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Poésie

Archive for novembre 2015

Quand cela fut-il? (Jorge Guillén)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015




Quand cela fut-il?
Je ne sais.
Sur l’eau du souvenir
je m’en vais naviguer.

(Jorge Guillén)

Illustration

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Je ne peux pas parler avec ma voix (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015




Je ne peux pas parler avec ma voix
mais avec mes voix.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Odilon Redon

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On a besoin parfois (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015


haut-les-coeurs

sans même passer un pull
très tard sous la tonnelle
on parle de littérature
de Céline d’Aragon
et de Berthe Sylva
et la soirée passe
avec les chiens et les chats
les escargots
qui voyagent la nuit
dans les rêves des enfants
ou dans les yeux du peintre
qui a raison de dire
après un dernier verre
qu’on a besoin parfois
– comme d’un café d’une poignée de main
avant la route –
de l’émotion des autres

(François de Cornière)

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Oublié (Aragon)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015


Oublié

Comme sur le quai désert un accordéon
déplié
un mouchoir à carreaux sur le macadam

(Aragon)

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JE DEMANDE LE SILENCE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015




JE DEMANDE LE SILENCE

même s’il est tard, est nuit,
et tu ne peux pas.
Chante comme si rien ne se passait.
Rien ne passe.

(Alejandra Pizarnik)

 

 

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Le succube (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015



Le succube

On creuse la nuit
Dans mon crâne un puits
On ouvre une sape
Pour capter la nappe
Fossile des eaux
Douces d’un cerveau.

On perce ma roche
Pour vider la poche
D’or de mes secrets
Un escroc trafique
Le champ magnétique
De mes minerais.

On entaille à vif
À coups d’explosif
Mes filons de rêves
Et le coq hâbleur
Chasse mon voleur
Quand l’aube se lève.

Pour ton œuvre au noir,
Fouilleur de mémoire,
Mineur clandestin,
Pilleur de placers,
Que peux-tu bien faire
De tout ce butin ?

(Bernard Lorraine)


Illustration: Johann Heinrich Füssli

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Avez-vous jamais vu comment meurt un oiseau (Aragon)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015


Avez-vous jamais vu comment meurt un oiseau
Une pierre soudain qui tombe dans la cage
Cela ne chantera plus n’ébouriffera plus
Son plumage Cela meurt droit devenu plomb
Cela meurt on dirait un meuble tombé dans ma tête
Une marche manquée Un mot pour l’autre
Un oiseau que c’est triste un oiseau qui meurt

(Aragon)

Illustration: Jean-Baptiste Greuze

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Même pur le désert s’adoucit (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2015



 

Goyo Dominguez _500

Même pur le désert s’adoucit tu te mires
Dans l’eau qui lui sourit à la bouche désir
De t’offrir le secret de sa meilleure source
C’est ton heure et pour toi les mirages se couchent

Je te vois et le beau temps de la journée
Où j’ai vécu sans y voir clair
Enfin prend corps pour m’éclairer
Sur les baumes qui ont fleuri
En ton absence à notre insu
Tu en es toute imprégnée

Toi la trouvaille tu viens parée
D’un fin collier d’instants perdus
Qui ont perlé de mes pensées
D’où mon amour était exclu

Ton art parfait entre les lignes
Chasse le blanc confus de n’être
Que la fumée autour des signes
Où les flammes n’ont pas pu naître

Quand la mémoire en secret rêve
Profond contre l’oubli forcé
Tu sors réelle de l’absence
Naturelle de ta légende
Suggérée insinuante
Innocente de tes tours

Tu vis heureuse entre les ombres
Ouvrant mon livre à deux battants
Et consacrant cette fenêtre
A la lumière du satin
Au filigrane de tes veines
Au grain le plus fin du destin
A la nacre ayant la peau chaude
Au miroir que tu mets que tu ôtes

Mon livre comme un lit ouvert
Où je te trouve et je te perds

(Ernest Delève)

Illustration: Goyo Dominguez

 

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LIBERTE CHERIE (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2015



 

Giampaolo Ghisetti__Forse_g

LIBERTE CHERIE

Quand on t’adresse la parole
On dit que tu es timide
Et l’on te défend de répondre

Quand on t’invite
On dit que tu as horreur du monde
Et l’on te défend de sortir

Quand on danse
On dit que tu es boiteuse
Et l’on te défend de marcher

Quand on demande ta main
On dit que tu penses au couvent
Où l’on voudrait t’enfermer

Quand on chante on t’envoie prier
Quand on écrit la vérité
On éteint pour t’empêcher de lire

Mais tu viendras à la fête
Et les chants que tu inventes
Tes enfants les connaîtront

(Ernest Delève)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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MADRIGAL (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2015



 

MADRIGAL

Voici de ces poisons préparés par l’automne
Herbes folles par qui se calment les douleurs
Bouillons noirs de la nuit où bout la belladone
Sur un bruit de sanglots la coupe de sueurs

Belle dame voici la rose qui restait
La rose noire ouvrant le sommeil de ses lèvres
Le philtre composé de vos propres bienfaits
L’aréole de soif où perle un lait funèbre

C’est la seule un pétale déjà se détache
Songez-y c’est la fleur préférée du vent
De panique une larme a plus d’attaches que
Sur terre cette fleur c’est la fin c’est la fin

(Ernest Delève)

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