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Poésie

Archive for 13 décembre 2015

Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme (Valéry)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2015



 

Michael Page   1979 - American Pop Surrealism painter -   [1280x768]

Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme,
c’est la peau.

(Valéry)

Illustration: Michael Page 

 

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Il voulait (Henri Bosco)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2015




Le jour
il voulait une rose
et la nuit une étoile.

(Henri Bosco)

 

 

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Ah! jeunesse! (Joseph Conrad)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2015



 

Caroline Elkington  (3)

Ah! jeunesse!… jeunesse!…
Passez-moi la bouteille.

(Joseph Conrad)

Illustration: Caroline Elkington

 

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Oh ! n’insultez jamais une femme qui tombe ! (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2015



Egon Schiele 1 [800x600]

Oh ! n’insultez jamais une femme qui tombe !

Oh ! n’insultez jamais une femme qui tombe !
Qui sait sous quel fardeau la pauvre âme succombe !
Qui sait combien de jours sa faim a combattu !
Quand le vent du malheur ébranlait leur vertu,
Qui de nous n’a pas vu de ces femmes brisées
S’y cramponner longtemps de leurs mains épuisées !
Comme au bout d’une branche on voit étinceler
Une goutte de pluie où le ciel vient briller,
Qu’on secoue avec l’arbre et qui tremble et qui lutte,
Perle avant de tomber et fange après sa chute !

La faute en est à nous ; à toi, riche ! à ton or !
Cette fange d’ailleurs contient l’eau pure encor.
Pour que la goutte d’eau sorte de la poussière,
Et redevienne perle en sa splendeur première,
Il suffit, c’est ainsi que tout remonte au jour,
D’un rayon de soleil ou d’un rayon d’amour !

(Victor Hugo)

Illustration: Egon Schiele

 

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BAGATELLES (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2015



BAGATELLES

Vous reviendrez me voir, dit-elle
Quand vous serez riche à millions,
Quand les roses de Bagatelle
Sous la neige s’épanouiront.

Lavant le sable des rivières,
Brisant le quartz, ouvrant le tronc
Des caoutchoucs à la lisière
D’un enfer d’arbres aux fûts ronds,

Libérant des nids de pétrole,
Ou labourant les Alaskas,
Quatre-vingts ans, la terre molle
Cacha le trésor des Incas.

Quand il revint, elle était morte,
Il était bête, il était vieux,
Mais les amants de cette sorte
Ne sont pas tellement nombreux.

Que fleurissent à Bagatelle
Les roses de poudre et frimas,
Mais que fleurissent surtout celles
Que l’on aime jusqu’au trépas.

(Robert Desnos)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

 

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Le visage penché de la belle chercheuse (Tristan Tzara)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2015



le visage penché de la belle chercheuse
se reflète dans la flamme où vécut la splendeur
des ferventes attaches et des sorts enlacés
aux enfances des rafales par nos cris mis à nu

depuis qu’en nos nuits les maisons ont vieilli
dans les parcs desséchés dans les feuilles de braise
dans l’essaim des perpétuels souvenirs
ont pâli les pétales des paroles de brise

une autre jeunesse est montée
au dégel des gestes
la tendresse d’un jeu plus profond
à regagner toutes les cendres au doute de l’été

(Tristan Tzara)

 

 

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J’ai éteint mon amour sur le sentier de la terre (Tristan Tzara)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2015



j’ai éteint mon amour sur le sentier de la terre
froid devenir de ce bruit qui me cuit
je te fuis invincible charme sous le signe du joug
charmeuse de folies aux marées de douleurs

mémoire suivie de tant d’âpres légendes
vitreuse conscience que brûle le diamant
sur les traces éperdues de mes désirs de chaos
chasseur de nuits givrées ou troubles confiances

d’heure en heure plus serrées aux terres profondes
de sommeil que découvrent les réveils de glace
et sans regret, des chairs fondues en larmes sombres
fuir l’onde rayonnante et le repos de fer

fuir les yeux aux doux rappels de cendre
les mains perdues qui s’offrent aux voluptés
des chevelures maîtrisées par les regards patients
les mains de soleil — ainsi s’en va-t-il

que le froid le guette
sans âge aux détours des vergers
où le sort s’engouffre — ainsi s’en va-t-il
à sortir des plantes aventureuses les rumeurs de vie

