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Poésie

Archive for 18 octobre 2015

Je te parle, mon petit jour (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015




Je te parle, mon petit jour.
Mais tout cela ne serait-il
qu’un vol de paroles dans l’air?
Nomade est la lumière.
Celle qu’on embrassa
devient
celle qui fut embrassée,
et se perd.
Qu’une dernière fois
dans la voix qui l’implore
elle se lève donc et rayonne,
l’aurore.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Sabin Balesa

 

 

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Vérité, non-vérité se résorbent en fumée (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



Vérité, non-vérité
se résorbent en fumée

Monde pas mieux abrité
que la beauté trop aimée,
passer en toi, c’est fêter
de la poussière allumée

Vérité, non-vérité
brillent, cendre parfumée

(Philippe Jaccottet)

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Le temps d’avoir longé un pré (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



Une part invisible de nous-mêmes
se serait ouverte en ces fleurs.
Ou c’est un vol de mésanges qui nous enlève ailleurs,
on ne sait comment.
Trouble, désir et crainte sont effacées, un instant;
mort est effacée, le temps d’avoir longé un pré.

(Philippe Jaccottet)

 

 

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Une invisible rose de regret (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



Il y aura toujours dans mon oeil cependant
une invisible rose de regret
comme quand au-dessus d’un lac
a passé l’ombre d’un oiseau

(Philippe Jaccottet)

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Dame étrusque (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



Dame étrusque

On la découvre à demi couchée
comme pour un repas
sur le recueil de ses propres cendres.

Elle tient dans la main un éventail
qui a la forme d’une feuille.

Tout cela, depuis des siècles, immobile,
une urne en terre, rose,
et autre chose encore
qui nous invite à un tendre respect :

un coffret, même pas très lourd
ni très solide,
comme on verrait une boîte à onguents
à l’effigie d’une beauté vivante
sur sa toilette ; et, non loin, son miroir.

Celle-ci fut tout l’amour d’un homme
une saison de Toscane, ou une vie,
sous le même soleil qui éclaire encore nos pas.

Mais le miroir n’a plus rien à craindre de son souffle,
et l’éventail en forme de feuille
n’aura plus à cacher aucune rougeur de honte.
Elle a dû désapprendre ce qu’était la brise…

Que c’est étrange, néanmoins, ces images de mortes
qui éveillent encore une espèce vague d’amour
chez les ombres que nous sommes devenus !

(Philippe Jaccottet)

 

 

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Poids des pierres, des pensées (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



Poids des pierres, des pensées

Songes et montagnes
n’ont pas même balance

Nous habitons encore un autre monde
Peut-être l’intervalle

(Philippe Jaccottet)

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Le rituel (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



A tel ou tel endroit du ciel
c’est toujours, aux mêmes saisons,
les mêmes cierges qui brûlent,
le rituel qui jamais ne change,
même si ce sont d’autres visages
qui s’inclinent.

(Philippe Jaccottet)

 

 

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La nuit n’est pas ce que l’on croit (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



La nuit n’est pas ce que l’on croit, revers du feu,
chute du jour et négation de la lumière,
mais subterfuge fait pour nous ouvrir les yeux
sur ce qui reste irrévélé tant qu’on l’éclaire.

(Philippe Jaccottet)

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Laine et ciseaux (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



L’enfant s’est accroupi
aux pieds de la très vieille et douce dame
en robe noire d’un autre temps.

Dans la corbeille,
encore toute enroulée,
la laine de sa vie,
et les ciseaux.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Carolus Duran

 

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LE JOUR ME CONDUIT LA MAIN (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



 

Darren Baker o1_500

LE JOUR ME CONDUIT LA MAIN

Dès le matin la lumière parle et je l’écoute,
sans plus me demander si je fais bien ou mal, si je ne suis pas ridicule.

C’est d’abord comme une jeune fille qui passerait de porte en porte
éveiller un à un les habitants de ce village,

c’est quelque chose aussi de frais qui ruisselle sur les pierres,
qui lave les murs de toutes les taches de la nuit,

c’est une sorte de voirie de l’âme.
Aujourd’hui, celle-ci ne dira rien que de pur.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Darren Baker

 

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