Arbrealettres

Poésie

LE CHEVALIER ET LA NUIT (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2015



 

LE CHEVALIER ET LA NUIT

Chevalier errant que la lune pâlit
Chevalier
Qui t’es assis au seuil d’un château
Penché sur l’éclair de ton épée rompue
Devant la plage et devant la mer qui s’argente.

C’est assez pleurer tes reines ensevelies
Chevalier l’heure naît
Laisse leurs os moisis aux chiens aux sables fauves
Tous les drapeaux sont morts à cette profondeur
Tous les drapeaux sont noirs dans la nuit maternelle
Et la plus grande reine est fille de la nuit.

La pleine nuit se mêle avec la pleine mer
Écoute le cri d’un songe qui se perd.

Qui te dit son secret si tu veux bien l’entendre
Le long secret qui monte de la mer nocturne
De l’eau froide tendue vers la lune froide
Dans l’extase d’une haute marée

Son secret ton secret tout le secret du monde
Si tu veux seulement regarder plus loin
Vers la mer et vers la grande nuit
Vers l’astre rond qui embrasse les eaux
Si seulement tu peux laisser à la terre
Les cendres de tes reines et de tes fées défuntes.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

 

2 Réponses to “LE CHEVALIER ET LA NUIT (André Pieyre de Mandiargues)”

  1. flipperine said

    un beau chevalier

  2. A reblogué ceci sur Maître Renard.

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