Arbrealettres

Poésie

Errant asile (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2015




Le vent se délie et rassemble le feuillage,
la nation des nuages se disperse.

Fragile est le réel et inconstant;
et aussi, sa loi le changement, infatigable :

tourne la roue des apparences
sur l’axe du temps, sa fixité.

La lumière dessine tout et tout enflamme,
elle plante dans la mer des poignards qui sont des torches,

elle fait du monde un bûcher de reflets :
nous autres ne sommes que moutonnements.

Elle n’est pas la lumière de Plotin, mais lumière terrestre,
lumière d’ici, mais lumière intelligente.

Elle me réconcilie avec mon exil :
patrie est sa vacuité, errant asile.

(Octavio Paz)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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