Arbrealettres

Poésie

Archive for 26 septembre 2015

En quittant une ville, j’entends (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2015


 


 

En quittant une ville, j’entends

Dans le train de nuit, y a des fantômes
Qui me sourient quand nous passons sur les prairies.
Dans le train de nuit, y a des royaumes
Et puis du bruit et puis Paris au bout de la nuit.
Les souvenirs si tendres
Viennent s´y faire entendre.
J´entends.

J´entends la voix des flots enchanteurs
Qui font au fond de mon cœur
Des sérénades.
J´entends le triste appel des bateaux
Et la chanson des oiseaux
Sur l´esplanade.
Voici le ciel peuplé
De ses moutons blancs.
Voici la mer troublée,
Spectacle troublant…
J´entends la ville qui me dit bonsoir
Et moi, sur le quai de la gare,
Je dis de mon mieux des mots d´adieu.

Dans le train de nuit, y a des visages,
Des yeux rêveurs, des cheveux blonds, des cheveux fous.
Dans le train de nuit, le paysage,
C´est du brouillard qui va danser dans l´air très doux.
Chantent sur la rivière
Les ombres familières

J´entends les mots de nos rendez-vous.
Le tu remplace le vous.
C´est la campagne…
J´entends claquer ton pas dans la rue.
Quand le jour a disparu,
Je t´accompagne.
Voici les prés, les bois.
Près de moi, tu bois.
Voici la ville qui dort
Dans son rêve d´or.
J´entends ta voix trembler de bonheur
Et j´entends battre ton cœur.
Adieu, beaux jours.
Adieu l´amour…

(Charles Trenet)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

L’âme des poètes (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2015



 

Charles Trenet

L’âme des poètes

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
La foule les chante un peu distraite
En ignorant le nom de l´auteur
Sans savoir pour qui battait leur cœur
Parfois on change un mot, une phrase
Et quand on est à court d´idées
On fait la la la la la la
La la la la la la

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
Un jour, peut-être, bien après moi
Un jour on chantera
Cet air pour bercer un chagrin
Ou quelque heureux destin
Fera-t-il vivre un vieux mendiant
Ou dormir un enfant
Ou, quelque part au bord de l´eau
Au printemps tournera-t-il sur un phono

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leur âme légère court encore dans les rues

Leur âme légère, c’est leurs chansons
Qui rendent gais, qui rendent tristes
Filles et garçons
Bourgeois, artistes
Ou vagabonds.

Longtemps, longtemps, longtemps
La la la…

(Charles Trenet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Nous mettons un mot où commence notre ignorance (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2015



 

Juliana Kolesova -   (10)

Nous mettons un mot où commence notre ignorance,
et quand nous ne voyons plus au-delà.
Par exemple le mot: « moi », le mot « faire », le mot « subir ».

ce sont là peut-être les lignes d’horizon de notre connaissance,
mais non des vérités.

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Juliana Kolesova

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Le jardin extraordinaire (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2015



 

Le jardin extraordinaire

C´est un jardin extraordinaire
Il y a des canards qui parlent anglais
Je leur donne du pain ils remuent leur derrière
En m´disant  » Thank you very much Monsieur Trenet  »
On y voit aussi des statues
Qui se tiennent tranquilles tout le jour dit-on
Mais moi je sais que dès la nuit venue
Elles s´en vont danser sur le gazon
Papa, c´est un jardin extraordinaire
Il y a des oiseaux qui tiennent un buffet
Ils vendent du grain des petits morceaux de gruyère
Comme clients ils ont Monsieur le maire et le Sous-Préfet

Il fallait bien trouver, dans cette grande ville maussade
Où les touristes s´ennuient au fond de leurs autocars
Il fallait bien trouver un lieu pour la promenade
J´avoue que ce samedi-là je suis entré par hasard
Dans dans dans

Un jardin extraordinaire
Loin des noirs buildings et des passages cloutés
Y avait un bal qu´donnaient des primevères
Dans un coin d´verdure deux petites grenouilles chantaient

Une chanson pour saluer la lune
Dès que celle-ci parut toute rose d´émotion
Elles entonnèrent je crois la valse brune
Une vieille chouette me dit:  » Quelle distinction!  »
Maman dans ce jardin extraordinaire
Je vis soudain passer la plus belle des filles
Elle vint près de moi et là me dit sans manières
Vous me plaisez beaucoup j´aime les hommes dont les yeux brillent!

