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Poésie

Archive for 12 décembre 2015

Esprit astucieux, adorable puissance (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



Esprit astucieux, adorable puissance

Esprit astucieux, adorable puissance,
Qui sans cesse guides ma main
Sur la corde sonore et nargues l’innocence
De mon entendement humain,

Ah ! Ne te lasse point d’éclairer les ténèbres
De ma vie au sombre détour,
Et de faire germer dans ses fentes funèbres
Ces fleurs plus belles que le jour.

(Jean Moréas)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Palinure au grand coeur (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



Renato Guttuso palinure_guttuso

Palinure au grand coeur

Palinure au grand coeur, le pilote d’Enée,
Qui, prudent, d’un fort bras
Guidait le gouvernail, subit la destinée
Que l’on n’évite pas.

Instrument de la haine, un repos exécrable
Lui vint tromper les yeux,
Et, déjà près du port, il périt, misérable,
Dans les flots tortueux.

Et moi, lorsque le Pinde et les neuf soeurs ensemble
Ont mes voeux couronnés,
Lorsque je touche au ciel, faut-il que je ressemble
Aux plus abandonnés !

(Jean Moréas)

 Illustration: Renato Guttuso

 

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Donc vous allez fleurir encor (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



Donc vous allez fleurir encor

Donc, vous allez fleurir encor, charmants parterres !
Déjà se courbent en arceaux
Et s’emplissent de bruit dans les vieux cimetières
Les arbres gardiens des tombeaux.

Couvrez d’un tendre vert, arbres, vos branches fortes :
Quand viendra l’autan détesté,
Il lui faudra tout l’or des belles feuilles mortes
Pour en rehausser sa beauté.

(Jean Moréas)

Illustration: Claude Monet

 

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La nuit c’est l’absence et la nuit c’est la ville (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



La nuit c’est l’absence et la nuit c’est la ville
c’est les regards clairs et les blondes grèves à leur front
la nuit c’est le caprice épars de leurs sourires.

La nuit c’est la caresse lasse à l’amant las
la chanson désapprise et rapprise, et reprise
et des lèvres en valves qui miment et frémissent

Et le manteau qui sèche à l’âtre
et le silence aux plis d’ombre à la pénombre
et le nombre oublié qui rêvasse à la chambre

Et parfois une étoile palpite comme en tendresse;
l’ambre et l’ombre d’un corps revêtu pour toujours
qui tressaille aux plaies mortes et doucement tenaille.

(Gustave Kahn)

 

 

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Ilot des lacs au fond des bois (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



Ilot des lacs au fond des bois
cœur des fleurs élargies dans les soirs
tours d’ivoire et sons de cor aux clairières des bois
divans dans l’éventail des anciens soirs.

Chœur des captives énamourées
vers l’orée, l’arcade qui se dérobe au loin des pas
les bois troublés qui fuient et passent
et les allures des anciens cœurs énamourés

Et l’Eden attristé et les heures dans les soirs
et celle qui pleurait sans douceur ni nonchaloir

(Gustave Kahn)

Illustration: Anna Lea Merritt

 

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Dans des rêves clos j’ai bâti mon rêve (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



Dans des rêves clos j’ai bâti mon rêve
rêve de brèves sèves au jardin magique
magie des fleurs closes aux rêves nostalgiques
aux jardins d’été j’ai bâti mon rêve.

Aux jardins d’automne j’ai vécu mon rêve
le cœur de mon rêve saignait dans les armées :
ah d’ignorées partances et de venues inconnues
l’oripeau de mon rêve gisait à mes pieds nus.

Au désert d’hiver je suis mort en mon rêve
essor découronné vers les brèves sèves ;
au seuil du jardin, glaive emphatique et nu
un sourire connu, fleuri dans les années.

(Gustave Kahn)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Chansons d’amant (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



Chansons d’amant

Je rêvais d’un oiselet
qu’un enfant cruel torturait
pour sentir palpiter ses flancs.

Je rêvais d’une terre comme maternelle
avec des siestes d’ombre et des frôlis d’ailes
et des allées de rêves blancs.

Je rêvais comme d’une sœur
aux lèvres uniques de douceur
et belle et chaste et femme et sœur.

(Gustave Kahn)

Illustration

 

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Pâle efflorescence de sèves (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



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Pâle efflorescence de sèves
mémoires des drapeaux d’adolescence.

Dans la grise désolation des grands murs
par la courbe monotone de la rue plate
dans la tristesse et le gel liquide de la rue plate
mémoires en triste efflorescence
vous rêvez les automnes mûrs.

Ces passants sont éphémères
en la minute et l’éternité
qu’importent leurs pas arrêtés
et le vol bref de leurs chimères.

(Gustave Kahn)

Illustration: James Zwadlo

 

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J’ai mal d’amour tant violent (Gustave Kahn)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



J’ai mal d’amour tant violent
que nul mal ne le saurait guérir.

Drapeaux qui flottiez que pensifs aux hampes
couronnes qui jaillissaient que fanées aux tempes
et gongs de la fête, votre silence

Etreintes qui lassiez l’heure magicienne, vous lassez
voix d’aurore, et qui encore à votre murmure s’est passé
étendue la voix de tes roses aux chants passés tout est lassé.

J’ai mal d’amour tant violent
que nul mal ne m’en saurait guérir.

(Gustave Kahn)

 

 

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La Neige (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2015



La Neige

Simone, la neige est blanche comme ton cou,
Simone, la neige est blanche comme tes genoux.

Simone, ta main est froide comme la neige,
Simone, ton cœur est froid comme la neige.

La neige ne fond qu’à un baiser de feu,
Ton cœur ne fond qu’à un baiser d’adieu.

La neige est triste sur les branches des pins,
Ton front est triste sous tes cheveux châtains.

Simone, ta sœur la neige dort dans la cour,
Simone, tu es ma neige et mon amour.

(Remy de Gourmont)

 

 

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