Arbrealettres

Poésie

NOCTURNE VIF (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2015



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NOCTURNE VIF

L’enclume soliloque et les frissons des seigles
Aux villages cernés par la douceur des soirs,

Nous ne regagnerons le conjugal pavois
Qu’à l’heure où les oiseaux flûtiotent dans les bois,

Où le crapaud s’éteint au bord des mares noires
Où l’ultime follet danse dans la mémoire.

La lune resplendine essaye son essor
Et sur les champs ses rets sont arentelles d’or.

Le loup-garou charge le passant comme hotte
Ainsi l’homme succombe : il en a plein ses bottes !

Mais dans ces nuits maléficiées je suis à l’aise :
C’est la nuit que l’on boit, c’est la nuit que l’on baise

C’est la nuit que l’on vit, c’est la nuit que l’on ment
Le miroir à la belle et la rose à l’amant,

C’est la nuit que le vent soupire sous les portes
Au sommeil dis adieu son fantôme l’emporte.

Mais le village est sourd et blanc comme un squelette
Aux cerisiers pleurant sur leurs escarpolettes.

(Maurice Fombeure)

 

 

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