Pouliquen)


Trouvé chez  Lara

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Soleils à gué (Jean-François Roger)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2015



Soleils à gué
dans la paume
des seringas
où flambe
une sève d’images

(Jean-François Roger)


Illustration

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Je repense ton sourire (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2015



Je repense ton sourire, i1 est pour moi une eau limpide
entrevue d’aventure dans la pierraille d’une grève,
étroit miroir auquel contemple un lierre ses corymbes;
et sur toute chose l’embrassement d’un blanc ciel paisible.

Cela, mon souvenir; je ne saurais dire, ô lointain,
si de ton visage, libre, s’exprime une âme ingénue,
ou bien si tu es de ceux qu’errants le mal du monde exténue
et qui portent avec eux, talisman, leur souffrance.

Mais ceci puis-je te dire : pensée, ton effigie
engloutit colères et caprices sous une vague de calme,
et ton aspect vient sourdre en ma mémoire grise,
droit comme la cime d’une toute jeune palme…

***

Ripenso i1 tuo sorriso, ed è per me un’acqua limpida
scorta per avventura tra le petraie d’un greto,
esiguo specchio in cui guardi un’ellera i suoi corimbi;
e su tutto l’abbraccio d’un bianco cielo quieto.

Codesto è il mio ricordo; non saprei dire, o lontano,
se dal tuo volto s’esprime libera un’anima ingenua,
o vero tu sei dei raminghi cue i1 male del rondo estenua
e recano il loro soffrire con sé come un talisman.

Ma questo posso dirti, che la tua pensata effigie
sommerge i crucci estrosi in un’ondata di calma,
e che il tuo aspetto s’insinua nella mia memoria grigia
schietto come la cima d’una giovinetta palma…

(Eugenio Montale)


Illustration: Léonard de Vinci

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Ce pin solitaire (Ichihara no Ôkimi)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2015



Ce pin solitaire,
combien de siècles a-t-il vécus?
Le vent qu’on y entend est si pur
qu’il suggère la profondeur du temps

(Ichihara no Ôkimi)

Illustration

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