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Poésie

Je ne pouvais plus tomber (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2015


icare

Tout jeune, j’ai ouvert mes bras à la pureté.
Ce ne fut qu’un battement d’ailes au ciel de mon éternité,
qu’un battement de coeur amoureux qui bat dans les poitrines conquises.
Je ne pouvais plus tomber.

(Paul Eluard)

8 Réponses vers “Je ne pouvais plus tomber (Paul Eluard)”

  1. gene VO said

    J’ai revu toutes ces pages d’Eluard avec beaucoup de plaisir. C’est lui qui disait – et j’aime beaucoup- et je la vois et jela sens, je subis ma douleur comme un peu de soleil dans l’eau froide.

  2. et moi non plus je ne pouvais plus tomber…. plus bas 😆

  3. Lara said

    Ah!  » la dame de carreau  »

    Tout jeune, j’ai ouvert mes bras à la pureté.
    Ce ne fut qu’un battement d’ailes au ciel de mon éternité,
    qu’un battement de cœur amoureux qui bat dans les poitrines conquises.
    Je ne pouvais plus tomber.
    Aimant l’amour.

    En vérité, la lumière m’éblouit.
    J’en garde assez en moi pour regarder la nuit,
    toute la nuit, toutes les nuits.
    Toutes les vierges sont différentes.
    Je rêve toujours d’une vierge.

    A l’école, elle est au banc devant moi, en tablier noir.
    Quand elle se retourne pour me demander la solution d’un problème,
    l’innocence de ses yeux me confond à un tel point que,
    prenant mon trouble en pitié, elle passe ses bras autour de mon cou.
    Ailleurs, elle me quitte.
    Elle monte sur un bateau.

    Nous sommes presque étrangers l’un à l’autre,
    mais sa jeunesse est si grande que son baiser ne me surprend point.
    Ou bien, quand elle est malade,
    c’est sa main que je garde dans les miennes,
    jusqu’à en mourir, jusqu’à m’éveiller.
    Je cours d’autant plus vite à ses rendez-vous
    que j’ai peur de n’avoir pas le temps d’arriver
    avant que d’autres pensées me dérobent à moi-même.
    Une fois, le monde allait finir
    et nous ignorions tout de notre amour.
    lents et caressants.

    J’ai bien cru, cette nuit-là, que je la ramènerais au jour.
    Et c’est toujours le même aveu, la même jeunesse,
    les mêmes yeux purs,
    le même geste ingénu de ses bras autour de mon cou,
    la même caresse, la même révélation.
    Mais ce n’est jamais la même femme.

    Les cartes ont dit que je la rencontrerai dans la vie,
    mais sans la reconnaître.

    Aimant l’amour. »

    NA !
    Le poeme est parole d’amour …

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