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Poésie

Archive for 23 octobre 2015

Misère de l’instant ! (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2015



Misère de l’instant !

Je voulus détruire tout
le divin travail de tant de jours purs
— de tant d’heures seules,
de tant d’instants magiques
et de tant de secondes infinies — ;
anéantir d’un seul coup, ah !
car il est laid, absurde et inutile,
ce chemin de lumière.
Me jeter dans la boue
misérable et continue…

Je me mis à frapper de beaux joyaux fragiles,
et je maudis l’amour et la fraternité :
et me plus à manger, à parler, à dormir…

***

¡Miseria del instante!

Pensé destrozar todo
el divino trabajo de tantos días puros
—de tantas horas solas,
de tantos májicos minutos
y de tantos segundos infinitos—;
desbaratar en un momento, ¡ay!,
por inútil, por feo, por absurdo,
el camino de luz.
Y echarme al barro
miserable y continuo…

Ydi golpes a bellas joyas frájiles,
y maldije el amor y la hermandad,
y me gustó comer, hablar, dormir

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration

 

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Le peu de force (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2015



Ciric  Bella_dona

Le peu de force que tu avais alors
tu l’as usée en deux ultimes sourires,
volontaires encore, pour moi.
Tu demeuras, ensuite,
involontairement sérieuse pour toujours.

***

La poca fuerza que tenías ya
la gastaste en dos últimas sonrisas,
voluntarias aún, para mí. Luego,
te quedaste
involuntariamente seria para siempre.

(Juan Ramón Jiménez)

 

 

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MARS (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2015



MARS

Petit rayon de soleil de miel,
qui frappes où hier tu ne frappais pas ;
consolation fugace et ultime,
qui entres par le mur au nord
de la prison de mon âme !

***

MARZO

¡Rayito de sol de miel,
que das donde ayer no dabas;
consuelo fugaz y último,
que entras por el muro al norte
de la cárcel de mi alma!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration

 

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ANGOISSE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2015



ANGOISSE

Ah villages sur voie, privés de leurs quiétudes,
qui, à chaque aurore pure — ô poussière de charbon !
vous trouvez découverts — grognons,
éblouis, encore mal éveillés —
par un train mixte, sale et lent,
qui coupe votre rivière,
qui, de tout près regarde l’heure
de l’horloge lasse de votre clocher,
qui enfume vos fleurs et enfume vos fruits,
brûle votre verdure,
et qui surprend soudain, avec son lourd fracas,
le vol, l’adultère, le crime à pas lent,
et la nécessité !

***

ANGUSTIA

¡Ay, pueblos a la vía, sin quietudes,
que, cada aurora pura —¡carbonilla!—,
sois descubiertos — morroñosos,
deslumbrados, mal despiertos aún—,
por un tren misto, sucio y lento,
que os corta vuestro río,
que os mira, cerca, la hora
del cansado reló de vuestra torre,
que os ahuma las flores y los frutos,
que os requema lo verde,
que os sobresalta, torpemente fragorosco,
el robo, el adulterio, el crimen lento,
y la necesidad!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Claude Monet

 

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AVANT-SAISON D’AUTOMNE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2015



AVANT-SAISON D’AUTOMNE

Soleil quincailler,
chaux couleur d’azur !
Le trottoir, si pur
aux belles lumières !

— Le cyclone frais
nettoie absorbé
le prisme léger
du monde doré ! —

Que de souvenirs
— combien de couleurs ! —
Que tu sais, beauté,
te décomposer !

***

ANTEOTOÑO

¡Sol quincallero,
cales azules!
¡La acera, pura
de bellas luces

—¡El ciclón fresco
limpiando absorto
el leve prisma
del mundo de oro!—

¡Qué de recuerdos
—cuántos colores!-
¡Qué bien, belleza,
te descompones!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Leonid Afremov

 

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AMOUR ! (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2015



AMOUR !

Toutes les roses sont la même rose,
amour ! l’unique rose ;
et tout est contenu en elle,
brève image du monde,
amour ! l’unique rose.

***

¡AMOR!

Todas las rosas son la misma rosa,
¡amor!, la única rosa;
y todo queda contenido en ella,
breve imajen del mundo,
¡amor!, la única rosa.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Le papillon (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2015



Le papillon,
qu’il est pensif !
Il vole sur les fleurs
du soir — insistant
sur le jaune, un point, éternel, du jardin —,
comme l’âme en amour sur les souvenirs.

***

La mariposa
¡qué pensativa es!
Va por las flores
de la tarde —insistente
en lo amarillo, un punto eterno, del jardín—,
como el alma en amor por los recuerdos.

(Juan Ramón Jiménez)

 

 

 

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On ne me regardera pas (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2015



On ne me regardera pas en disant :
« Qu’es-tu ? » ;
mais sans curiosité
et doucement.

Car je ferai partie aussi
des immobiles ;
et mes pensées ne seront
plus difficiles.

Mes yeux seront, calmes,
les siens ;
je les regarderai sans rien demander,
ne faisant qu’un.

***

No me mirarán diciendo:
« ¿Qué eres? »;
sino sin curiosidad
y dulcemente.

Porque yo seré también de
los quietos;
y ya no tendré difíciles
los pensamientos.

Mis ojos serán, serenos,
los suyos;
los miraré sin preguntas,
uno en lo uno.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration

 

 

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LA VERTU DU SILENCE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2015



LA VERTU DU SILENCE

Je connais désormais la vertu du silence
Et de la solitude au parfum de raison
Car c’est de là, vers toi, que mon âme s’élance,
S’abîme en de muettes et fortes oraisons.

(Maurice Fombeure)

 

 

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CHANSON FAITE AVEC DE VIEUX MOTS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2015



CHANSON FAITE AVEC DE VIEUX MOTS

Bel oiseau dans l’arbre irrité
Plumes de la pluie, le vent tombe,
Bel oiseau dans l’arbre irrité,
Belle colombe de l’été.

Belle fille dans la clarté
Sois l’ardent tremblement des saules,
Belle fille dans la clarté,
Belle colombe de l’été.

Quand je te vois je sens en moi
La maladresse d’une rose,
Je te revois j’entends en moi
L’orage des grands désarrois.

Belle fille dans la clarté,
O rumeur, ô merveille heureuse,
Bel oiseau dans l’arbre irrité
Belle colombe de l’été.

Je suis vaincu par ta beauté
Ainsi que s’effeuille une rose.
Mais le sort que tu m’as jeté
Il me semble une apothéose
Et flambe en moi comme un été.

Bel oiseau dans l’arbre irrité,
Bel arbre des métamorphoses,
Bel oiseau dans l’arbre irrité,
Belle colombe de l’été.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Camille Pissarro

 

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