Arbrealettres

Poésie

Archive for 30 novembre 2015

Donne (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015



Puisque ici-bas toute âme
Donne à quelqu’un
Sa musique, sa flamme
Ou son parfum…

(Victor Hugo)

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Dans une solitude (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015



Rob Gonzalves 5c

Dans une solitude entre toutes choisies
parfois l’instant sacré d’une aile suspendue
Sur nous l’aile couleur des lointains
un ange une grande Victoire inattendue
Une force sereine l’Espérance
dans son halo fragile apporte l’aromate
Qui nous élève au-dessus des charniers
preuve d’azur d’un temps plus beau tableau qu’aucun démon ne gratte

(Ernest Delève)

Illustration: Rob Gonzalves

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Dieu invisible au philosophe (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015



Le philosophe allait sur son âne; prophète,
Prunelle devant l’ombre horrible stupéfaite,
Il allait, il pensait.

Il allait, il pensait. Devin des nations,
Il vendait aux païens des malédictions,
Sans savoir si des mains dans les ténèbres blêmes
S’ouvraient pour recevoir ses vagues anathèmes.

Il venait de Phétor; il allait chez Balac,
Fils des Gomorrhéens qui dorment sous le lac,
Mage d’Assur et roi du peuple moabite.
Il avait quitté l’ombre où l’épouvante habite,
Et le hideux abri des chênes chevelus
Que l’ouragan secoue en ses larges reflux.
Morne, il laissait marcher au hasard sa monture,
Son esprit cheminant dans une autre aventure;
Il se demandait: « Tout est-il vide? et le fond
N’est-il que de l’abîme où des spectres s’en vont?
L’ombre prodigieuse est-elle une personne?
Le flot qui murmure, est-ce une voix qui raisonne?
Depuis quatre-vingts ans, je vis dans un réduit,
Regardant la sueur des antres de la nuit,
Écoutant les sanglots de l’air dans les nuées.
Le gouffre est-il vivant? Larves exténuées,
Qu’est-ce que nous cherchons? Je sais l’assyrien,
L’arabe, le persan, l’hébreu; je ne sais rien.
De quel profond néant sommes-nous les ministres?…»
Ainsi, pâle, il songeait sous les branches sinistres,
Les cheveux hérissés par les souffles des bois.
L’âne s’arrêta court et lui dit: « Je le vois. »

(Victor Hugo)

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COLD IN HAND BLUES (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015




COLD IN HAND BLUES

et qu’est-ce que tu vas dire
je dirai seulement quelque chose
et qu’est-ce que tu vas faire
je me cacherai dans le langage
et pourquoi
j’ai peur

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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Dans le silence même (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015




Dans le silence même
(non dans le même silence)
avaler la nuit,
une nuit immense
immergée dans le secret des pas perdus.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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Déjà (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015




Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit
Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s’efface
Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri.

(Louis Aragon)

 

 

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O jours anciens (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015



 

Alexander Akilov 260476_n

Ô jours anciens noircis par l’aurore nouvelle
C’est l’aube les oiseaux encore informes s’ébrouent
Dégageant peu à peu de leur chaos des ailes
Qui les font crier de joie c’est l’aube

Le profond avenir nous donne le vertige
Et nous tombons toujours au fond de nos abîmes
Nous y trouvons le jour il naît une blancheur
Une larme filante fait trembler l’horizon

Là-bas à l’orient aux terres fortunées
La Victoire s’envole comme une graine ailée

(Ernest Delève)

Illustration: Alexander Akilov

 

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CHANSON (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015



 

Alexander Akilov   533648_n

CHANSON

Une nuit que la voix du vent
Parmi les flûtes et les feuilles
Fut si pure que les lèvres
Dont les baisers buvaient la nuit
S’arrêtèrent pour désirer
S’enivrer au nouveau fleuve

Une clarté tendit sa toile
De mort à mort et d’ombre à ombre
C’était comme une grande voile
Qui naviguait sur nos décombres

Un grand courant nous soulevait
Sur le fleuve né de nos larmes
Enfin nous étions tous sauvés
Les enfants réveillés chantaient

Bonne nuit bon vent clair de lune
Bonne nuit pour les mains diaphanes
Jouant dans la mâture où dorment les oiseaux
Bonne nuit pour les yeux qui éclairent les eaux

Bonne nuit pour les yeux qui naissent grâce aux larmes
Bonne nuit pour aimer pour veiller
Bonne nuit pour baigner nos ombres et nos yeux
Dans une clarté toute nouvelle au monde

Demain ne sera plus un jour comme les autres

(Ernest Delève)

Illustration: Alexander Akilov 

 

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Les galets de ma rue (Bernard Flucha)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015




Les galets de ma rue

Les galets de la Mer se roulent dans ma Rue
Sur la pente s’ébrouent ma jeunesse et mon âge
Corridor de la nuit qu’éclairent tes mains nues
Dans une multitude où la vie se partage

Sur la pente s’ébrouent ma jeunesse et mon âge
On m’a dit les baigneurs recherchant ta venue
Dans une multitude où la vie se partage
J’en recouvre le temps du voile des seins nus

On m’a dit les baigneurs recherchant ta venue
Où le sable s’endort et veillant sur la plage
S’apostrophent les corps dans la toile tendue
Comme la déraison dont résonne mon âge

Où le sable s’endort et veillant sur la plage
Se combinent les doigts et l’Amour à la vue
Comme la déraison dont résonne mon âge
Les galets de la Mer se roulent dans ma Rue

(Bernard Flucha)

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John Brown (Mark R. Weston)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015




Le corps de John Brown gît dans la tombe.
Son âme, elle, marche parmi nous.

***

John Brown’s body lies a-mold’ring in the grave
His soul goes marching on

(Mark R. Weston)

Illustration: John Steuart Curry

 

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