Il fallait bien trouver dans cette grande ville perverse
Une gentille amourette un petit flirt de vingt ans
Qui me fasse oublier que l´amour est un commerce
Dans les bars de la cité :
Oui mais oui mais pas dans…
Dans dans dans

Mon jardin extraordinaire
Un ange du Bizarre un agent nous dit
Etendez-vous sur la verte bruyère
Je vous jouerai du luth pendant que vous serez réunis
Cet agent était un grand poète
Mais nous préférions Artémise et moi
La douceur d´une couchette secrète
Qu´elle me fit découvrir au fond du bois
Pour ceux qui veulent savoir où ce jardin se trouve
Il est vous le voyez au cœur de ma chanson
J´y vol´ parfois quand un chagrin m´éprouve
Il suffit pour ça d´un peu d´imagination
Il suffit pour ça d´un peu d´imagination
Il suffit pour ça d´un peu d´imagination!

(Charles Trenet)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

J’ai ta main (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2015



 

Eugeniusz Zak - Tutt'Art@ (22) [1280x768]

J’ai ta main

Nous sommes allongés
Sur l´herbe de l´été.
Il est tard.
On entend chanter
Des amoureux et des oiseaux.

On entend chuchoter
Le vent dans la campagne.
On entend chanter la montagne.

J´ai ta main dans ma main.
Je joue avec tes doigts.
J´ai mes yeux dans tes yeux
Et partout, l´on ne voit

Que la nuit, belle nuit, que le ciel merveilleux,
Tout fleuri, palpitant, tendre et mystérieux.

Viens plus près, mon amour,
Ton cœur contre mon cœur
Et dis-moi qu´il n´est pas de plus charmant bonheur
Que ces yeux dans le ciel, que ce ciel dans tes yeux,
Que ta main qui joue avec ma main.

Je ne te connais pas.
Tu ne sais rien de moi.
Nous ne sommes que deux vagabonds,
Fille des bois, mauvais garçon.

Ta robe est déchirée.
Je n´ai plus de maison.
Je n´ai plus que la belle saison

Et ta main dans ma main
Qui joue avec mes doigts.
J´ai mes yeux dans tes yeux
Et partout, l´on ne voit

Que la nuit, belle nuit, que le ciel merveilleux,
Tout fleuri, palpitant, tendre et mystérieux.

Viens plus près, mon amour,
Ton cœur contre mon cœur
Et dis-moi qu´il n´est pas de plus charmant bonheur.
On oublie l´aventure et la route et demain
Mais qu´importe puisque j´ai ta main.
Mais qu´importe puisque j´ai ta main.
Mais qu´importe puisque j´ai ta main.

(Charles Trenet)

Illustration: Eugeniusz Zak

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Suis-je un devin ? suis-je un rêveur ? … (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2015



 

Didier Delamonica - French Mystical Fantasy painter -   (7) [1280x768]

Suis-je un devin ? suis-je un rêveur ? suis-je un homme ivre ?
un interprète des songes ? une cloche de minuit ?

Une goutte de rosée ? une vapeur et un parfum de l’éternité !
Ne l’entendez-vous pas ?
Ne le sentez-vous pas ?
Mon monde vient de s’accomplir, minuit c’est aussi midi.

La douleur est aussi une joie,
la malédiction est aussi une bénédiction,
la nuit est aussi un soleil,
— éloignez-vous,
ou bien l’on vous enseignera qu’un sage est aussi un fou.

