Arbrealettres

Poésie

Conte d’amour VI (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2015



Conte d’amour VI

Rouges comme un fer de forge
Ou le taureau qu’on égorge,
Sous les regrets assassins
Nos coeurs saignent dans nos seins.

Viennent donc des sorts propices
Nous garer des précipices !
Que nous nous serrions la main
Sans souci du lendemain ;

Qu’enfin nous puissions sans trêve,
Sans redouter l’heure brève,
Sous les ciels profonds des lits
Tordre nos corps affaiblis !

(Jean Moréas)

 

 

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