Arbrealettres

Poésie

La femme entière (Marc Piétri)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2015



La femme entière

Sans savoir, elle parle au mistral, aux cigales
Elle dit au figuier qu’il a de belles mains
Pour changer d’air, elle ouvre son armoire plutôt que la fenêtre
Elle décroche la nuit, le téléphone, pour écouter la mer, quand elle ne dort pas
De son nez en trompette, elle flaire les camemberts et les crevettes
Lorsqu’il pleut, elle est nue sous son imperméable
Se libérant ainsi de toutes les étreintes
Elle a des plantes vertes. Elle en lave les feuilles avec de l’huile
Elle n’accomplit rien, qui puisse faire croire qu’elle a été, jadis, une petite fille, ou qu’elle sera vieille
Elle a toujours été entière et miroitante comme si des éclats de vent et de lumière la constituaient toute

(Marc Piétri)

Illustration: Ivan Calatayud

 

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