(Tristan Tzara)

Illustration

 

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Veux-tu voir La forme obscure du soleil (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2015



Veux-tu voir
La forme obscure du soleil
Les contours de la vie
Ou bien te laisser éblouir
Par le feu qui mêle tout
Le flambeau passeur de pudeurs
En chair en or ce beau geste

L’erreur est aussi inconnue
Que les limites du printemps
La tentation est prodigieuse
Tout se touche tout te traverse
Ce ne fut d’abord qu’un tonnerre d’encens
Ce que tu aimes le plus
La louange belle à quatre
Belle nue immobile
Violon muet mais palpable
Je te parle de voir

Je te parlerai de tes yeux
Sois sans visage si tu veux
De leur couleur contre le gré

Des pierres lumineuses
Décolorées
Devant l’homme que tu conquiers
Son enthousiasme aveugle
Règne naïvement comme une source
Dans le désert

Entre les plages de la nuit et les vagues du jour
Entre la terre et l’eau
Nulle ride à combler
Nul chemin possible

Entre tes yeux et les images que j’y vois
Il y a tout ce que j’en pense
Moi-même indéracinable
Comme une plante qui s’amasse
Qui simule un rocher parmi d’autres rochers
Ce que je porte de certain
Toi tout entière
Tout ce que tu regardes
Tout

Ceci est un bateau
Qui va sur une rivière douce
Il porte des femmes qui jouent
Et des graines qui patientent
Ceci est un cheval qui descend la colline
Ou bien une flamme qui s’élève
Un grand rire pieds nus dans une cour misérable
Un comble de l’automne des verdures amadouées
Un oiseau acharné à mettre des ailes à son nid
Un matin qui disperse des lampes de rosée
Pour éveiller les champs
Ceci est une ombrelle
Et ceci la toilette
D’une dentellière plus séduisante qu’un bouquet
Au son des cloches de l’arc-en-ciel

Ceci déjoue l’immensité
Ceci n’a jamais assez de place
La bienvenue est toujours ailleurs
Avec la foudre avec le flot
Qui s’accompagnent
De méduses et d’incendies
Complaisants à merveille
Ils détruisent l’échafaudage
Surmonté d’un triste drapeau de couleur
Une étoile limite
Dont les doigts sont paralysés

Je parle de te voir
Je te sais vivante
Tout existe tout est visible
Il n’y a pas une goutte de nuit dans tes yeux

Je vis dans une lumière exclusive la tienne.

(Paul Eluard)

Illustration: Marc Chagall

 

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L’homme s’enfuit, le cheval tombe (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2015



L’homme s’enfuit, le cheval tombe,
La porte ne peut pas s’ouvrir,
L’oiseau se tait, creusez sa tombe,
Le silence le fait mourir.

Un papillon sur une branche
Attend patiemment l’hiver,
Le coeur est lourd, la branche penche,
La branche se plie comme un ver.

Pourquoi pleurer la fleur séchée
Et pourquoi pleurer les lilas ?
Pourquoi pleurer la rose d’ambre ?

Pourquoi pleurer la pensée tendre ?
Pourquoi chercher la fleur cachée
Pourquoi Si l’on n’a pas de récompense ?

– Mais pour ça, ça et ça.

(Paul Eluard)

Illustration

 

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Dans mes bras dans mes bras pour rire et pour pleurer (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2015



Dans mes bras dans mes bras pour rire et pour pleurer
Mes larmes ont l’éclat de ta bouche mouillée
Je fais tourner la terre autour de ton plaisir
Mon jardin s’auréole autour de ton visage

Nous sommes les premiers à rêver de voler
Ensemble et l’univers
Nous suit comme un bouchon suit le poisson ferré
Mais sans que la lumière en souffre

Comme tu es la plus belle et la plus fidèle
Moi je suis le plus beau et le plus fidèle aussi
Même feu de la même source
Et même eau fraîche dans l’orage

Rien que des fenêtres les nôtres
D’où sort la vie où tout pénètre
Partout le centre de l’amour
Sans cesse le premier regard

Notre naissance est perpétuelle.

(Paul Eluard)

Illustration: Marc Chagall

 

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