Arbrealettres

Poésie

Archive for 4 décembre 2015

LA MADONE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2015




LA MADONE

Je n’ai jamais rêvé d’avoir pour ornement
Maints tableaux anciens des maîtres en peinture,
Tels qu’un sot visiteur, au vu de leur facture,
A ceux des connaisseurs mêle un fat jugement.

Dans mon simple recoin, entre mes travaux lents,
J’ai toujours souhaité qu’un seul tableau figure,
Un seul, où sur la toile et dans le firmament,
Réunis, le Sauveur et la Vierge très pure –

Elle avec majesté, lui d’un sage regard –
Rayonnants, glorieux et doux à mon égard,
M’observeraient, tout seuls sous la sainte ramure.

A mon voeu le plus cher le Seigneur a fait droit :
De lui je t’ai reçue, ô toi, Madone, toi,
Du charme le plus pur image la plus pure.

(Alexandre Pouchkine)

Illustration: Sandro Botticelli

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

A tour de rôle (Gôdô Kashû)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2015


 

Le cadavre du petit ficelé à la charrette
Ma femme et moi poussions à tour de rôle

(Gôdô Kashû)

Illustration

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , | 7 Comments »

Quand je serre, plein de tendresse (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2015




Quand je serre, plein de tendresse,
Ton corps si svelte et qu’exalté,
Dans mon étreinte je t’adresse
De doux propos énamourés,
Tu fais s’échapper en silence
Ton corps si souple de mes mains:
Un sourire de méfiance,
Est tout ce que de toi j’obtiens.
Ta mémoire étant sans faiblesse
Pour mes nombreuses trahisons
Tu m’écoutes avec tristesse,
Lointaine, sans attention.
Je maudis les ardeurs traîtresses
Dont fut coupable ma jeunesse,
Les attentes pour rencontrer
Quelqu’un le soir sous les ramures.
Je maudis l’amoureux murmure,
Le vers si habile à charmer,
Les baisers des filles naïves,
Leurs larmes, leurs plaintes tardives.

(Alexandre Pouchkine)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE CENTRE (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2015



LE CENTRE est un lieu désert. Le centre est un
miroir où je cherche mon visage sans pouvoir le
trouver. C’est pour ça que tu es venu jusqu’ici ?
avec qui avais-tu rendez-vous ? Le centre est
comme un cercle, comme un manège de chevaux
de couleurs. Parmi les crinières vertes et jaunes,
le vent fait voler ton enfance. Retiens-la, dis-tu.
Nul ne peut t’écouter. Musique et drapeaux. Le
centre s’est effacé. Il était là, là où tu as été.
Rapide le trait fait mouche au centre. Reste la
vibration. La sens-tu encore ?

*

EL CENTRO es un lugar desierto. El centro es un
espejo donde busco mí rostro sin poder
encontrarlo. ¿ Para eso has venido hasta aquí ?
¿ Con quién era la cita ? El centro es como un
círculo, como un tiovivo de pintados caballos.
Entre las crines verdes y amarillas, el viento hace
volar tu infancia. — Detenla, dices. Nadie puede
escucharte. Músicas y banderas. El centro se ha
borrado. Estaba aquí, en donde tú estuviste.
Veloz el dardo hace blanco en su centro. Queda
la vibración. ¿ La sientes todavía ?

(José Ángel Valente)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Froid flambeau de fleurs vieillies (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2015



 

Froid flambeau de fleurs vieillies
Enfumer d’encens l’enfer
Les bas-fonds noirs de l’élégie
Pavés de pétales déchus

Il n’est pire eau que l’eau qui dort
Dans l’oeil où ne regarde plus l’amour
La face pure s’évapore

Par qui est morte ma chimère
Le chagrin est passé partout
Je suis ses traces de poussière
Où tous les chemins sont dissous

Il n’est pas d’oeil où l’eau qui dort
Ne soit le promenoir de rêves enlacés
Comme l’enfer à l’aurore

Il n’est pire bouquet foudroyé
Pire fauve arbre ou rocher
Après avoir si bien dansé
Que celui tout à coup insensible à nos charmes

Parfois quand on n’a plus d’amour
Parfois quand on n’a plus de larmes
Plus de nuit plus de jour

Il n’est pire sorcière ou pire fée
Pires enfers pire empyrée
Pire silence et pire écho
Que cette ombre qui fait défaut

A la voix fuyante d’Orphée
Entre les cieux et les enfers le coeur se fige
La poésie est médusée

(Ernest Delève)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les yeux (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2015



Les yeux appartiennent au ciel,
pas à la chair.

(Christian Bobin)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Le piano de Bach (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2015



Le piano de Bach :
une pluie qui tombe que la mer.
Ce n’est rien
mais pourquoi ce murmure
me semble-t-il plus savant
que les savants ?

(Christian Bobin)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une amie (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2015



Une amie, c’est quelqu’un qui m’attend dans le couloir
pendant que je rattache mes lacets.

(Christian Bobin)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Il est très difficile (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2015



Il est très difficile de soutenir le regard fixe d’un tout petit
– c’est comme si Dieu était en face de vous et vous dévisageait sans pudeur,
en prenant tout son temps, un peu étonné de vous voir là.

(Christian Bobin)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Une petite sentinelle du silence (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2015



Une petite sentinelle du silence
veille jour et nuit sur notre coeur.
Les mots d’amour lui apportent à manger.

(Christian Bobin)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :