Arbrealettres

Poésie

Archive for 15 septembre 2015

Les femmes (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015




Les femmes,
nous les reconnaissons
à leur cou.
Peut-être que nous sacrifions à une
vieille habitude.
Ici, l’on nomme thorax ou genou
un peu tout.

(Mathieu Bénézet)

 

 

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Mais qui sommes-nous (Eric Brogniet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015




Mais qui sommes-nous
pour croire au singulier
bonheur d’être
autre

(Eric Brogniet)

Illustration: Odilon Redon

 

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Ce soir (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015




Ce soir
certains mots
sont des érables.

(Mathieu Bénézet)

Illustration; Danielle Rannou

 

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En ce lieu abandonné (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015



en ce lieu
abandonné l’analogie
dessine
le tour des bouches

(Mathieu Bénézet)

 

 

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Je te nomme jardin (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015




je te nomme jardin
tes seins sont des portes
vibrantes

(Mathieu Bénézet)

Illustration: Zinaida Serebriakova

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Celui qui écrit habite le monde en nomade (Eric Brogniet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015



Il ne saisit rien
Mais creuse ses décombres

A mesure qu’il se traverse
Celui qui écrit habite le monde
En nomade

Et ne saisissant rien
Il est saisi

(Eric Brogniet)

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La nuit repose (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015




la nuit repose
comme une boîte d’allumettes
sur la commode

(Mathieu Bénézet)

 

 

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Pendant ce temps (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015




Alors tu as répondu de la trahison du sourcier et de l’oiseleur:
ton visage s’est dénoué comme un fichu trop lâche.
Pendant ce temps

LE SILENCE SE TENAIT DEBOUT
COMME UN BALCON

(Mathieu Bénézet)

Illustration: Rinat Animaev

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EPEE NUE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015



 

ombres [1280x768]

EPEE NUE

Tu voudrais que cette femme fût une épée nue devant toi
Et le miroir clair de ton âme
Tu es désespérément las
Du regard lent
De cette créature d’Orient.

Tu t’enfuis tous les soirs au fond des bois mouillés
Tu pleures contre le tronc lisse d’un hêtre
Du couvent sortent des chants de filles folles
Les rires des nonnes jongleuses d’épingles
Des gémissements d’enfants battus
Des soupirs en rosaire mou
Un bruit d’orgue fané cassé funèbre.

Quelque chose de chaud remue sous le taillis
Les crapauds crient dans la mousse
Et des sangliers courent au bord de l’étang.

De l’ombre et de la lune naît un muet troupeau de cerfs
Agenouillés au centre de la clairière
Leurs bois velus frissonnent
Leurs dents attendrissent la mort.

Il monte un sang froid sous l’écorce
Qui sue et répond à ta peur
L’arbre faiblit entre tes bras
L’arbre est pâle comme un visage
Comme un drap sous la chevelure.

Tu sais bien que tu meurs
De la pâleur de ce visage indifférent
De l’odeur de ces noirs cheveux vifs
Épars en la nuit blanche
Du secret de ces yeux à cent lieues de toi
De cette bouche perdue
Qui s’ouvre bat se tend
Au comble d’une possession égoïste.

Tu meurs d’un lit blanc
Tu meurs d’une grande fille suante et sombre
Que tu fuis sans les quitter jamais
Dès que la nuit les voile
Et qui te clouent devant leur propre image
En tous les points de la forêt haletante.

(André Pieyre de Mandiargues)

Illustration

 

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MIDI (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015



 

Shotei  -39

MIDI

Au bord de la mer Tyrrhénienne
Au pied d’une tour en ruine
Sous la rousse lumière de midi
Trois amis se sont assis
Qui devisent de choses vagues
De simples choses qu’il est doux d’agiter entre amis.

Voyez ce vaisseau génois
Tout blanc dans le feu de midi
Qui fuit à toutes voiles vers le large
Et vers l’éclat de l’Orient rose.

Le vaisseau disparaît à l’autre bout du monde
Le ciel est pur l’heure est comble
Et les amis font silence
Unis dans une quiète nostalgie.

Qu’est-ce donc qui est venu qui ne reviendra plus
Qui est le secret d’un instant perdu
Quelle ombre a passé soudain
Comme un épervier fauve
Dans la lumière dorée de midi
Sur la mer calme et sur une belle journée ?

(André Pieyre de Mandiargues)

Illustration: Shotei 

 

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