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Poésie

Archive for 10 décembre 2015

Odilon Redon (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015



 

Odilon Redon

Toi qui posas sur le songe d’Orphée,
comme celui qui aurait déposé des anémones
sur la forme non visible de l’air,
une tendresse si solitaire,
Odilon Redon,
secret, soudain, continu : l’oeil
comme un ballon étrange,
monte vers l’infini.

***

Odilon Redon

Tú que pusiste sobre el sueño de Orfeo,
como quien en el pecho no visible del aire
depositase anémonas,
una tan solitaria ternura,
Odilon Redon,
secreto y súbito y continuo : el ojo,
como un extraño globo,
sube hacia lo infinito.

(José Ángel Valente)

Illustration: Odilon Redon

 

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J’AI CRU SAVOIR un nom qui t’appartenait pour te faire venir (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015




J’AI CRU SAVOIR un nom qui t’appartenait pour
te faire venir. Je ne sais pas, je ne le trouve pas.
C’est moi qui suis mort et qui ai oublié, me dis-je,
ton secret.

***

YO CREÍ QUE SABÍA un nombre tuyo para
hacerte venir. No sé o no lo encuentro. Soy yo
quien está muerto y ha olvidado, me digo, tu
secreto.

(José Ángel Valente)

Illustration: Stanislava Pinchuk (Miso)

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IMMERSION de la voix (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015



IMMERSION de la voix. Les eaux. Tu es entré
dans l’origine. Tête décapitée près de la mer.
Ensuite, plus d’autres silences.

*

INMERSIÓN de la voz. Las aguas. Entraste en el
origen. Cabeza decapitada junto al mar. Después
no quedan más silencios.

(José Ángel Valente)

Illustration: Raed Al-Rawi

 

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Ta seule image (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015



 

Ta seule image

Lorsque la fatigue eut enfin noyé dans le sommeil
toutes les figures,
lorsque l’oubli n’eut rien conservé
du territoire dur de la lumière,
trois fois dans la nuit
ta seule image
fit son apparition dans l’ombre.

***

Tu sola imagen

Cuando la fatiga al fin hundió en el sueño
todas las figuras,
cuando del duro territorio de la luz
nada guardó el olvido,
tres veces en la noche
tu sola imagen
sobrevino en la sombra.

(José Ángel Valente)

Illustration: Lori Earley

 

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IL ME SEMBLAIT ALORS (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015



IL ME SEMBLAIT ALORS que l’amour restait en
suspens. Et ce n’était pas cela. Simplement toi tu
n’allais jamais revenir.

*

ME PARECÍA AHORA como si quedase en
suspenso el amor. Y no era eso. Tan sólo tú no
volverías nunca.

(José Ángel Valente)

Illustration: Alberto Galvez

 

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Matériel mémoire II (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015




Matériel mémoire II

Un torse de femme nu dans le miroir
comme fragment d’un amour inconnu.

Et maintenant qui pourrait
déchiffrer ce signe,
reconstruire ce qui jamais ensuite ne fut vécu,
réanimer, inanimé, l’adieu.

***

Material memoria, II

Un torso de mujer desnudo en el espejo
como fragmento de un desconocido amor.

Y ahora quién podría
descifrar este signo,
reconstruir lo nunca ya después vivido,
reanimar, exánime, el adiós.

(José Ángel Valente)

Illustration: Michael Bridges

 

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Requiem (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015




Requiem

UNE À UNE tombaient
les fausses tentures de la mémoire
jusqu’à la mesure
neuf du Lacrymosa.
Ensuite,
personne sur les gradins vides
où tu applaudissais seul
l’infini défilé
de tant d’ombres lumineuses.

***

Requiem

CAÍAN uno a uno los telones
falsos de la memoria
hasta llegar a la medida
nueve del Lacrymosa.
Después
no había nadie en las gradas vacías
y tú aplaudías solo
el desfile infinito
de tantas sombras luminosas.

(José Ángel Valente)

Illustration: Christian Weppe

 

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LA PATIENCE (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015



 

LA PATIENCE du sud. Ses énormes lézards étirés.
La carapace obscure de la nuit mordue de sel.
La question n’arrive pas à se changer en signe.
Interroger, pourquoi ? Qui nous répondrait depuis
la plénitude solaire sans nous détruire ?

***

LA PACIENCIA del sur. Sus enormes lagartos
extendidos. El caparazón oscuro de la noche
mordido por la sal. No llega la pregunta a
convertirse en signo. Interrogar, ¿ por qué ?
¿ Quién nos respondería desde la plenitud solar
sin destruirnos ?

(José Ángel Valente)

Illustration: William Blake

 

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Jardins (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015




Jardins

ET LA FIDÉLITÉ qui se dilue
entre les seins obscurs de l’après-midi
et le coeur d’eau qui fait naufrage
dans le papier de cendre de l’étang
et les pleurs légers et leurs minces fils
de brume filée par des araignées fragiles
et la dernière marche
et le pied qui sur elle se change en main
et nous salue céréale, nous emporte,
et allons-nous en, dit-il, encore et toujours,
et allons
allons vers les ors de l’ombre ancienne.

***

Jardines

Y LA FIDELIDAD que se deslíe
en los oscuros senos de la tarde
y el corazón de agua que naufraga
en el papel ceniza del estanque
y el llanto tenue y sus pequeños hilos
de niebla hilada por arañas frágiles
y el último peldaño
y el pie que en él en mano se convierte
y nos saluda cereal, nos lleva,
y vámonos, nos dice, aún y aún,
y vamos
hacia los oros de la sombra antigua.

(José Ángel Valente)

Illustration

 

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Matériel mémoire I (José Ángel Valente)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2015



 

Matériel mémoire I

Elle pénétra le toucher,
s’éleva jusqu’au palais,
établit son royaume
dans la salive ultime
où reposent les limons de l’amour.

***

Material memoria, I
Entró en el tacto,
subió hasta el paladar,
estableció su reino
en la saliva última
donde los limos del amor reposan.

(José Ángel Valente)

Illustration: Marina Podgaevskaya

 

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