Arbrealettres

Poésie

À UNE FEMME DÉTESTÉE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2015



À UNE FEMME DÉTESTÉE

Combien je vous déteste et combien je vous fuis:
Vous êtes pourtant belle et très noble d’allure,
Les Séraphins ont fait votre ample chevelure
Et vos regards couleur du charme brun des nuits.

Depuis que vous m’avez froissé, jamais depuis,
N’ai-je pu tempérer cette intime brûlure :
Vous m’avez fait souffrir, volage créature,
Pendant qu’en moi grondait le volcan des ennuis.

Moi, sans amour jamais qu’un amour d’Art, Madame,
Et vous, indifférente et qui n’avez pas d’âme,
Vieillissons tous les deux pour ne jamais nous voir.

Je ne dois pas courber mon front devant vos charmes ;
Seulement, seulement, expliquez-moi ce soir,
Cette tristesse au coeur qui me cause des larmes.

(Emile Nelligan)


Illustration: Albert Edelfelt

2 Réponses to “À UNE FEMME DÉTESTÉE (Emile Nelligan)”

  1. A reblogué ceci sur Aithne.

  2. A reblogué ceci sur Maître Renard.

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