Avez-vous jamais approuvé une joie ?
Ô mes amis, alors vous avez aussi approuvé toutes les douleurs.
Toutes les choses sont enchaînées, enchevêtrées, amoureuses, —

— vouliez-vous jamais qu’une même fois revienne deux fois ?
Avez-vous jamais dit :
« Tu me plais, bonheur ! moment ! clin d’œil ! »
C’est ainsi que vous voudriez que tout revienne !

— tout de nouveau, tout éternellement,
tout enchaîné, enchevêtré, amoureux,
ô c’est ainsi que vous avez aimé le monde, —

— vous qui êtes éternels, vous l’aimez éternellement et toujours :
et vous dites aussi à la douleur : passe, mais reviens :
CAR TOUTE JOIE VEUT — L’ÉTERNITÉ !

Toute joie veut l’éternité de toutes choses,
elle veut du miel, du levain,
une heure de minuit pleine d’ivresse,
elle veut des tombes,
elle veut la consolation des larmes versées sur les tombes,
elle veut le couchant doré —

— que ne veut-elle pas, la joie !
elle est plus assoiffée, plus cordiale, plus affamée,
plus épouvantable, plus secrète que toute douleur,
elle se veut elle même, elle se mord elle-même,
la volonté de l’anneau lutte en elle, —

— elle veut de l’amour, elle veut de la haine,
elle est dans l’abondance, elle donne,
elle jette loin d’elle,
elle mendie pour que quelqu’un veuille la prendre,
elle remercie celui qui la prend.
Elle aimerait être haïe, —

— la joie est tellement riche
qu’elle a soif de douleur, d’enfer, de haine, de honte,
de ce qui est estropié, soif du monde, —
car ce monde, oh vous le connaissez !

Ô hommes supérieurs, c’est après vous qu’elle languit,
la joie, l’effrénée, la bienheureuse,
— elle languit, après votre douleur, vous qui êtes manqués !
Toute joie éternelle languit après les choses manquées.

Car toute joie se veut elle-même, c’est pourquoi elle veut la peine !
Ô bonheur, ô douleur ! Oh brise-toi, cœur !
Hommes supérieurs, apprenez-le donc, la joie veut l’éternité,

— la joie veut l’éternité de toutes choses,
VEUT LA PROFONDE ÉTERNITÉ !

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Didier Delamonica

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Ô homme ! prends garde ! (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2015



 

104 - Arc en Ciel - 2004 22 x 16 - Acrylique sur toile

ô homme ! prends garde !
que dit minuit profond ?
« j’ai dormi, j’ai dormi, —
« d’un profond sommeil je me suis éveillé : —
« le monde est profond,
« et plus profond que ne pensait le jour
« profonde est sa douleur, —
« la joie plus profonde que la peine.
« la douleur dit : passe et finis !
« mais toute joie veut l’éternité,
« — veut la profonde éternité ! »

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Alain Chayer 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Victoire de Guernica (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2015



 

Victoire de Guernica

Visages bons à tout
Voici le vide qui vous fixe
Votre mort va servir d’exemple
[…]
Ils vous ont fait payer le pain
Le ciel la terre l’eau le sommeil
Et la misère
De votre vie

(Paul Eluard)

Illustration: Pablo Picasso

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Multiples tes yeux (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2015



Carlos Schwabe  -mah

Multiples tes yeux divers et confondus
Font fleurir les miroirs
Les couvrent de rosée de givre de pollen.

(Paul Eluard)

Illustration: Carlos Schwabe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 1 Comment »

Il n’y a pas de porte mystérieuse (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2015



 

Julie Heffernan        [1280x768] [1280x768]

Il n’y a pas de porte mystérieuse
Par où passer de la nature à l’homme
Il n’y a pas d’arbres où battent les feuilles
Sans évoquer un coeur qui se compose

Qui se défait pour renaître au printemps

(Paul Eluard)

Illustration: Julie Heffernan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :