Arbrealettres

Poésie

Archive for 1 juillet 2015

Ne dites pas que je vous aime (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2015



 

Natale Schiavoni  The Sleeper [1280x768]

Ne dites pas que je vous aime
lorsque je vous aime au printemps.
L’Oiseau Bleu résout ce problème:
je vous aime en vous inventant.

(Paul Fort)

Illlustration: Natale Schiavoni

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Aérez, aérez les mots! (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2015



 

Paul Fort

Aérez, aérez les mots!
qu’ils soient de ces flammes légères
dansant plus haut que les flambeaux.

(Paul Fort)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Mademoiselle (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2015


 


Juliana Kolesova -  [1280x768]

Mademoiselle,
voulez-vous me permettre
de vous inventer

(Paul Fort)

Illustration: Juliana Kolesova

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Les Rois Mages (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2015



Leopold Kupelwieser _1796- rois mages_jpeg

Les Rois Mages

Avancerons-nous aussi vite que l’étoile
La randonnée n’a-t-elle pas assez duré
Réussirons-nous enfin à l’égarer
cette lueur au milieu de la lune et des bêtes
qui ne s’impatiente pas

La neige avait tissé les pays du retour
avec ses fleurs fondues où se perd la mémoire
De nouveaux compagnons se mêlaient à la troupe
qui sortaient des arbres comme les bûcherons
Le Juif errant peinait, aux blessures bafouées
Des fourrures couvraient le roi noir malade à mourir
Le pasteur de la faim est avec nous
Ses yeux bleus éclairent son manteau d’épluchures
et le troupeau rageur des enfants prisonniers

Nous allions voir la joie nous l’avons cru
la joie du monde née dans une maison par ici
C’était au commencement … Maintenant on ne parle pas
Nous allions délivrer un tombeau radieux
marqué d’une croix par les torches dans la forêt

Le pays n’est pas sűr les châteaux se glissent derrière nous
Pas de feu dans l’âtre des relais Les frontières
remuent à l’aube par les coups défendus
Nos paumes qui ont brisé les tempêtes de sable
sont trouées par la charançon et j’ai peur de la nuit

Ceux qui nous attendaient dans le vent de la route
se sont lassés le chœur se tourne contre nous
Par les banlieues fermées à l’aube les pays sans amour
nous avançons mêlés à tous et séparés
Sous les lourdes paupières de l’espérance
La peur haletait comme une haridelle

Nous arriverons trop tard le massacre est commencé
les innocents sont couchés dans l’herbe
Et chaque jour, nous remuons des flaques dans les contrées
Et la rumeur se creuse des morts non secourus
qui avaient espéré en notre diligence

Tout l’encens a pourri dans les boîtes en ivoire
et l’or a caillé nos cœurs comme du lait
La jeune fille s’est donnée aux soldats
que nous gardions dans l’arche pour le rayonnement
pour le sourire de sa face

Nous sommes perdus On nous a fait de faux rapports
C’est depuis le début du voyage
Il n’y avait pas de route il n’y a pas de lumière
Seul un épi d’or surgi du songe
que le poids de nos chutes n’a pas su gonfler
Et nous poursuivons en murmurant contre nous
tous le trois brouillés autant qu’un seul
peut l’être avec lui-même
Et le monde rêve à travers notre marche
dans l’herbe des bas-lieux
et ils espèrent
quand nous nous sommes trompés de chemin

Egarés dans les moires du temps – les durs méandres
qu’anime le sourire de l’Enfant –
chevaliers à la poursuite de la fuyante naissance
du futur qui nous guide comme un toucheur de bœufs
je maudis l’aventure je voudrais retourner
vers la maison et le platane
pour boire l’eau de mon puits que ne trouble pas la lune
et m’accomplir sur mes terrasses toujours égales
dans la fraîcheur immobile de mon ombre…

Mais je ne puis guérir d’un appel insensé.

(André Frénaud)

Illustration: Leopold Kupelwieser

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Depuis la toute légère enfance (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2015


christian bobin  _4

Depuis la toute légère enfance je suis en pourparlers avec moi-même,
je mène de moi à moi un entretien que le monde s’évertue à interrompre.
Pour continuer à me parler, j’ai commencé d’écrire.

Ce qui se dit en moi n’est pas dans mes livres.

Les livres sont un contre-bruit au bruit du monde.
Ce qui se dit en moi est confié au silence, n’est rien que du silence.
Les livres frôlent ce silence.
Ils ne le touchent pas, ils le frôlent.

Les livres sont presque aussi intéressants que le silence.
Ecrire est presque aussi passionnant que ne rien faire
et attendre les premières gouttes de pluie dans les concertos pour piano de Mozart.

(Christian Bobin)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Aujourd’hui (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2015



Aujourd’hui,
l' »aujourd’hui » s’est réfugié
sous la tonnelle.

(Roger Munier)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Le merle siffle (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2015



Au faîte du haut poirier,
le merle siffle en puissance,
prend le monde à témoin…

D’autre chose qu’il ne sait pas
et que nous ne savons pas.

(Roger Munier)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Souvenir (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2015




Souvenir

Elle tressaille des lèvres et ses yeux sont rieurs,
et pourtant elle s’élève chargée de reproche,
cette image venue des profondeurs, du fond du coeur de la nuit du coeur
– douce étoile à la porte de mon ciel.
Elle se fait brillante, triomphale – et ses lèvres se ferment
plus étroitement – et une larme coule.

(Friedrich Nietsche)

Illustration: Fabienne Contat

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je laisserai tout à ma mort… (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2015



Je laisserai tout à ma mort…
Dire cela n’a pas de sens.
« Je » n’y serai plus pour tout « laisser ».
C’est avant qu’on laisse
– et pourquoi toujours différer ?

(Roger Munier)

Posted in méditations | Tagué: , , , , , | 2 Comments »

La route communale (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2015



La route communale

Le vieux cantonnier sur le bord de la route
Dont la moustache est grise
Et qui sait tant de choses
Il coupe son lard sur son pouce
Et mâche lentement son pain
En regardant rêveusement devant lui
Là-bas très loin la forêt
semble une bête qui dort
Et il vient dans le brouillard de l’été
Des visions qui ne sont pas
Tout à fait irréelles
Le vieux cantonnier referme son couteau
Dont la lame luit un moment
Et cela fait un bref éclair
Oui dure plus longtemps que son geste
Des oiseaux noirs s’envolent pesamment

(Robert Momeux)

Illustration: Paul Gavarni

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :