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Poésie

Archive for 5 août 2015

Le chant des cloches (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015




Le chant des cloches

Lorsque le soir s’égare dans les fontaines
mon pays perd sa couleur.

Je suis au loin, je me souviens de ses grenouilles,
de la lune, du triste chant des grillons.

Rosari sonne et s’époumone dans les prés
je suis mort au son des cloches.

Etranger, lorsque je volerai doucement au-dessus de la plaine,
n’aie pas peur: je suis un esprit d’amour
qui, de loin, revient au pays.

(Pier Paolo Pasolini)

 

 

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Lied (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015




Lied

Sous les peupliers une petite vieille
chemine aux derniers feux du couchant
loin du village
pour ramasser des broussailles.
Quel tranquille Dimanche!

L’aube la verra
penchée sur son fagot,
sur son petit feu dispersé:
les derniers jours enchanteurs
d’un art de vivre inconnu.

(Pier Paolo Pasolini)

Illustration

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Fontaine de mon pays (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015




Fontaine de mon pays.
Il n’est d’eau plus fraîche qu’en mon pays.
Fontaine de rustique amour.

(Pier Paolo Pasolini)

 

 

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Je crois que j’ai cent ans (Bernard Dimay)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015



A0386

 

Ne me regardez pas, je crois que j’ai cent ans…
Ne me regardez plus, mon visage est un autre.
Le temps m’a fait du mal, on a joué perdant,
Mon coeur ne saurait plus battre au rythme du vôtre.

Je ne veux rien savoir ni de vous ni des autres,
Vous êt’s un inconnu que je connais par coeur,
L’amour est toujours là mais ce n’est plus le vôtre.
Si j’avais su qu’un jour vous me feriez si peur…

Les oiseaux d’autrefois sont morts depuis longtemps,
Ne me regardez pas, j’ai les yeux pleins de larmes,
L’amour m’a fait du mal… en êtes-vous content?

Je ne vous aimais pas, j’étais bête à merveille,
Et l’amour s’est perdu au rythme de vos pas…
Soudain j’ai comme un air de valse dans l’oreille…
Adieu, ne dires rien, ne me regardez pas!

(Bernard Dimay)

Illustration: Jean-Baptiste Greuze

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LE SECRET (Robert Frost)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015



 

LE SECRET

Nous, nous dansons, dansons en rond et supposons,
Mais le Secret, au milieu, sait qu’il a raison.

(Robert Frost)

 

 

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Les yeux (Robert Frost)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015



 

David Alfaro Siqueiros portrait-of-dramatist-margarita-urueta-1947

Les yeux en quêtant la réponse d’autres yeux
Tirent à eux les étoiles
Et tirent à eux les fleurs
Et concentrent ainsi la terre et les cieux,
Si bien que nul n’a plus peur de l’immensité.

(Robert Frost)

Illustration: David Alfaro Siqueiros

 

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Lourd était son coeur (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015




Lourd
était son coeur
sur la grève,
un pépiement de passereau.

(Pier Paolo Pasolini)

 

 

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La mer s’assèchera (Bernard Dimay)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015


12-16

La mer s’assèchera, je l’ai déjà prédit,
Et le sel fleurira aux lèvres des lézardes,
Des bateaux morts debout se dresseront transis,
Cà et là des forêts caravelles vieillardes
Toutes emperruquées d’algues et de coraux,
Maquillage vivant des figures de proue,
Squelette travesti les deux mains sur la roue
Qui savait découvrir des chemins sur les eaux.

Quand la terre aura bu toute l’eau de la mer
Nous irons explorer notre monde à l’envers,
Ceux qui collectionnaient des fanons de baleine
Rechercheront alors des dents de capitaine,
Rotule passagère ou tibia de marin.

(Bernard Dimay)

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Les bateaux sont partis (Bernard Dimay)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015



sirene

 

Les bateaux sont partis, ce soir la mer est belle,
La vague vient vers moi comme un serpent brillant,
De grands oiseaux planant autour de moi s’appellent;
Dans le vent qui se lèv’ c’est ta voix que j’entends.
La vague vient rouler à mes pieds sur le sable,
La trace de mes pas s’efface peu à peu.
Ma tristesse aujourd’hui est inimaginable,
Avec cet océan qui bouge entre nous deux.

Les bateaux sont partis, ce soir la mer est calme,
Le vent qui vient des îles exhale doucement
Une plainte de harpe en jouant dans les palmes.
Je regarde la mer et c’est toi que j’entends.
J’attends que le soleil tout à l’heure apparaisse.
Que son premier rayon vienne effleurer ma peau,
L’heur’ des enchantements, l’heure de la détresse,
Et c’est toi que j’attends qui vas sortir des eaux.

(Bernard Dimay)

Illustration: Max Klinger

 

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Le poulpe (Bernard Dimay)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2015


poulpe1

Le poulpe laissera s’échapper de ses flancs crevassés
les forces aveugles de la nuit totale.
Qui se répandront tout autour de lui,
irrémédiablement
comme un nuage d’encre…

(Bernard Dimay)

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