Arbrealettres

Poésie

Archive for 10 août 2015

Migrer est le propre d’aimer (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015


mains

Les cils et les ongles
ne reprennent jamais leur place
après l’amour
D’autres doigts s’accrochent aux choses
d’autres yeux habitent les yeux
Le corps émigre
migrer est le propre d’aimer
De l’un se détache
tous ceux qui veulent naître

(Charles Dobzynski)

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Contrefaçon de son image espérée (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015


truman-exit

Il est entré dans le jeu
Par le mauvais côté
Le déroule sans chiffre
La vie s’imprime en boucle
Ce qu’il touche est l’interface
que renvoie le néant
le point critique où
elle est contrefaçon
de son image espérée.

(Charles Dobzynski)

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A un écrivain de Bayonne qui m’avait envoyé son ouvrage (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015


jambon_d_auvergne_140

Ton livre est très intelligent, bon,
mais j’aurais préféré un jambon.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Il y a suffisamment (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015




Il y a suffisamment de souffrance
D’enfants sans foyer
D’oiseaux sans nid
Pour y ajouter la colère

Il y a suffisamment de murs
Pour enfermer l’univers
De déchets d’usines
Pour polluer les rivières

Mais y a-t-il assez de branches
Pour y accrocher les fruits
De fleurs et d’herbe
Pour y recevoir la rosée ?

Y a-t-il assez de miroirs
Pour capter la lumière
Et réfléchir la beauté ?

Y a-t-il assez de maisons
Pour laisser le froid dehors
Et de rêves pour bercer les enfants ?

(Jean-Baptiste Besnard)

Trouvé chez Jean-Baptiste ici

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Qui rapportera La vie des herbes vibrantes (Alain Vircondelet)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015


herbes

Qui rapportera
La vie des herbes vibrantes
Vouées au vent,
Leurs courbures
Sous le vent
Et leur fatigue?

(Alain Vircondelet)

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Tu toucheras le bord du monde (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015


silence

Enlève la pellicule
tu toucheras le bord du monde.

(Charles Dobzynski)

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Elle reste gracieuse (Bernard Dimey)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015


impala-african-antilope

l’antilope sait bien qu’un lion la mangera,
elle reste gracieuse.

(Bernard Dimey)

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Parce que je T’Aime (Bernard Dimey)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015


phenix

Parce que je t’aime
j’inviterai autour de ton lit
une troupe de jongleurs chinois,
qui sauront ensorceler des assiettes
et transformer d’un seul geste
et d’un sourire des voiles de soie
qui deviendront nuages et tempêtes
et d’où s’échapperont des vols de grues et de hérons…

Parce que je t’aime
je saurais découvrir pour toi
l’edelweiss et la rose noire,
la flûte de jade et la pierre de lune,
l’oiseau phénix et le rossignol de l’Empereur de Chune,
un agneau de Bethléem et le linge de Véronique.

Et toi,
toi mon amour, parce que tu ne m’aimes pas
je sais que tu m’offriras par trois fois le chant du coq,
le baiser de Judas,
la flèche et le poison,
la flûte et le cobra.

(Bernard Dimey)

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DIRE (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015



 

Bryce Cameron Liston - (  8) [1280x768]

DIRE

Dire sans dire avec du ciel et du silence
Traduire un sang de feu que je ne comprends pas
Trouver les mots du saule et le gel de l’absence
Suivre le coup de dés fragile de tes pas
Dormir au fond de tes lisières de donneuse
Savoir pour que tu saches que tu ne sais plus
Entrer en toi par l’arbre la lune et l’yeuse
Eteindre le couchant pour toucher ton sein nu
Marquer en toi l’azur pour caresser la nue
Dissimuler que tu simules que je sais
La fuite des vivants et la nuit des statues
Et le matin d’un grand amour sur les genêts
Tout me dit la rosée et mon sang bat plus vite
Le feuillage s’exprime en verdures de mots
Je le sens dans les pales fleurs hermaphrodites
Je le vois dans le vert tendre de tes ormeaux
Et le vent d’émeraude au coude des rivières
Je détiens ce contour charnel que tu connais
Tes yeux ouvrent pour moi leur nacre d’ardoisière
Dans les aubes qui meurent en moi l’aube naît
Comment bercer tes mots avec mon sang qui parle
Des femmes sont éteintes je ne sais pas quand
Dans les fleurs de Paris et dans les pierres d’Arles
Et te voila sans mémoire et sans Alyscamps
Ton corps qui brille un jour prolongera ma cendre
Tu montes le destin que je vais redescendre
D’un regard à jamais nous nous tendons la main
Pour toi les blés d’hier refleuriront demain
La mer passe et ceux qui restent sont périssables
Et je pourrais ne pas avoir connu ce jour
Où nous étions deux corps parmi les grains de sable
Entre la dune d’ombre et l’enfer des labours
Et ce qui n’est ni caresse ni certitude
Propage le babil tremblant de mon émoi
Et je sais O femme d’abîme et d’altitude
Que peut-être ce soir tu rêves comme moi.

(Robert Goffin)

Illustration: Bryce Cameron Liston

 

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EAU DE VIE (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015



 

Marie Laurencin Apollinaire

EAU DE VIE

Apollinaire un air mourait dans la tourelle
Du côté de l’enfance où l’on fait le printemps
L’ombre allaitait nos deux enfances naturelles
Et nous comptions les mots plus avares qu’avant

Les labours du couchant ouvraient des socs de flamme
Qui s’envolaient vierges des colombiers tremblants
D’ivres cabriolets l’organdi bleu des dames
Descendait en aubes pâles de dessous blancs

Ainsi tu transcrivais en substance d’orage
Les aventures de tes baisers hasardeux
Et j’entendais dormir dans la paix des villages
Les coqs désespérés de ne rimer qu’à deux

Je revenais des féminines transhumances
Portant au fond des mots l’ecchymose du soir
Pour ne guérir jamais des blessures d’enfance
Qui font l’ombre plus claire au bord de matins noirs

Poète une aube bleue illuminait l’Europe
Et si notre insomnie eut son rêve d’amour
C’est qu’au détour du vent pareils à Pénélope
Nous démaillions la nuit nos poèmes du jour

(Robert Goffin)

Illustration: Marie Laurencin

 

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