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Poésie

Archive for 15 octobre 2015

Et la parole sourd (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015


 


Denis Chernov 1978 - Ukrainian painter - Tutt'Art@ (38) [1280x768]

Et la parole sourd, se ramifie aux lèvres douces
Alourdies de matin, mouillées d’amour, limées de soif
Vous vivez là, parole
Autour de moi, en un seul cri
Aube égouttée dans l’arbre en cassure d’oiseaux
Brisée à bout de branche

(Jean-Pierre Faye)

Illustration: Denis Chernov

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Nous sommes faits d’humus et de passions (Serge Brindeau)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015




Nous sommes faits d’humus et de passions
De sève puisée dans le tombeau de la lumière
Tout retournerait au désert où la nuit se concentre
Si je ne veillais à recréer le diamant d’eau
Pensée d’aurore qu’il faut offrir à son visage

(Serge Brindeau)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Odilon Redon

 

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Tu es ciel chargé par le suc (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015



Evgeni Gordiets 1008

Tu es ciel chargé par le suc
D’un long été tremblant de pentes, de verdure
Tout forgé de feuillage, ô jour
Abrupt de transparences, allié
Au soleil immergé des feuilles
Au feu fragile de la branche, au jour plus mûr
— Nourri de terres à distance, lac
Captif et eau arable dans le roc
Tu mêles tout bas sol et ciel
Ici

(Jean-Pierre Faye)

Illustration: Evgeni Gordiets

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Et dès lors (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015



Carry Akroyd_colonsay_oronsay_islay_and_jura

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant, tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !

(Jean-Pierre Faye)

Illustration: Carry Akroyd

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Vienne le vent (Maren Sel)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015



 

Alexandre Pavlenko  1974 - Ukrainian Pointillist painter (43)

Vienne le vent
Coulant des noeuds aux cols, violence
Qui double les boues musculeuses
Moule de lutte l’altitude, arrache
Le moins réel, effrite l’angle, la force jusqu’à l’os
Massive, cohérente, arrondie jusqu’à un oui de pierre
Apurée de foisons, lavée des ombres, dans ce poli charnel
Qui sait sourire
Et là tu es prochaine
Toi, forme de l’attente, patience des racines
Et forme ensevelie, toi gisement d’épaule
Pour les sanglots nomades aux creux du soir
Mais apparue, soudaine et à jamais
Au soc du temps fouisseur
Preneur de source. Avivée d’apparence
Toute aggravée de chair, prise au sérieux du poids
Et de la faim, toute souffrance à dire enfin jusqu’à son terme
Toute terre soufferte et véridique

(Maren Sel)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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Nous fermons les yeux (Maren Sel)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015



 

Bogdan Prystrom m

Nous fermons les yeux comme si nous nous cherchions en nous-mêmes.
Cette musique. Nous la connaissons. Nous l’avons déjà entendue.
La douceur se répand et le coeur bat, bat de la nuit longue.

Longue est la nuit.
Le chemin que nous avons à faire ensemble se perd à l’horizon.
C’est le chemin au seuil duquel maintenant nous arrivons.

(Maren Sel)

Illustration: Bogdan Prystrom

 

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LA MOTTE ET LE CAILLOU (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015




LA MOTTE ET LE CAILLOU

« Amour point ne cherche à se satisfaire
Et n’a de soi pas le moindre souci,
Mais pour un autre il abdique ses aises,
Et il bâtit un Ciel au dépit de l’Enfer. »

Ainsi chantait une motte d’argile
Foulée aux pieds par les troupeaux ;
Sur quoi un caillou du ruisseau
Gazouilla ces vers à propos :

« Amour ne cherche qu’à se satisfaire
Et asservir un autre à son plaisir,
Jouit de priver un autre de ses aises,
Et au mépris du Ciel il bâtit un Enfer. »

***

THE CLOD AND THE PEBBLE

`Love seeketh not itself to please,
Nor for itself bath any care,
But for another gives its ease,
And builds a Heaven in Hell’s despair.’

So sang a little clod of clay,
Trodden with the cattle’s feet;
But a pebble of the brook
Warbled out these metres meet:

`Love seeketh only self to please,
To bind another to its delight,
Joys in another’s loss of ease,
And builds a Hell in Heaven’s despite.’

(William Blake)

Illustration: Joséphine Wall

 

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Cette lumière pourtant (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015



 

Edward Alfred Cucuel - Tutt'Art@ (3) [1280x768]

Cette lumière pourtant
n’en finit pas de mourir
derrière les arbres, où
se précise le métal
et l’insecte incessant
Sur le monceau des fruits et les voix

(Jean-Pierre Faye)

Illustration: Edward Alfred Cucuel

 

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Le chemin noir (Jean-Pierre Faye)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015



Galina Sobol_to_the_light [1280x768] [1280x768]

Le chemin noir vers l’eau retrouvée
s’éteint et plie, retourne
au sol le roux de bruyère
longuement la saveur cassée du bois
serrée de noeuds, cordée
de sécheresse. Nos mains étendues
touchent le bruit de feuille froissée
Les images roulent, gréseuses, se font chose
dans la pente sonore, bondissantes
où le pan d’ajoncs se tache de vert
brûlé de grisaille.

(Jean-Pierre Faye)

Illustration: Galina Sobol

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L’EFFRAIE (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015



 

L’EFFRAIE

Je sais maintenant que je ne possède rien,
pas même ce bel or qui est feuilles pourries,
encore moins ces jours volant d’hier à demain
à grands coups d’ailes vers une heureuse patrie.

Elle fut avec eux, l’émigrante fanée,
la beauté faible, avec ses secrets décevants,
vêtue de brume. On l’aura sans doute emmenée
ailleurs, par ces forêts pluvieuses. Comme avant,

je me retrouve au seuil d’un hiver irréel
où chante le bouvreuil obstiné, seul appel
qui ne cesse pas, comme le lierre. Mais qui peut dire

quel est son sens? Je vois ma santé se réduire,
pareille à ce feu bref au-devant du brouillard
qu’un vent glacial avive, efface… Il se fait tard.

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

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