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Poésie

Archive for 9 octobre 2015

LA VIE (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015




LA VIE

Comme il passait sur le sentier,
Il vit la vie dans un pommier,

La vie qui récoltait les pommes
Tout comme l’aurait fait un homme.

Elle riait, riait si haut
Qu’autour d’elle tous les oiseaux

Chantaient, chantaient si éperdus
Que nul ne s’y entendait plus.

La mort, assise au pied de l’arbre,
Aussi blanche et froide qu’un marbre,

Tenait à deux mains le panier
Où les pommes venaient tomber.

Et les pommes étaient si belles,
Si pleines de jus, si réelles

Que la mort, lâchant le panier,
S’en fut sur la pointe des pieds.

(Maurice Carême)


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L’Homme (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015



L’homme et l’oiseau se regardèrent.
– Pourquoi chantes-tu? lui dit l’homme.
– Si je le savais, dit l’oiseau,
Je ne chanterais plus peut-être.

L’homme et le chevreuil se croisèrent.
– Pourquoi joues-tu? demanda l’homme.
– Si je le savais, dit la bête,
Est-ce que je jouerais encore?

L’homme et l’enfant se rencontrèrent.
– Pourquoi ris-tu ainsi? dit l’homme.
– Si je le savais, dit l’enfant,
Est-ce que je rirais autant?

Et l’homme s’en alla, pensif.
Il passa près du cimetière.
– Pourquoi penses-tu? dit un if
Qui poussait dru dans la lumière.

Et, pas plus que l’oiseau dans l’ombre,
Que le chevreuil dans sa clairière
Ou que l’enfant riant dans l’air,
L’homme ne put rien lui répondre.

(Maurice Carême)

Illustration: Auguste Rodin

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Le bûcheron ne sait pas (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015


 


 

Ferdinand Hodler  Le bûcheron _-_Der_Holzfäller_-_1910

Le bûcheron ne sait pas quand expirent
Les arbres hurlants qu’il abat.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Ferdinand Hodler

 

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MEMENTO (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015



 

MEMENTO

Quand je mourrai
Enterrez-moi avec ma guitare
Sous le sable.

Quand je mourrai
Entre les oranges
Et la menthe.

Quand je mourrai
Enterrez-moi, si vous voulez,
Dans une girouette.

Quand je mourrai !

(Federico Garcia Lorca)

Illustration

 

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RUCHE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015



RUCHE

Nous vivons dans des cellules
de verre,
dans une ruche d’air!
Nous nous embrassons à travers
le verre.
Merveilleuse prison
dont la porte
est la lune!

(Federico Garcia Lorca)

 

 

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Eau dormante (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015



hibou  url

Le hibou
interrompt sa méditation
nettoie ses lunettes
et soupire.
Un ver luisant
roule au bas de la montagne.
Une étoile
bouge.
Le hibou bat des ailes
et se remet à méditer.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration

 

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Amparo (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015


 

Amparo,
tu es bien seule dans ta maison,
toute habillée de blanc!

(Equateur entre le nard
et le jasmin.)

Tu l’entends, l’eau qui jaillit
merveilleuse dans ta cour
et les tendres trilles jaunes
du canari.

Tu vois trembler dans le soir
les cyprès et les oiseaux,
toi qui brodes lentement
des lettres sur le canevas.

Amparo,
tu es bien seule dans ta maison,
toute habillée de blanc!

Amparo,
et comme il est dur de te dire:
oui, je t’aime!

***

Amparo

Amparo,
!que sola estas en tu casa
vestida de blanco!

(Ecuador entre el jazmin
y el nardo.)

Oyes los maravillosos
surtidores de tu patio,y el debil trino amarillo
del canario.

Por la tarde ves temblar
los cipreses con los pajaros,
mientras bordas lentamente
letras sobre el cañamazo.

Amparo,
!qué sola estas en tu casa
vestida de blanco!

Amparo,
!y qué dificil decirte:
yo te amo!

(Federico Garcia Lorca)

 

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Le silence (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015


Entends, mon fils, le silence.
C’est un silence ondulé,
un silence
où glissent échos et vallées
et qui fait s’incliner les fronts
vers le sol.

(Federico Garcia Lorca)

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IL VIENDRA (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015




IL VIENDRA

 » Vous verrez, dit-il, il viendra,
Celui qui est meilleur que moi. »
Et le jour même de sa mort,
L’homme arriva plus simple encor
Et plus enclin à pardonner
Qu’on eût osé l’imaginer.
Mais à son tour, il répéta,
 » Vous verrez, dit-il, il viendra,
Celui qui est meilleur que moi. »

Voici deux mille ans
Qu’en ce monde en feu, on l’attend.

(Maurice Carême)

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LE GRAND MIROIR (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2015



LE GRAND MIROIR

Nous vivons
sous le grand miroir.
L’homme est tout bleu!
Hosanna!

(Federico Garcia Lorca)

 

 

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