Arbrealettres

Poésie

APPARUIT (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2015




APPARUIT

Maison rose et or, je t’ai vue à travers le portail,
Merveille taillée dans l’indicible, un
Prodige. La vie, dans la lampe, a vacillé,
mourant éblouie.

Pourpres, gelées de rosée, les roses se sont couchées
Tandis qu’au loin, dans le soleil ensorceleur,
Tu buvais l’air, la terre, la vie : l’étoffe
dorée de tes murs.

Les chemins verts, la brise des champs sont tiens
Et la terre ouverte – pourtant tu as osé
Te tenir là et l’éther redouté de tous
a fui devant toi.

Vive et courageuse dans ta coquille d’or,
Larguant le manteau de ton corps, tu as
Dénudé ta fenêtre et la lumière stupéfaite
a fui devant toi.

L’épaule à moitié gravée, la gorge foudroyée
Par des zones de lumière entremêlées,
Frêle et belle albâtre, j’ai
fui devant toi!

Vêtue d’une trame d’or, délicatement parfaite,
Un vent! Un habit sorti de mains magiques!
Ô légère, ô habile, as-tu vraiment
assumé tout cela?

(Ezra Pound)

Illustration: Sandro Botticelli

2 Réponses to “APPARUIT (Ezra Pound)”

  1. Jean-Baptiste Besnard said

    Texte d’une grande richesse. A revoir.

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