Arbrealettres

Poésie

Conte d’amour VIII (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2015



Conte d’amour VIII

Ne ternis pas de pleurs les mystiques prunelles
De tes grands yeux navrés, striés d’or et d’agate ;
Laisse-la t’emporter, la berceuse frégate,
Par les immensités des vagues solennelles.

Triste, je rêverai, pendant mes nuits moroses,
De baisers alanguis et de caresses brusques,
De nids capitonnés où des coupes étrusques
S’exhalent les ennuis des chlorotiques roses.

Et l’absence irritant le désir qu’elle rive,
Ma passion tenace où le souvenir veille
Montera dans mon coeur, débordante et pareille
Aux fluviales eaux qui grondent sur la rive.

(Jean Moréas)

 

 

Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :