Arbrealettres

Poésie

Le voyageur (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2015



Le voyageur

L’herbe fleurit toujours au creux de ton ventre,
Terre, pourquoi refuser ton ventre au voyageur ?
Et si le seigle est mûr, il a faim et ses mains
Tremblent d’amour quand il pense à toutes les gerbes.

Il sait que la forêt bleue et verte est ouverte
Aux chiens qui vont flairer le parfum des tanières :
Les fleurs fanées d’hier ont des odeurs d’étoiles,
Mais le vieux ciel est moins cruel que l’aubépine.

La spirale s’enroule aux serpents de l’éther,
Frappe et plie, pèlerin, tes épaules pensives :
Le moulin tourne et la mélancolie des oies
Ecrit ta destinée sur l’horizon sanglant.

Heure, ami, crépuscule, et le plaisir des mules
Et les pleurs de la roue et l’ange qui s’envole :
Ferme tes poings, dors-toi dans l’astre de ton rêve :
L’escadre des méduses tombe et crève sur les grèves.

(Remy de Gourmont)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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