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Poésie

Archive for 19 novembre 2015

Assez d’abstinence I (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015



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Assez d’abstinence I

Assez d’abstinences moroses :
De Schiraz effeuillons les roses
Au bord du lac sacré,
Et que pour moi l’amour ruisselle
De sa lèvre d’alme pucelle,
Plus doux qu’un vin sucré.

(Jean Moréas)

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Assez d’abstinence II (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015



saphir [800x600]

Assez d’abstinence II

Assez de chrysolithe terne :
Que l’on me montre la caverne
Des kohinors-soleils,
Et des saphirs plus bleus que l’onde,
Et des clairs rubis de Golconde
Au sang des dieux pareils

(Jean Moréas)

 

 

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Assez d’abstinence III (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015



Genghis_Khan

Assez d’abstinence III

Assez d’existence servile :
Que l’on m’emporte dans la ville
Où je serai le Khan,
Infaillible comme un prophète
Et dont la justice parfaite
Prodigue le carcan.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Conte d’amour I (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015



Conte d’amour I

La lune se mirait dans le lac taciturne,
Pâle comme un grand lis, pleine de nonchaloirs.
Quel lutin nous versait les philtres de son urne ? –
La brise sanglotait parmi les arbres noirs…

Baiser spirituel, son baiser, sois béni !
Dans mon coeur plein d’horreur tu ravivas la flamme,
dans mon coeur plein d’horreur, mon pauvre coeur terni.
Ai-je effleuré sa lèvre ? Ai-je humé son âme ?

(Jean Moréas)

 

 

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Conte d’amour II (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015



Conte d’amour II

Je veux un amour plein de sanglots et de pleurs,
Un amour au front pâle orné d’une couronne
De roses dont la pluie a terni les couleurs,
Je veux un amour plein de sanglots et de pleurs.

Je veux un amour triste ainsi qu’un ciel d’automne,
Un amour qui serait comme un bois planté d’ifs
Où dans la nuit le cor mélancolique sonne ;
Je veux un amour triste ainsi qu’un ciel d’automne,
Fait de remords très lents et de baisers furtifs.

(Jean Moréas)

 

 

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Conte d’amour III (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015



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Conte d’amour III

Mon coeur est un cercueil vide dans une tombe ;
Mon âme est un manoir hanté par les corbeaux.
Ton coeur est un jardin plein des lis les plus beaux ;
Ton âme est blanche ainsi que la blanche colombe.

Mon rêve est un ciel bas où sanglote le vent ;
Mon avenir, un tertre en friche sur la lande.
Ton rêve est pur ainsi que la plus pure offrande,
Ton avenir sourit comme un soleil levant.

Ma bouche a les venins des fauves belladones ;
Mes sombres yeux sont pleins des haines des maudits.
Ta bouche est une fleur éclose au paradis,
Tes chastes yeux sont bons comme ceux des madones.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Conte d’amour IV (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015



Conte d’amour IV

Dans les jardins mouillés, parmi les vertes branches,
Scintille la splendeur des belles roses blanches.
La chenille striée et les noirs moucherons
Insultent vainement la neige de leurs fronts :
Car, lorsque vient la nuit traînant de larges voiles,
Que s’allument au ciel les premières étoiles,
Dans les berceaux fleuris, les larmes des lutins
Lavent toute souillure, et l’éclat des matins
Fait miroiter encor parmi les vertes branches
Le peplum virginal des belles roses blanches.

Ainsi, ma belle, bien qu’entre tes bras mutins
Je sente s’éveiller des désirs clandestins,
Bien que vienne parfois la sorcière hystérie
Me verser les poisons de sa bouche flétrie,
Quand j’ai lavé mes sens en tes yeux obsesseurs,
J’aime mieux de tes yeux les mystiques douceurs
Que l’irritant contour de tes fringantes hanches,
Et mon amour, absous de ses désirs pervers,
En moi s’épanouit comme les roses blanches
Qui s’ouvrent au matin parmi les arbres verts.

(Jean Moréas)

 

 

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Conte d’amour VI (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015



Conte d’amour VI

Rouges comme un fer de forge
Ou le taureau qu’on égorge,
Sous les regrets assassins
Nos coeurs saignent dans nos seins.

Viennent donc des sorts propices
Nous garer des précipices !
Que nous nous serrions la main
Sans souci du lendemain ;

Qu’enfin nous puissions sans trêve,
Sans redouter l’heure brève,
Sous les ciels profonds des lits
Tordre nos corps affaiblis !

(Jean Moréas)

 

 

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Conte d’amour VII (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015



Conte d’amour VII

Hiver : la bise se lamente,
La neige couvre le verger.
Dans nos coeurs aussi, pauvre amante,
Il va neiger, il va neiger.

Hier : c’était les soleils jaunes.
Hier, c’était encor l’été.
C’était l’eau courant sous les aulnes
Dans le val de maïs planté.

Hier, c’était les blancs, les roses
Lis, les lis d’or érubescent-
Et demain : c’est les passeroses,
C’est les ifs plaintifs, balançant,

Balançant leur verdure dense,
Sur nos bonheurs ensevelis ;
Demain, c’est la macabre danse
Des souvenirs aux fronts pâlis ;

Demain, c’est les doutes, les craintes,
C’est les désirs martyrisés,
C’est le coucher sans tes étreintes,
C’est le lever sans tes baisers.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Chanson (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015



 

Chanson

De bon coeur, la bonne aventure,
Chante colombe, au fond du bois;
L’étoile baigne aux sources pures,
Trois par trois sont partis les mois,
De bon coeur, la bonne aventure.

Qu’elle était douce à son amant.
De bon coeur, la bonne aventure,
Allons à son enterrement;
Et qu’elle avait belle figure,
Qu’elle était douce à son amant.

Il en aima bien mieux les autres,
Chante colombe au fond des bois;
Meurent prophète et ses apôtres,
On s’oubliera selon les lois.
On en aimera mieux les autres.

Vienne le jour des vieux bilans,
L’étoile baigne aux sources pures.
Qu’elle était douce à son amant,
De bon coeur, la bonne aventure.
Vienne le jour des vieux bilans.

Trois par trois sont partis les mois,
Qui se souvient encore d’elle?
Après trois fois trois ans, ma foi,
A la sienne reste fidèle,
Chante colombe, au fond des bois.

(Robert Desnos)

 

 

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