Arbrealettres

Poésie

Ottilie (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2015



Hans Veit Schnorr von Carolsfeld Bildnis _Juliane_Ottilie_c1808

Ottilie

Des lèvres de bacchide et des yeux de madone,
Des sourcils bifurqués où le diable a son pleige ;
Ses cheveux vaporeux que le peigne abandonne
Sont couronnés de fleurs plus froides que la neige.

Vient-elle de l’alcôve ou bien de l’ossuaire,
Lorsque ses mules d’or frôlent les dalles grises ?
Est-ce voile d’hymen ou funèbre suaire,
La gaze qui palpite aux vespérales brises ?

Autour du burg, la lune, aux nécromants fidèle,
Filtre en gouttes d’argent à travers les ramures.
Et l’on entend frémir, ainsi que des coups d’aile,
Des harpes, dans la salle où rêvent les armures.

(Jean Moréas)

Illustration: Hans Veit Schnorr von Carolsfeld Bildnis

 

Qu'est-ce que ça vous inspire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :